Archive de la catégorie ‘Politique’

These european boots are made for walking

Dimanche 6 janvier 2008

Faut-il soutenir encore la construction européenne ? Absolument. C’est mon idée, à courir les capitales d’Europe du nord, à me réjouir des tendances nouvelles, à voir cette Europe vivre du même diapason que celle, mieux connue, d’Italie ou d’Espagne, sans qu’aucuns ne perdent sa singularité. Pourquoi, alors, tous ces traités sans reliefs, manipulés par des hommes politiques, peu conscients de la chance offerte et faisant semblant d’être responsables ? Non, l’Europe n’est plus une utopie mais la plus belle des ouvertures culturelles, politiques, économiques, sociales qu’il faut qu’on se batte sans état d’âmes pour elle.
Je n’ai pas trouvé ces boots du designer finlandais Aki Chocklat à Helsinki. Elles m’attendent chez Harvey Nichols à Londres. Si elles n’y sont plus, je me consolerai d’un pull de la suédoise Filippa K, d’une chemise du Bruuns Bazaar danois. Futilité, oui, mais ce qui vaut pour les fringues, tient aussi pour l’art contemporain, la gastronomie, la philosophie, la jeunesse et l’amour !

archivemen08.jpg
© Aki Choklat

www.akichoklat.com (London Harveys Nichols / Helsinki work of art)

Quelques adresses à Helsinki :
Work of art, Uudenmaankatu 7, Helsinki.www.woa.fi
Seven, Eerikinkatu, 5, Helsinki. www.seven-helsinki.com
Helsinki10, Eerikinkatu 3, Helsinki. www.helsinki10.fi

Devine qui vient dîner ?

Vendredi 4 janvier 2008

02obama600.jpg
Barack Hussein Obama © Jim Mone / Associated Press

La fièvre me saisit dès le premier caucus. Primaires dans l’Iowa, petit état rural à majorité blanche. Le résultat est inattendu : Barack Obama, 46 ans, sénateur de l’Illinois, en tête, John Edwards en deuxième position et derrière Hillary Clinton. Une contre-performance pour l’ancienne First Lady. A croire que les Clinton, malgré leur mutuelle expérience, se soient trompés : les démocrates ne veulent pas seulement le changement, mais également de nouvelles têtes. Difficile d’en tirer de larges conclusions dès à présent, les primaires sont semées d’embûches et il y a, ne l’oublions pas, des républicains en face. Alors, attendons la suite des événements…
De l’autre côté de l’Atlantique, le mois de janvier a sonné l’ouverture de la chasse à la gazelle Royal et c’est un vrai safari : Fabius, Hamon, Montebourg, chacun est à sa manoeuvre navrante, tout en déplorant l’absence d’unité et de capacité de réaction du PS face à la politique du Président Sarkozy. Ils rêvent d’une alliance avec l’extrême-gauche comme au beau temps du programme commun. Un boulevard s’ouvre au centre, mais, non, résistons et allons nous compter dans la cabine téléphonique de la place du Colonel-Fabien !

PS. Est-ce une heureuse coïncidence ? Le film de Stanley Kramer « Devine qui vient dîner ? » est de nouveau disponible en DVD dans un coffret « 40e anniversaire ». L’occasion de revoir Spencer Tracy, Sidney Poitier et Katharine Hepburn au sommet de leur art dans un film qui fit scandale pour mettre en scène un couple mixte. En 1967, seize Etats du Sud interdisaient encore l’union mixte. Malgré les manifestations du Ku Klux Klan devant les cinémas, le film connut un énorme succès, reçut dix nominations aux Oscars et Katharine Hepburn la statuette de meilleure actrice.

Arafat, connais pas !

Mardi 1 janvier 2008

Des marches du Palais de Chaillot à Brest, en arpentant les ruelles de Lyon, les garçons et les filles d’aujourd’hui ajoutent à leurs jeans slim et blousons cintrés, un keffieh… Fulgurante prise de conscience politique alors que le conflit israëlo-palestinien reste sans solution durable ?
Comment, toutefois, ne pas en douter ? Se souviennent-ils tous des luttes palestiniennes, de l’OLP et de Yasser Arafat ? Ou comme leurs mères en rêve de soieries Hermès, ils portent un joli carré de coton noir et blanc, rouge et blanc… Les plus aisés s’offrent le Balenciaga by Nicolas Ghesquière pour 1500€ ! La mode la mode la mode…

yasserarafat.jpg
Yasser Arafat © Frédéric de La Mure

La belle Tour de Babel

Jeudi 27 décembre 2007

denisdarzacq1.jpg
© La chute, Denis Darzacq.

On pénètre, intrigué, dans l’ancien temple des colonies d’outre-mer, entièrement restauré par les architectes Patrick Bouchain et Loïc Julienne. Accueilli par ce fameux bas relief d’Alfred Janniot, illustrant par la pierre l’apport des colonies à la prospérité française. Le Palais de la Porte Dorée, rare vestige de l’Exposition coloniale Internationale de 1931, est devenu, par les voeux tiers-mondistes de Président Jacques Chirac, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Inaugurée en catimini au lendemain de la création du Ministère de l’Identité nationale, cette Cité est pourtant une belle réussite et, par ces temps de rupture et d’inventaire, l’une des plus belles initiatives culturelles de Jacques Chirac, épaulé par son fidèle Jacques Toubon.
Faut-il y voir aussi la fin d’une époque – celle d’un gaullisme décolonisateur, puis d’un mitterrandisme assimilateur, capable de défendre l’idée d’une immigration nécessaire pour le développement national ? A parcourir, passionné, les vitrines de chacune de ces histoires en passe de devenir françaises, on mesure à quel point la conscience d’un universalisme français s’est éteint, laissant la place à un repli de plus en plus palpable de la majorité des Français sur eux-mêmes. Quel pauvre mythe que celui d’une seule immigration « choisie » défendue par l’enfant d’immigré hongrois Nicolas Sarkozy !
Au-delà des archives (objets, journaux, photographies de Jean-Philippe Charbonnier ou de Janine Niepce), la remarquable exposition permanente « Repères » vaut aussi par la part belle qu’elle offre aux artistes contemporains (Kader Attia, Denis Darzacq, Barthélémy Toguo, Hamid Debarrah, Malte Martin). Sortant de cette Cité ouverte comme la plus belle des tours de Babel, un vieil monsieur asiatique se réjouit : « ah, c’était vraiment bien ! « .

Cité nationale de l’histoire de l’immigration : www.histoire-immigration.fr

M’as-tu vu ?

Mercredi 26 décembre 2007

41413f12b38111dcae115c07e4644e40.jpg
© AP

Storytelling, La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, Christian Salmon, La Découverte, 2007.

Cinéma direct

Mardi 18 décembre 2007

undefined224.jpg

C’est à l’honneur de la République française d’accorder un régime de semi-liberté à Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action Directe, reconnu coupable de « complicités d’assassinats » du général René Audran en 1985 et du pdg de Renault Georges Besse en 1986 portant « un coup décisif… aux forces de la répression bourgeoise » (sic). Et ce bien que son « renoncement à la lutte armée » soit prononcé mezzo voce. La République est forte quand elle applique ses grands principes à ses propres ennemis.
A lire les échos dans la presse, à chercher des archives, on s’étonne du silence assourdissant qui règne en France sur cette dramatique aventure terroriste. Si les partis politiques de gauche se sont heureusement tenus à distance de ces « gauchistes extrémistes » avant de réclamer pour « raisons humanitaires » leur semi-liberté, peu de fictions, quelques documentaires se sont emparés de cette dérive sanglante et imbécile de Mai-68.
On pense alors au nouveau cinéma italien capable d’aligner, dans un salutaire mouvement cathartique, une petite dizaine de films importants (« Romanzo Criminale »(photo), « Mon frère est fils unique », « Nos meilleures années », « La seconda volta », « Buongirno notte ») sur les Brigades rouges.
Un tel désintérêt intellectuel pour ces « années de plomb » à la française ferait-il mieux comprendre la polémique née à l’arrestation de l’écrivain Cesare Battisti et la complaisance des amis de Fred Vargas à l’époque ?

Soutiens directs, Raphaëlle Bacqué, in Le Monde, 9 décembre 07, p. 16.

Parti sans laisser d’adresse

Samedi 15 décembre 2007

Ca chauffe à la section PS du 3e arrondissement. Dans l’émotion de la constitution de la liste en vue des municipales, une militante, issue des rangs d’Act-Up, a traité un camarade de « sale pédé ». Depuis, c’est une avalanche de courriels qui vous arrive pour justifier avec maladresse l’ire de la délinquante (« entre homosexuels, on se parle comment cela… » On rêve) ou l’excommunier… La semaine dernière, c’était la dénomination de la section (Rosa Luxembourg ou Louise Michel ? On rêve toujours) qui donnait lieu à identique raz-de-marée… Rue Solférino, les derniers éléphants cachent, sous leur manteau poil de chameau, les chiffres calamiteux de réinscription des nouveaux militants (les fameux « 20 euros » de la présidentielle). Est-ce que cela étonne encore quelqu’un ?

Cuisine municipale

Vendredi 7 décembre 2007

Un courriel d’auto-justification de Pierre Aidenbaum, maire du 3e arrondissement et candidat PS à sa propre succession, très instructif sur la petite cuisine qui prévaut à la constitution des listes d’arrondissement. Il semble qu’elle ait donné lieu à une bataille rangée… Navrant.
On apprend par « Le Monde » que le camarade Emmanuel Pierrat se présente dans le VIe arrondissement et qu’Olivier Poivre d’Arvor aurait décliné la même proposition dans le Ve. On lui adresse ce message de félicitations : « Emmanuel, j’apprends que tu figures au titre de candidat dit « d’ouverture » sur les listes du PS parisien. J’ignorais que tu puisses être auparavant engagé à droite ! Un seul vœu pour ce début de campagne : que Bertrand Delanoë recommence à faire de la politique (= se préoccuper des attentes des Parisiens) au lieu de se laisser aller à cette fatuité toute jospinienne (mon beau bilan !) qui pourrait le mener à pareille bérézina… »

François Mitterrand : le chêne et l’olivier

Mardi 4 décembre 2007

1991195057.jpg
© Institut François Mitterrand

Sans anniversaire apparent – ou est-ce une manière souterraine du fabiusien Jérôme Clément, président d’Arte France, d’accompagner la publication du livre de mémoire de Danièle Mitterrand ? -, Arte programmait hier une soirée « Mitterrand » avec la diffusion du film de Robert Guédiguian « Le promeneur du Champs de Mars » (2005) et la rediffusion d’un documentaire de Serge Moati et Eric Guéret « Les Mitterrand(s) » (2005). Du film, on en pense toujours autant de mal : face à un Michel Bouquet magistral, le sympathique Jalil Lespert fait pâle figure, la mise en scène est à l’avenant, illustrative et poussive. Bref, on a toujours préféré le marseillais Guédiguian sur les bords de la Méditerranée, entre l’Estaque et Notre-Dame de la Garde que sur les quais de Seine… Vient ensuite le documentaire de Moati. Quel que soit le réalisateur, c’est encore et toujours François Mitterrand qui triomphe, terrassant Edwy Plenel ; mettant au pas, loin des inventaires, Lionel Jospin ou Jacques Attali et faisant glisser une ombre de grande tristesse sur le visage de Robert Badinter qui clôt les témoignages de ces quelques phrases : « Oui il me manque. Parce que, comme je vous l’ai dit, j’aimais beaucoup Mitterrand et que c‘étaient des jours heureux. Je l’ai vu partir avec chagrin. C’est comme ça, c’est la vie… ». Encore un plan sur les larmes d’Helmut Kohl à Notre-Dame, à faire chavirer David Dessaigne, rencontré il y a quelques semaines à Bordeaux, fou de Mitterrand au point d’acheter aux enchères à Drouot sa cave et de dire ensuite la vérité d’un Mitterrand, malade, qui ne buvait que très rarement du vin…

Le livre de ma mémoire, Danièle Mitterrand, Jean-Claude Gawsewitch, 2007
A la vie, à la mort, Robert Guédiguian (1995)
La ville est tranquille, Robert Guédiguian (2001)

Sujet Marchais

Samedi 1 décembre 2007

039.jpg

Lundi. Prendre le temps avant de filer au cinéma de mettre le magnétoscope en route pour ne pas manquer le documentaire d’Yves Jeuland sur Georges Marchais. Un film d’Yves Jeuland (« Paris à tout prix », « Bleu, blanc, rose », « Maris à tout prix », « Le siècle des socialistes ») ne se rate pas, si vous ne voulez pas rester frustré devant le zapping de la semaine qui immanquablement vous fera saliver des meilleures séquences. Toujours le même dispositif – basique – d’alternance d’entretiens sur fond noir et d’images d’archives de belle qualité. Commentaire sobre et engagé. Né dans la prolongement de son remarquable « Camarades », film-fleuve sur les communistes français, ce portrait de « Georges le cathodique » se révèle finalement un film mineur. A trop se concentrer sur les élucubrations télévisées du stalinien face à Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach, Jeuland quitte la route politique et rate son sujet, syndic de faillite du communisme à la française. Dommage.

Vient de paraître : « Comme un juif en France », un documentaire d’Yves Jeuland, France 3 Editions.

1...56789