
François Nourissier, novembre 2005 © Serge Picard.
Il s’éloigne. Il le dit très élégamment dans une lettre adressée à sa grande amie Edmonde Charles-Roux que le Figaro reproduit ce matin. François Nourissier, 80 ans, a choisi hier de quitter l’Académie Goncourt, où il siégeait depuis 1977. Non, ce n’est pas la lassitude, ni le règlement nouveau imposé par la présidente, Didier Decoin, Jorge Semprun et le dernier venu, Bernard Pivot, mais des raisons familiales (la perte à quelques jours d’intervalle de son femme et de son fils) et de santé (la fameuse Miss P., entendre Parkinson) qui le contraignent à la démission.
On ne naît pas académicien, on le devient. Dans une belle interview au même Figaro, il dit son « cœur lourd », sa grande fatigue physique, ses sentiment mitigés de toutes ces dernières années, avec la même truculence qu’il mettait à faire trembler la République des lettres par ses chroniques à chaque rentrée dans le Figaro Magazine. C’était la pluie ou le beau temps pour les écrivains, les maisons d’éditions en quête de la prestigieuse et pourtant si décriée récompense. Sur lui, le pape des lettres françaises, on a tout écrit, de sa fameuse chemise « cajoleries » où il recensait, soi-disant, tous les manquements et autres égratignures des écrivains et journalistes à son endroit jusqu’à son amitié récente et son combat pour l’oeuvre de Michel Houellebecq. A lire aussi, pour se faire une idée de la vie de l’homme à la grande barbe blanche, sa belle autobiographie « A défaut de génie », paru aux Editions Gallimard en 2000.






