Cinéma direct

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C’est à l’honneur de la République française d’accorder un régime de semi-liberté à Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action Directe, reconnu coupable de « complicités d’assassinats » du général René Audran en 1985 et du pdg de Renault Georges Besse en 1986 portant « un coup décisif… aux forces de la répression bourgeoise » (sic). Et ce bien que son « renoncement à la lutte armée » soit prononcé mezzo voce. La République est forte quand elle applique ses grands principes à ses propres ennemis.
A lire les échos dans la presse, à chercher des archives, on s’étonne du silence assourdissant qui règne en France sur cette dramatique aventure terroriste. Si les partis politiques de gauche se sont heureusement tenus à distance de ces « gauchistes extrémistes » avant de réclamer pour « raisons humanitaires » leur semi-liberté, peu de fictions, quelques documentaires se sont emparés de cette dérive sanglante et imbécile de Mai-68.
On pense alors au nouveau cinéma italien capable d’aligner, dans un salutaire mouvement cathartique, une petite dizaine de films importants (« Romanzo Criminale »(photo), « Mon frère est fils unique », « Nos meilleures années », « La seconda volta », « Buongirno notte ») sur les Brigades rouges.
Un tel désintérêt intellectuel pour ces « années de plomb » à la française ferait-il mieux comprendre la polémique née à l’arrestation de l’écrivain Cesare Battisti et la complaisance des amis de Fred Vargas à l’époque ?

Soutiens directs, Raphaëlle Bacqué, in Le Monde, 9 décembre 07, p. 16.

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