Archive de la catégorie ‘Politique’

Sujet Marchais

Samedi 1 décembre 2007

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Lundi. Prendre le temps avant de filer au cinéma de mettre le magnétoscope en route pour ne pas manquer le documentaire d’Yves Jeuland sur Georges Marchais. Un film d’Yves Jeuland (« Paris à tout prix », « Bleu, blanc, rose », « Maris à tout prix », « Le siècle des socialistes ») ne se rate pas, si vous ne voulez pas rester frustré devant le zapping de la semaine qui immanquablement vous fera saliver des meilleures séquences. Toujours le même dispositif – basique – d’alternance d’entretiens sur fond noir et d’images d’archives de belle qualité. Commentaire sobre et engagé. Né dans la prolongement de son remarquable « Camarades », film-fleuve sur les communistes français, ce portrait de « Georges le cathodique » se révèle finalement un film mineur. A trop se concentrer sur les élucubrations télévisées du stalinien face à Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach, Jeuland quitte la route politique et rate son sujet, syndic de faillite du communisme à la française. Dommage.

Vient de paraître : « Comme un juif en France », un documentaire d’Yves Jeuland, France 3 Editions.

« Dans les yeux, je la conteste »

Samedi 1 décembre 2007

Une somme. 875 pages, index compris. A cette époque, les journalistes les plus éminents ne tenaient pas de blog tel l’excellent Jean-Michel Apathie. Pas de blog, mais de solides carnets. Ceux-là même que Michèle Cotta ouvre aujourd’hui et décide de livrer aux curieux des arcanes de la vie politique française.
Le premier tome de ses « Carnets secrets de la Ve République » court de 1965 à 1977. De la première présidentielle au suffrage universel au début des années Barre. Du journalisme au cœur du pouvoir. « Embedded », dit-on aujourd’hui avec beaucoup de défiance. Mais c’était le temps d’avant la communication politique et les chaînes d’information continue qui broient, asphyxient désormais l’homme et le temps politiques – et pourtant déjà une révolution. Françoise Giroud, patronne de l’Express envoyait alors ses amazones – Michèle Cotta, Catherine Nay, pour les plus illustres – salle des quatre colonnes à l’Assemblée nationale recueillir les confidences des politiques.
Frémissement du « microcosme politico-médiatique », cher à Raymond Barre ! De la même manière que les « Journaux » de Françoise Giroud ou de Jacques Julliard révélaient cette société d’extrême connivence, les notes de Michèle Cotta racontent les premières heures d’un déferlement annoncé… dont le sommet ou l’ironie, restera, pour elle, ce débat des élections présidentielles 1988. Beaucoup furent étonnés de sa présence : elle, qui avait connu une telle « intimité » avec les deux candidats.

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© AP

Carnets secrets de la Ve République, Michèle Cotta, Editions Fayard. Prochain tome, en octobre.
L’année des dupes, Jacques Julliard, Le Seuil, 1996
Journal d’une parisienne, Françoise Giroud, Le Seuil (plusieurs tomes, en poche)

Matthieu Galey : une élégance de fer

Vendredi 23 novembre 2007

Dîner rue du Vertbois l’autre soir avec François S., parisien pour ses recherches sur la « petite Colette ». Après sa biographie sérieuse de Marguerite Moreno (Editions Le Point sur les i), on attend avec une légère impatience ce nouveau document. Nous reparlons de nos aventures en Limousin, à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, d’Edmonde Charles-Roux et de ses Académiciens en vadrouille à Castel-Novel, éphémère demeure de Colette.
En bon mitterrandien, François évoque Defferre et nous parlons de la « bio-photo » que lui a consacrée en 2001 Edmonde Charles-Roux. Un album beaucoup trop grand pour nos sacs « 48 heures » que nous sommes, Adrien G. et moi, tremblants comme des enfants de chœur, allés lui faire dédicacer. Les deux derniers exemplaires que proposait le stand Grasset…
Je ne sais plus comment mais nous en sommes arrivés à discuter du formidable « Journal » de Matthieu Galey – peut-être à propos de cette anecdote idéale : en 1984, à la mort de Gaston, Pierre Joxe, un de ses amis d’enfance, est nommé par le président Mitterrand ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. Galey lui envoie ce billet de félicitations : « sois de fer » ! Merveilleux.

Matthieu Galey, Journal, 2 tomes, Editions Grasset.
Edmonde Charles-Roux, L’homme de Marseille, Grasset.

La Simone Sainte

Vendredi 23 novembre 2007

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© RSR

A la lecture, ce matin, du papier de Nathalie Levisalles dans le cahier « livres » de Libération, je respire enfin. Une journaliste ose un mauvais papier sur la biographie de Simone Veil. On peut discuter l’argumentaire, mais le fait est rare pour le relever : quelqu’un en France s’attaque à l’icône et dit que son autobiographie est diablement ennuyante.
Trois semaines que sa biographie chez Stock lui attire toutes les louanges. Les plus éminents journalistes – de notre chère Annick Cojean à Nicolas Demorand, sans oublier le jury du Renaudot, sous l’influence de Franz-Olivier Giesbert, à deux doigts de lui remettre le Renaudot essai – se gargarisent de sa légendaire férocité, toujours excusée par son si fort courage de femme face à l’adversité – ce que je lui reconnais naturellement et sans discussion.
Profitant des bonnes dispositions des journalistes et sûre de n’être jamais remise à sa place (une femme politique de deuxième division, incapable de se confronter au suffrage universel, un score minable aux Européennes 89, une balladurite aïgue, bras dessus bras dessous avec Pasqua en 93), Simone Veil dégoise à tout va, et de manière carabinée – préférant liquider les morts (Mitterrand, Barre – c’eût été plus héroïque de s’attaquer à eux de leur vivant) ou les comateux (VGE, Bayrou), plutôt que de s’insurger face aux errements des temps présents. On aurait ainsi aimé plus forte voix pour dénoncer l’amendement Mariani.
Dans le Point, on apprenait encore que Simone Veil se verrait bien immortelle désormais et bringuerait sans intention dire le fauteuil de feu Pierre Messmer. Apprenant son refus de s’astreindre aux visites protocolaires auprès de ses futurs collègues, son bien-aimé Jean-Denis Bredin aurait même déniché une pratique inusitée depuis des siècles : l’acclamation qui permettrait à Simone Veil et à son char d’assaut médiatique de rejoindre le quai Conti sans la moindre éraflure d’orgueil. Avec à la clé, une visite à l’Elysée, chez le président Sarkozy, protecteur de l’Académie. Et à cela, tout le monde sait que Simone Veil ne résiste pas – trouvant le Président si trop dôle et si gentil…

http://www.liberation.fr/culture/livre/292961.FR.php

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