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Archive pour 10 janvier 2008

Jesper Just : nights in white satin

Jeudi 10 janvier 2008

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A vicious undertow © Jesper Just

C’est un air connu qui vous appelle vers une chambre noire au quatrième étage du Kiasma, musée d’art contemporain d’Helsinki. Un air déjà entendu, mais différemment orchestré. « Nights in white satin » des Moody blues. Sur l’écran, une femme blonde, entre deux âges, siffle ; une autre, belle brune, lèvres charbonneuses lui répond et un homme encore. Séductions de l’une pour l’autre, de l’un pour l’autre. Une valse les rapproche, toujours par deux, sans que l’on sache qui triomphera. Au dernier plan, la blonde monte un escalier sans fin, de désir et d’épuisement. Petit bijou noir et blanc, « A vicious undertow », la vidéo de Jesper Just (Copenhage, 1974) a reçu l’un des Carnegie Art Award 2008. Ce film, à l’élégance hollywoodienne, ultra-sensible aux désirs féminins marque une nouvelle fois le talent du danois à traquer l’érotisme, en mêlant danse, musique et chansons (Rebel waltz, The Clash). Une splendide réussite.

www.jesperjust.com
www.carnegieartaward.com

Lee Harvey Oswald : si la photo est bonne…

Jeudi 10 janvier 2008

« Si la photo est bonne / Qu’on m’amène ce jeune homme / Ce fils de rien, ce tout et pire / Cette crapule au doux sourire / Ce grand gars au cœur tendre / Qu’on n’a pas su comprendre… » chantait, taquine, Barbara en femme de président. Jackie Kennedy, dans son tailleur rose sang, aurait-elle pu chanter cette cantate ? Beau visage, même amoché par la police, que celui de Lee Harvey Oswald, assassin présumé du président Kennedy à Dallas en 1963.
Dans un film intéressant de Robert Stone, Arte revenait hier soir avec des témoignages de première main (Dan Rather, Gary Hart, Norman Mailer) sur les différentes théories de complot (Fidel Castro, la CIA ou le KGB ?) qui prolifèrent depuis les conclusions de la commission Warren. Enquête balistique (balle unique ou balle magique ?), investigations de tout genre, confessions d’intimes, ralenti du film amateur d’Abraham Zaprude : toutes les spéculations étaient passées en revue.
Depuis plus de quarante ans, les théories se succèdent : celle de la conspiration n’a jamais été prouvée mais 70 % des Américains y croient. Mais ce qui marque le plus dans ce document, c’est la violence de toutes ces morts en direct : JFK, puis Lee Harvey Oswald par Jack Ruby et enfin, celle du frère Kennedy, Robert, en pleine ascension vers le Capitole…

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Lee Harvey Oswald © DR

Kennedy – Oswald : le fantôme d’un assassinat, un film de Robert Stone (Etats-Unis, 2007, 82mn), sur Arte (rediffusion le 12 janvier à 14h00)

Tonnerre de Bartabas !

Jeudi 10 janvier 2008

Après les colonnes de Buren, une autre polémique, preuve que les questions culturelles en France sont prégnantes, rebondit avec l’intervention d’Alain Finkielkraut ce matin sur France Inter. Après le saccage du bureau du directeur de la DRAC Ile de France et sa nuit au poste, le taiseux Bartabas réclame des excuses de la ministre de la culture dans une lettre ouverte, complaisamment publiée dans le Nouvel Observateur par son ami cavalier Jérôme Garcin.
Si Alain Finkielkraut n’a de cesse de nous exaspérer chaque samedi sur France Culture, sa position sur « l’incivilité » de Bartabas est juste. Si nous nous mettions tous à détruire le Mobilier national, à mesure que les agents d’un Etat culturel appauvri nous annoncent des réductions budgétaires, il ne restera bientôt plus rien de la splendeur mobilière passée de la France, ni des commandes publiques de chaises et bureaux design qui peuplent nos institutions !
Ce coup de sang illégitime vient une nouvelle fois rappeler que la politique culturelle française est en panne depuis une décennie et que se ressentent aujourd’hui les effets d’une régulière absence de courage politique pour dire la vérité aux « gens de culture », premiers responsables de l’échec de la démocratisation culturelle. Incapables d’être eux-mêmes et dans un mouvement collectif les artisans de leur nécessaire transformation. Voyons le temps qu’il a fallu pour ne rien décider sur la question de l’intermittence du spectacle.
Non, tout n’est pas culturel. Tout ne mérite automatiquement un financement de l’Etat. Un ministère de la culture, digne de ce nom, devrait être à la pointe de cette évaluation (stimuler les structures établies pour qu’elles ne sclérosent pas, s’ouvrent à de nouvelles perspectives, tout en permettant aux nouveaux entrants de se faire une place) et aider les acteurs culturels, par des conseils d’experts et de professionnels aguerris plus que par le saupoudrage de subventions, à trouver leur bon interlocuteur. Et arrêter d’en appeler, comme des cabris, à la recherche de mécènes privés, dont la frilosité en France est considérable et l’intérêt porte principalement sur le patrimoine… Ces fameuses chaises que Bartabas a fracassé contre les représentants de l’institution !

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© Académie du spectacle équestre

www.franceinter.com
Lettre ouverte de Bartabas dans Le nouvel Observateur