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Archive pour 2 janvier 2008

Rodrigo Garcia : le pire des malentendus

Mercredi 2 janvier 2008

En six portraits, Le Monde proposait la semaine dernière la rencontre de six « sentinelles » de la culture contemporaine. Parmi ceux-là (Emmanuel de Buretel, Rudy Ricciotti, Henri Loyrette), Rodrigo Garcia, le maestro argentin.
Après deux spectacles en berne, Rodrigo Garcia est revenu avec deux pièces fortes : « Et balancez mes cendres sur Mickey » vue au festival « Mettre en scène » 2006 à Rennes (TNB) et « Bleue, saignante, à point, carbonisée » au festival d’Avignon 2007. Des critiques de mauvaise humeur, un scandale injuste – autour d’une femme rasée au cours du spectacle – l’ont placé de nouveau au cœur des controverses. On devrait, à la place, saluer la renaissance de Rodrigo Garcia tant il s’est renouvelé et a réussi à renouer avec la poésie de ses premiers textes (After sun, Jardineria Humana)
Son drame est, il le répète souvent, que cette poésie de combat, née d’une grande amertume politique et sociale, se heurte aujourd’hui à son propre public : « Je n’aime pas mon public, parce que je ne me reconnais pas en lui. On vit tous surprotégés, à l’intérieur d’une bulle de faux bien-être. Je ne peux pas faire du théâtre dans leur bulle… ». Il faut le sentir, dans les théâtres, ce public, bourgeois et affreusement « culturel », applaudir aux provocations et ne rien discerner de l’engagement « philosophique » de Rodrigo Garcia – des conceptions certes contestables, mais empreintes d’une grande sincérité et sans compromis. Le pire des malentendus.

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After sun, Rodrigo Garcia, 2003 © Sofia Menendez

« Rodrigo Garcia ou les limites de la provocation sur scène » Par Brigitte Salino, Le Monde, Samedi 29 décembre 2007, p.18.

Moi aussi je suis Catherine Deneuve…

Mercredi 2 janvier 2008

« Je vous aime » : un beau film vieilli. 1979, en haut de l’affiche, Catherine Deneuve, définitivement la femme la plus libre du cinéma français, et un casting masculin d’enfer : Jean-Louis Trintignant, Gérard Depardieu, Alain Souchon et… Serge Gainsbourg. Ils forment autour d’elle, un quatuor, les hommes de sa vie. Une nuit de Noël enneigée, des enfants gâtés, elle revoit le film de ses amours… Dans ses mémoires, pleins d’un besoin irrassasiable de consolation, Claude Berri raconte : « Quand j’ai proposé à Catherine Deneuve de faire un film avec elle qui s’inspirerait de sa propre vie, de ses amours, je n’avais pas compris que j’allais faire un film sur moi. A travers les amours de Catherine, j’ai cherché à comprendre comment on pouvait faire sa vie en plusieurs fois, moi qui avais toujours cru faire la mienne avec une seule femme… J’ai été très heureux et surpris que Catherine m’accorde sa confiance et me laisse s’inspirer de sa propre vie. Elle a vraiment joué le jeu, sans censure aucune. Dans cette auto-fiction, probablement cherchait-elle à se comprendre elle-même. Tout était implicite entre nous. »

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Catherine Deneuve, La Chamade © Alain Cavalier

Je vous aime, un film de Claude Berri (en DVD)
Autoportrait, Claude Berri. (Léo Scheer / Livre de poche n° 30324)
Moi aussi, je suis Catherine Deneuve, Pierre Notte (L’avant-scène, Théâtre)