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Archive pour 6 janvier 2008

Le patrimoine Buren

Dimanche 6 janvier 2008

Retour en France. Dans l’avion, je lis une interview de Daniel Buren dans Le Monde. La polémique sur la restauration (ou la destruction, qui sait ?) des « Deux plateaux », installé près des jardins du Palais Royal et de la Comédie française, sous les fenêtres de la ministre et de son cabinet, autrement appelé « Colonnes de Buren », n’en finit pas. Elle est née d’un déjeuner avec Daniel Buren, chroniqué par Olivier Schmitt en dernière page du « Monde 2 ». Preuve que rien n’est cicatrisé, des hurlements d’origine : ces fameuses colonnes déchaînent encore les passions réactionnaires. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le courrier des lecteurs du Figaro. Haro sur les années Lang, les commandes publiques et les dégénérés de l’art contemporain…
Honte surtout à ces gouvernements successifs et autres municipalités incapables de tenir leurs engagements « artistiques ». Pied de nez délicieux, enfin que d’imaginer que l’œuvre de Buren fait désormais partie du patrimoine français et qu’il faut veiller comme pour le Louvre ou la basilique de Saint-Denis à son bon entretien !

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Les deux plateaux, Daniel Buren © DR

L’esprit Tokio Hotel sur Kamppi Station

Dimanche 6 janvier 2008

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© didier@picasaweb.google.com

Je sors de la station Kamppi pour rejoindre l’immense shopping hall du même nom. Dans les escalators, une foule de drôles de jeunes iroquois. Je ne reconnais les garçons des filles. Eye-liner pour tout le monde ! Jeans arrangés d’épingles à nourrice, de tartans ou de rubans satin, cheveux colorés en catastrophe atomique, casquette over-size, keffieh de toutes couleurs, tennis vans ou talons vernis, elle va ainsi la belle adolescence finlandaise, pleine de maladresse « no future », de tendresse et d’espoir candide… Dans cet underground très aseptisé, elle se donne rendez-vous. Un ravissement d’élégance néo-gothique. Je rêverais d’avoir, de nouveau, leur âge, leur invention. Seul compte alors d’avoir un style et de partager ce bel idéal avec quelques amis compréhensifs. Les idées viendront, c’est sûr, mais plus tard, s’il vous plaît…

These european boots are made for walking

Dimanche 6 janvier 2008

Faut-il soutenir encore la construction européenne ? Absolument. C’est mon idée, à courir les capitales d’Europe du nord, à me réjouir des tendances nouvelles, à voir cette Europe vivre du même diapason que celle, mieux connue, d’Italie ou d’Espagne, sans qu’aucuns ne perdent sa singularité. Pourquoi, alors, tous ces traités sans reliefs, manipulés par des hommes politiques, peu conscients de la chance offerte et faisant semblant d’être responsables ? Non, l’Europe n’est plus une utopie mais la plus belle des ouvertures culturelles, politiques, économiques, sociales qu’il faut qu’on se batte sans état d’âmes pour elle.
Je n’ai pas trouvé ces boots du designer finlandais Aki Chocklat à Helsinki. Elles m’attendent chez Harvey Nichols à Londres. Si elles n’y sont plus, je me consolerai d’un pull de la suédoise Filippa K, d’une chemise du Bruuns Bazaar danois. Futilité, oui, mais ce qui vaut pour les fringues, tient aussi pour l’art contemporain, la gastronomie, la philosophie, la jeunesse et l’amour !

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© Aki Choklat

www.akichoklat.com (London Harveys Nichols / Helsinki work of art)

Quelques adresses à Helsinki :
Work of art, Uudenmaankatu 7, Helsinki.www.woa.fi
Seven, Eerikinkatu, 5, Helsinki. www.seven-helsinki.com
Helsinki10, Eerikinkatu 3, Helsinki. www.helsinki10.fi

Dans les vapeurs d’Helsinki

Dimanche 6 janvier 2008

Comment ne pas sacrifier à la tradition ? A succomber à l’appel de la vapeur, autant choisir le véritable sauna « finlandais ». A cela rien est comparable, selon les habitués. Me voici donc au Kotiharjun Sauna Oy, le plus vieux sauna d’Helsinki. Les femmes en haut, les hommes au rez-de-chaussée. L’endroit ne paye vraiment pas de mine. Un vestiaire de bric et de broc, étagères bois d’origine (1955), table familiale à nappe de campagne et promiscuité de tous les instants. La serviette autour de la taille, je passe sous la douche, tandis que d’autres, pleins de tatouages, se font déjà frotter le dos par une créature tout droit sortie d’un film de Fellini. Arrivées d’airs chauds et humides, le sauna est un gradin de ciment noir. On s’assoit de fortune sur des caillebotis qu’on veille à nettoyer d’un peu d’eau. La chaleur est à discrétion des entrants et sortants qui actionnent une manette jetant de l’eau sur des pierres rougies au feu de bois de bouleau. Elle pique le nez, la gorge au point de vous étourdir. Groggy, j’en sors, me rafraîchis d’une douche d’eau fraîche. Les plus gaillards vont fumer et boire une bière sur le trottoir. A moitié nus par – 5°. Cinq fois, je recommence. La tradition veut qu’on se fouette, enfin, de branches de bouleau. La crainte de marques de flagellation trop criantes sur mon torse et dos, déjà couleur d’écrevisse, m’a fait renoncer… Retour au vestiaire, où se tiennent de vraies bacchanales de bière pour les plus anciens ou de diet coke pour les étudiants en bande. Dehors, l’atmosphère est douce, ouateuse. Un plaisir rare…

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© Seppo Pukkila. The Finnish Sauna Society

www.kotiharjunsauna.fi
www.sauna.fi/englanti/