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Archive pour 4 janvier 2008

Devine qui vient dîner ?

Vendredi 4 janvier 2008

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Barack Hussein Obama © Jim Mone / Associated Press

La fièvre me saisit dès le premier caucus. Primaires dans l’Iowa, petit état rural à majorité blanche. Le résultat est inattendu : Barack Obama, 46 ans, sénateur de l’Illinois, en tête, John Edwards en deuxième position et derrière Hillary Clinton. Une contre-performance pour l’ancienne First Lady. A croire que les Clinton, malgré leur mutuelle expérience, se soient trompés : les démocrates ne veulent pas seulement le changement, mais également de nouvelles têtes. Difficile d’en tirer de larges conclusions dès à présent, les primaires sont semées d’embûches et il y a, ne l’oublions pas, des républicains en face. Alors, attendons la suite des événements…
De l’autre côté de l’Atlantique, le mois de janvier a sonné l’ouverture de la chasse à la gazelle Royal et c’est un vrai safari : Fabius, Hamon, Montebourg, chacun est à sa manoeuvre navrante, tout en déplorant l’absence d’unité et de capacité de réaction du PS face à la politique du Président Sarkozy. Ils rêvent d’une alliance avec l’extrême-gauche comme au beau temps du programme commun. Un boulevard s’ouvre au centre, mais, non, résistons et allons nous compter dans la cabine téléphonique de la place du Colonel-Fabien !

PS. Est-ce une heureuse coïncidence ? Le film de Stanley Kramer « Devine qui vient dîner ? » est de nouveau disponible en DVD dans un coffret « 40e anniversaire ». L’occasion de revoir Spencer Tracy, Sidney Poitier et Katharine Hepburn au sommet de leur art dans un film qui fit scandale pour mettre en scène un couple mixte. En 1967, seize Etats du Sud interdisaient encore l’union mixte. Malgré les manifestations du Ku Klux Klan devant les cinémas, le film connut un énorme succès, reçut dix nominations aux Oscars et Katharine Hepburn la statuette de meilleure actrice.

L’ordre des choses : Helsinki, extérieur jour

Vendredi 4 janvier 2008

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Quand on arrive à Helsinki, début janvier, prendre une courte journée, la plus froide, pour visiter les « seesights » obligatoires (le parlement, le marché couvert, le design district) et courir les galeries marchandes qui sont légions. Le froid interdit de flâner en ville : ces cathédrales d’acier et de verre (Stockmann, Forum, Kamppi) permettent un shopping à l’abri de la bise. Les obligations rendues au tourisme culturel et commercial, l’idéal est ensuite de sauter dans un tramway pour visiter les quartiers. Kallio, par exemple : à dix minutes du centre historique, ce quartier se la coule doucement bobo au pied d’une gigantesque église Art nouveau. Patinoire à ciel ouvert, bistrots minuscules mais bondés, coiffeurs tendance, bar gay, sauna au feu de bois, famille et titis finlandais, masseuses thaï, rockers de saloon et russes en désertion vivent ici en famille. Et en harmonie… La ballade peut se prolonger par le tour du lac Töölönlahti, un rien gâché par l’horizon des chemins de fer de la gare centrale. Ne vous y trompez pas l’écume au bord de l’eau n’en est pas mais… de la glace qui emprisonne les roseaux et refroidit les canards. Autour de l’étang gelé, de belles maisons de bois, à tourner des « Psychose » en Finlande, l’Opéra et l’élégant Palais Finlandia, conçu par l’illustre Alvar Aalto.

Photographies Helsinki : www.ylitalot.net

Son nom de Tallinn dans Helsinki glacée

Vendredi 4 janvier 2008

A lire les brochures touristiques vantant les mérites de la Nordic Jet Line, compagnie reliant Tallin à Helsinki, je pense à une scène du film de Patrice Chéreau « Son frère ». Les deux frères (Eric Caravaca, Bruno Todeschini) sont assis sur un banc en Bretagne. Survient un vieil homme fatigué, joué par le lunaire Maurice Garrel. Ensemble, ils parlent de tous ces bateaux pris pour découvrir d’autres terres, d’autres îles – et particulièrement la navette entre les ports de Piombino (Toscane) et de Portoferraio sur l’île d’Elbe, chère à Hervé Guibert.
Pourquoi ne pas prendre celle-ci ? Elle met la capitale estonienne à 1h30 d’Helsinki. A Copenhague (Danemark), on a construit un pont sur la Baltique pour rejoindre Malmö, en Suède. 20 minutes de train et vous changez de monnaie. Bonheur de la géographie qui continue de rétrécir…

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Son frère, de Patrice Chéreau © DR

Jean-Claude Ellena : l’homme de Cabris

Vendredi 4 janvier 2008

Par la magie du podcast, j’écoute dans la nuit froide d’Helsinki, Jean-Claude Ellena, au micro d’Yves Calvi. Reclus dans sa maison-atelier-jardin de Cabris (Alpes maritimes), l’homme est « compositeur de fragrances » pour Hermès. Son talent se cache derrière les créations récentes de la maison – qu’il s’agisse des parfums largement diffusés (Terre, Jardins de Méditerranée, Jardins du Nil) ou de ses créations personnelles (la collection Hermessence dont le subtil Poivre Samarkande) que l’on trouve exclusivement en boutique.
Mieux qu’un « nez », cet homme est un alchimiste, doublé d’un passeur. Il dit les senteurs, crée des parfums, comme certains rêvent des histoires, écrivent des romans. A la suite de l’exigeant Edmond Roudnitska (créateur d’Eau Sauvage, de l’Eau fraîche de Dior, de l’Eau d’Hermès, des classieux Diorissimo, Diorella), il cherche la note juste « en associant des matériaux d’origine végétale… Cela ne m’intéresse pas de dupliquer la nature, je cherche à en donner ma vision. Le parfum est un mensonge qui dit la vérité. »
Sa démarche unique, parallèle à celle de quelques-uns comme Serge Lutens, Frédéric Malle et ses amis des Editions de parfums, les new-Yorkais du Labo ou les très branchés de l’ »Etat libre d’Orange », est à découvrir dans un « Que sais-je ? » pour « pénétrer les coulisses de mon travail, celui de pilleur, de voleur, de maraudeur d’odeurs ».

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Jean-Claude Ellena @ DR

Le parfum, Jean-Claude Ellena, Que sais-je, PUF, 2007

www.editionsdeparfums.com
www.art-et-parfum.com
www.lelabofragrances.com
www.etatlibredorange.com
www.salons-shiseido.com