Archive de la catégorie ‘Politique’

In Barack Obama we trust

Jeudi 23 octobre 2008

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Barack Obama © Callie Shell – Time / CNN

Impossible de ne pas y communier. Dans quelques jours, Barack Obama sera président des Etats-Unis. A lire les médias français et américains, son irrésistible ascension ne semble plus pouvoir être freinée. D’autres louent encore ce coup de génie politicien d’arrêter sa campagne pour aller au chevet de sa grand-mère affaiblie et… blanche pour couper l’herbe sous les pieds des plus conservateurs, effrayés par l’arrivée d’un homme de couleur au Capitole. Alors, oui, je croise les doigts, en espérant que l’effet Bradley, du nom de ce sénateur noir donné vainqueur lors d’une élection en 1982, mais froidement battu dans les urnes, vaincu par le racisme rampant d’une Californie trop profonde, ne sonnera pas le glas de ce grand pas vers un monde d’une plus grande diversité. Oui, sans que cela ne change le monde ou la violence de la crise financière, vivement Obama !

Le portfolio « Barack Obama, portrait of a candidate » sur le site Time / CNN.

C’était François Mitterrand

Lundi 6 octobre 2008

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François Mitterrand en Egypte © M. Litran / Paris Match

Au hasard de la revue de presse de la semaine, ce mot adressé par le président François Mitterrand à Julien Clerc dont le chanteur loue « la retenue spécifique aux gens lettrés de cette génération » :

« Paris, le 17 janvier 1994
Cher Julien Clerc, j’ai été très triste de ne pouvoir aller vous entendre. Quelques difficultés de santé m’ont empêché de sortir autant que je l’aurais souhaité. Ce début d’année m’a remis d’aplomb et vous revoir me ferait grand plaisir. Mon secrétariat s’informera de vos convenances.
Je vous souhaite ainsi qu’aux vôtres une année nouvelle conforme à vos vœux et je vous assure de ma fidèle pensée.
François Mitterrand »

M’as-tu vu ? Episode 10

Mercredi 17 septembre 2008

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M. et Mme Nicolas Sarkozy et Benoît XVI © Reuters

« Carla Bruni actrice ? C’est ce que l’épouse du Président a déclaré hier sur la BBC lors d’une interview. Sa nouvelle vie au côté du chef de l’Etat ? « Ce n’est pas si difficile, c’est comme jouer dans un film »…
Libération.fr

New York 09 / 11 : love your enemies

Jeudi 11 septembre 2008

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World Trade Center Memorial Lights © DR

Dans le Paris-New-York de 8h25, affrété par Air France, il n’y avait personne. Plus de 200 places libres. Le personnel de bord a déplacé les passagers pour équilibrer l’avion. Peur d’une récidive ? Etrange comportement que cette date produit. Le 11 septembre. A l’arrivée à New-York, la vie bat son plein, trépidante comme je l’aime, cosmopolite, intrigante et moderne. Pourtant, ce matin, à 8h46, les cloches des églises ont sonné, rappelant l’attaque terroriste des tours jumelles du World Trade Center. Partout, des drapeaux ont fleuri, deux services à la Trinity Church, voisine, rendront hommage aux disparus. John Mc Cain, Bill Clinton, Barack Obama sont attendus sur le site, trou béant où a été bâti un mémorial de fortune, des grues tout autour. Un périmètre de sécurité en interdit l’approche, seules les familles des victimes et des pompiers en association sont autorisés à y pénétrer. Ils portent tous un ruban blanc et bistre, d’autres des t-shirts distinctifs à l’effigie d’une soeur, d’un fils, d’un ami. Qui se souvient de Veronica Torres ? Sa famille demande qu’on ne l’oublie pas…
Plus loin, des activistes tiennent haut des pancartes, demandant la vérité sur le 11 septembre et le retrait des troupes américaines. Ils sont jeunes, font du bruit. Des patriotes, étoilés, les conspuent sur le trottoir d’en face. Sur le pas de sa porte, un joaillier est au spectacle. Sur sa vitrine refaite à neuf, les images de sa boutique le jour d’après témoignent pour lui. Bientôt, les voix des opposants à la guerre sont couvertes par une chorale de mormons en habits traditionnels. Ils chantent et offrent de petits guides qui ont pour titre « Love your enemies ». Ils ne font guère recette. A la nuit tombée, deux raies de lumières bleues dans le ciel sombre et nuageux sont venues clore cette journée du souvenir. La terrasse du New Museum accueillait gracieusement les New-Yorkais pour qu’ils se recueillent ensemble…

Le site « Here is New York »

M’as-tu vu ? Episode 9

Jeudi 11 septembre 2008

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Mme Nicolas Sarkozy et « Michel » © Frédéric Dugit / MAXPPP

« Reste que, pour le moment, le résultat est médiocre venant d’une chanteuse dont le premier album a totalisé plus de deux millions de ventes. Les raisons sont analysables à loisir : trop de presse people, trop de proximité politique avec le président de la République, baisse générale du marché (plus de 10 % pour le premier semestre 2008), mauvaise date de lancement… Mais Naïve prévoit 200 000 ventes d’ici à Noël de Comme si de rien n’était, aidées par une vague de promotion télévisée à la rentrée. La chanteuse était chez Michel Drucker, dimanche 7 septembre, sur France 2. Elle est annoncée chez Nagui dans son émission « Taratata » (France 4) et sur Canal+. »

Querelles de chiffre pour Carla Bruni, par Véronique Mortaigne, Le Monde, 8/09/08.
La première dame vers le bac à soldes, par Gilles Renaud, Libération, 6/09/08.
Carla Bruni : droit de réponse de Naïve, par Patrick Zelnik, Libération, 11/09/08.

Martine Aubry, la maire-cenaire lilloise

Samedi 6 septembre 2008

On lui décerne, sans conteste, le titre de femme de la semaine, sinon du mois. Martine Aubry, après des mois, des années d’exil lillois, est de retour sur la scène nationale. Le week-end dernier, à l’Université d’été du Parti socialiste à La Rochelle, la maire de Lille attirait tous les regards et s’appliquait à les retenir tous. Les médias, pressés, annonçaient déjà sa probable accession à la tête du PS. Royal en échec, Delanoë inaudible au-delà du périphérique, Moscovici mal connu et vite trahi, une auréole de super-maire de Lille, où sa réussite reste peu contestable, un livre de circonstance, dicté à la va-vite à Stéphane Paoli, une stratégie d’alliances contre-nature avec les godillots de Fabius, de Strauss-Kahn, de Montebourg, l’adoubement surréaliste de Jean-Pierre Raffarin, l’admiration du petit Benoît Hamon : les ingrédients étaient réunis pour faire de Mme Aubry ce qu’elle n’est pas : une femme humaine, proche des gens, « vraiment de gauche », seule capable de réveiller le parti socialiste de sa léthargie « hollandaise ».
La colère montait, on se frottait les yeux : quelques preuves faudra-t-il encore aux socialistes perdus et orphelins de François Mitterrand pour ne pas se jeter dans les bras de la fille de Jacques Delors, si avide de pouvoirs ? On se remémorerait à l’envi ce train de sénateurs, députés et ministres partis consoler l’inflexible Martine à Lille après la publication du pamphlet de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit, « La dame des 35 heures » (Robert Laffont, 2002). La dépression passée, aucun de ceux-la ne trouvait grâce à ses yeux, traités comme tant d’autres de « cruche » (Ségolène Royal), de « poupée Barbie » (Elisabeth Guigou), de « mickeys ». N’oublions pas non plus la colère d’un Pierre Mauroy, lui ayant laissé en viager la totalité de son empire lillois, n’en revenant pas, lors d’un conseil national du PS en mars 2006, de sa méchanceté et de ses inélégances quotidiennes : « Elle a dit trop de mal, de trop de monde ! »…
Quelques déclarations à la presse et déjeuners d’appareil plus tard, patapras, la mayonnaise tournait aigre. Propos cassants, trahisons, morgue inflexible, fausse humilité, Martine Aubry reprenait le costume de la « mèremptoire » si souvent décrit par ses collègues et anciens collaborateurs. Une nouvelle fois, Pierre Mauroy vint calmer les esprits en surchauffe en dénonçant les contorsions des « aubryistes » et appelant à des majorités d’idées plus crédibles. Qu’il faille la sagesse d’un très vieil éléphant comme Pierre Mauroy pour faire entendre raison aux militants laisse pantois quant à la capacité du Parti socialiste à redevenir une machine de guerre et de pouvoir efficace face à l’omnipotence du président Nicolas Sarkozy et de l’UMP. On y reviendra.

La real-politik du ministre Bernard Kouchner

Mercredi 3 septembre 2008

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© DR

Lu ce soir dans « Le Monde » :

« Depuis plusieurs semaines, la correspondante diplomatique du Monde, Natalie Nougayrède, fait l’objet de mesures de boycottage de la part du cabinet du ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Le point le plus marquant a été atteint, vendredi 29 août, lorsque Natalie Nougayrède a été expulsée, sur décision du cabinet du ministre, d’une réunion organisée par le Quai d’Orsay au Centre international Kléber, où se tenait la conférence annuelle des ambassadeurs. Notre journaliste avait été autorisée par le bureau du secrétaire général de la conférence des ambassadeurs à assister à un débat consacré à la politique énergétique de l’Europe. Tandis qu’elle attendait son badge d’accès, document qui devait lui être remis dans le quart d’heure, Natalie Nougayrède a été escortée vers la sortie de la salle par deux policiers qui agissaient, selon un fonctionnaire, « à la demande du cabinet du ministre ». La réunion, qui se tenait en principe à huis clos, avait été ouverte à certains journalistes. Natalie Nougayrède a, plus tard dans la journée, assisté à la conférence de presse de M. Kouchner au Centre Kléber.
Cette interdiction fait suite à l’annulation, au mois d’août, d’une interview de Bernard Kouchner par Le Monde sur le conflit en Géorgie et les événements en Afghanistan. Quelques heures avant le rendez-vous, le cabinet du ministre avait exigé que Natalie Nougayrède ne fasse pas partie de l’équipe de journalistes recueillant l’entretien – condition que Le Monde a refusée.
Depuis deux mois environ, notre journaliste a cessé de recevoir les correspondances du Quai d’Orsay, dossiers de presse et invitations, transmises, selon les usages, aux journalistes suivant les questions diplomatiques.
Ces mesures sont sans précédent dans l’histoire du journal. Elles font suite à des interventions informelles, ces derniers mois, suggérant au Monde de changer de journaliste diplomatique.
En un an, Le Monde n’a jamais reçu de demande de droit de réponse, de rectificatif ou mise au point de la part du ministère à la suite d’un article concernant la diplomatie française.
Et si la porte du Centre Kléber a été fermée à notre correspondante, celle des colonnes du journal est restée largement ouverte au ministre. Depuis qu’il est à la tête du Quai d’Orsay, Bernard Kouchner a publié pas moins de dix points de vue dans la section « Débats » du Monde – record inégalé pour un membre du gouvernement de François Fillon -, tandis que le journal recueillait, sous forme de questions-réponses, deux entretiens avec le ministre.
(Le Monde, qui a toujours entretenu des relations cordiales avec Bernard Kouchner, ne peut que déplorer le traitement réservé à Natalie Nougayrède. Eric Fottorino et Alain Frachon). »

Lire la réponse du Ministère des affaires étrangères suite à cet article du « Monde ».

La fascination Roberto Succo

Vendredi 22 août 2008

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Stefano Caselli, le Succo de Cédric Kahn © DR

« Quand ils vous diront que je suis mort, ne pleurez pas trop, je serai en train d’écouter le chant des oiseaux… » Roberto Zucco.

Il y a quelques jours, France 2 proposait une nouvelle diffusion de l’émission de Christophe Hondelatte « Faites entrer l’accusé » consacrée à la dérive meurtrière du parricide italien Roberto Succo. Après avoir séjourné cinq ans en asile psychiatrique, il s’évade en 1986 et s’installe à Toulon. Du Var jusqu’à la Savoie, il tue, vole, agresse avant de rentrer en Italie où il sera finalement arrêté grâce aux indications de son ancienne petite amie et de la police française qui l’a identifié. Six victimes, des automobilistes kidnappés et traumatisés, une disparue, l’homme au treillis fit couler autant de sang que d’encre. Cette histoire est vieille de vingt ans et aujourd’hui, au cimetière de Mestre, on ne retrouve plus trace de la tombe de Succo, suicidé dans sa prison, en 1988, après avoir tenté une évasion très médiatisée sur le toit de sa maison d’arrêt. La concession a été revendue, les os dispersés.
Pourquoi Roberto Succo continue-t-il de fasciner autant le public, les journalistes et les écrivains, rejoignant la longue liste des assassins médiatiques : Simone Weber, Marie Besnard, Gaston Dominici, Landru et autres Petiot ? A la manière d’un Thierry Paulin qui fut le sujet de « J’ai pas sommeil », le plus beau film de cinéaste Claire Denis, Roberto Succo eut les honneurs d’un livre très documenté de Pascale Froment, d’une pièce controversée de Bernard-Marie Koltès, montée dernièrement par Philippe Calvario au Théâtre des Bouffes du nord, et d’un film de Cédric Khan sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes. Sa cavale, ce mélange de folie et beauté, l’insolence du psychopathe pour finalement cette mort de misère, la tête asphyxiée dans un sac en plastique ? Quoi d’autre ? Pas de poésie. A découvrir les images d’archives du documentaire de France 2, à revoir quelques jours plus tard le beau film glacé de Cédric Kahn, nappé par la voix et les guitares de Marianne Faithfull, j’en étais presque à me reprocher cette soudaine rechute…

Roberto Succo, Succo le fou, Faites entrer l’accusé, France 2.

Roberto Zucco, de Bernard-Marie Koltès, Editions de Minuit, 2000.

Roberto Succo : Je te tue, histoire vraie d’un assassin sans raison, de Pascale Froment, Folio Gallimard (paru 1991)

Philippe Ridet : souvenirs de charrette à foin

Samedi 16 août 2008

C’est un livre que je lis d’une traite dans le train de retour de Montpellier, puis sur la plage de Sète, dans le compagnonnage qu’on peut avoir avec quelques bons journalistes du Monde dont on ne manquerait pas un seul papier Philippe Ridet comme Raphaëlle Bacqué est de ceux-là. Une année après la présidentielle, il publie « le président et moi » un livre-bilan de ses années à suivre Nicolas Sarkozy dans sa conquête du pouvoir.
Le document est remarquable par la réflexion qu’il offre sur le « cirque » sarkozien (la politique, les rapports ambiguës avec les médias et le grand patronat, la machine à former des symboles qui parle à un large public, les courtisans, les amours et les faiblesses d’un homme dont on ne sait s’il s’aime ou se déteste trop, le feuilleton Cécilia – Anne – Cécilia – Carla ) et la manière dont les journalistes tentent d’échapper à cette « manipulation ». Philippe Ridet, du Parisien au Monde, livre ses carnets de voyages officiels, ses croquis de campagne (jusqu’à ce reportage en Camarque où les journalistes sont entassés sur une charrette à foin, le candidat Sarkozy à cheval) sans chercher moins les révélations qu’à décrire la moulinette dans lesquelles passent les journalistes tout indépendant qu’ils soient.
Alors que les médias font l’objet de critiques sévères sur leur complaisance, qu’on leur reproche d’en dire moins qu’ils ne savent, Philippe Ridet n’a pas peur de montrer ses faiblesses, la connivence qui s’installe sans qu’il n’y puisse rien tout en défendant un métier qu’il aime et dont il s’acquitte avec une vraie conscience, donnant à l’occasion un coup de patte aux bloggers et autres internautes, sans cesse à la recherche d’un scoop ou d’informations croustillantes, prompts à faire le jeu de la rumeur. Un témoignage à méditer…

Philippe Ridet, Le président et moi, Editions Albin Michel.

Pékin 2008, nuits de Chine…

Samedi 9 août 2008

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