Archive de la catégorie ‘Musique’

Keith Haring : Happy Valentine, New-York !

Dimanche 23 mars 2008

C’est un temps que nous ne connaîtrons jamais, une époque révolue, une atmosphère disparue. Pour ceux qui n’en sont pas morts, elle est une nostalgie définitive. Au-delà de la performance, la vaste exposition des œuvres de Keith Haring au Musée d’art contemporain de Lyon, la plus importante jamais organisée en France, vaut pour ce qu’elle ne parvient pas du tout à montrer parce que bien trop timide et surtout trop occupée à démontrer que le talent de Keith Haring renvoie aux plus grands (Picasso, Pollock) ou à la mythologie ancienne. Ce qui manque ? L’extraordinaire et incessante vitalité créatrice du New York 1980 qui a fait de Keith Haring ou de Jean-Michel Basquiat deux de ses plus beaux enfants. Avant eux, il y avait eu Andy Warhol et sa Factory. Il sera leur parrain, les encouragera face à un monde de l’art effrayé par ces garçons des rues. Le sida, la drogue les emportent très tôt, leurs œuvres comme des comètes sont des plus populaires aujourd’hui. Et ce n’est que justice. Alors, leur ancienne amie de galère, Madonna, peut continuer de chanter pour eux : « No other city ever made me glad except New York / I love New-York »…

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Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, au Club 57 © Estate of Keith Haring.

The Keith Haring Foundation
Rétrospective Keith Haring, Musée d’art contemporain de Lyon, jusqu’au 29 juin 2008.

Les petits riens, le blues de Stacey Kent

Samedi 9 février 2008

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© DR

Des chansons entendues par quatorze heures d’avion entre Cape Town et Francfort. Cela semble à première écoute un élégant « easy listening » d’aéroport, finalement la voix gracieuse de Stacey Kent et les arrangements de Jim Tomlinson restent en tête. Retour à Paris, passage à la Fnac et le disque « Breakfast on the morning tram » dans l’I-Pod. De jolis petits blues, deux reprises de Serge Gainsbourg (Ces petits riens, La saison des pluies) et quelques standards bien choisis (What a wonderful world, Samba Saravah) chanté en anglais et en français. A découvrir !

Jean-Paul Gaultier : communiqueur d’amour

Samedi 19 janvier 2008

Des nouvelles de Catherine Ringer ce matin dans « Libération » sous la plume d’Olivier Wicker. Le défilé du fidèle Jean-Paul Gaultier était un hommage à Fred Chichin, le guitariste des Rita Mitsouko, ami du créateur mort en novembre 2007 : « En coulisses, après le défilé, le couturier tentait d’expliquer à une télé américaine à quel point Fred Chichin avait été important pour lui. Dans un «frenglish» à la Maurice Chevalier, il insistait devant le reporter ébahi : «You know, this guy was a popular dandy, Fred was a man qui avait la gouaille. He was perfectionist et popular at the same time.»
« C’est comme ça » en bande son et Catherine Ringer, toute vêtue de motif écossais, au premier rang, pour un défilé d’hommes en ton marron, fine moustache pour certains et coiffés de petits chapeaux melons noirs, pareils à ceux d’ »Orange Mécanique ». Des pantalons oversize, des perfectos à manches de fourrure, d’autres manteaux et blousons en cuir et fourrure, des jodhpurs glissés dans les bottes, des tweed à chevrons et, enfin, de sublimes pull-overs shetlands. Un ravissement…
A cela rajouter encore ces quelques mots émouvants d’Olivier Wicker : « Quand tout fut terminé et que le personnel commença à remballer les chaises et à ramasser les cartons d’invitation, Catherine Ringer s’éclipsa discrètement par une porte dérobée après avoir salué le couturier d’un regard. »

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© Jean-Paul Gaultier

Défilé Gaultier Hommes Automne-Hiver 08-09

Jesper Just : nights in white satin

Jeudi 10 janvier 2008

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A vicious undertow © Jesper Just

C’est un air connu qui vous appelle vers une chambre noire au quatrième étage du Kiasma, musée d’art contemporain d’Helsinki. Un air déjà entendu, mais différemment orchestré. « Nights in white satin » des Moody blues. Sur l’écran, une femme blonde, entre deux âges, siffle ; une autre, belle brune, lèvres charbonneuses lui répond et un homme encore. Séductions de l’une pour l’autre, de l’un pour l’autre. Une valse les rapproche, toujours par deux, sans que l’on sache qui triomphera. Au dernier plan, la blonde monte un escalier sans fin, de désir et d’épuisement. Petit bijou noir et blanc, « A vicious undertow », la vidéo de Jesper Just (Copenhage, 1974) a reçu l’un des Carnegie Art Award 2008. Ce film, à l’élégance hollywoodienne, ultra-sensible aux désirs féminins marque une nouvelle fois le talent du danois à traquer l’érotisme, en mêlant danse, musique et chansons (Rebel waltz, The Clash). Une splendide réussite.

www.jesperjust.com
www.carnegieartaward.com

L’esprit Tokio Hotel sur Kamppi Station

Dimanche 6 janvier 2008

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© didier@picasaweb.google.com

Je sors de la station Kamppi pour rejoindre l’immense shopping hall du même nom. Dans les escalators, une foule de drôles de jeunes iroquois. Je ne reconnais les garçons des filles. Eye-liner pour tout le monde ! Jeans arrangés d’épingles à nourrice, de tartans ou de rubans satin, cheveux colorés en catastrophe atomique, casquette over-size, keffieh de toutes couleurs, tennis vans ou talons vernis, elle va ainsi la belle adolescence finlandaise, pleine de maladresse « no future », de tendresse et d’espoir candide… Dans cet underground très aseptisé, elle se donne rendez-vous. Un ravissement d’élégance néo-gothique. Je rêverais d’avoir, de nouveau, leur âge, leur invention. Seul compte alors d’avoir un style et de partager ce bel idéal avec quelques amis compréhensifs. Les idées viendront, c’est sûr, mais plus tard, s’il vous plaît…

Alex Beaupain : pour la beauté du geste

Jeudi 27 décembre 2007

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© Naïve

Des affiches fraîchement scotchées en bas de chez moi… Je voudrais en récupérer une pas encore délavée par la pluie du soir. Je n’y parviens pas. Elles annoncent le concert prochain d’Alex Beaupain, auteur-compositeur des bandes originales des films de Christophe Honoré « Dans Paris » et « Les chansons d’amour ». Derrière ces deux musiques de films se cache aussi un album entêtant « Garçon d’honneur ». Pop d’époque, des textes d’une grande subtilité. Un de ces disques qu’on écoute en boucle des semaines durant et qu’on retrouve avec le même plaisir des mois plus tard. Rendez-vous donc le 5 avril au Café de la danse pour l’écouter !

Le 5 avril, à 20h00.
Café de la danse : 5, passage Louis-Philippe, Paris 11. Tél : 01 47 00 57 59

Alex Beaupain, Garçon d’honneur, Naïve 2005.

Valérie, Pierre et les jeunes loups

Samedi 15 décembre 2007

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© Canal +

Elle en rêvait, les impeccables éditions Naïve l’ont fait… Après l’incandescent Gérard Philipe, Lambert Wilson et même Bill Clinton, Valérie Lemercier donne une nouvelle version du conte musical de Prokofiev « Pierre et le loup » sous la baguette enthousiaste de Tugan Sokhiev, le nouveau chef de l’Orchestre national du Capitole, dont le Tout-Toulouse est tombé sous le charme ossète…
Cela sonne un peu faux au départ, ce ton de gentille maîtresse d’école, appliquée, tant la voix de « la » Lemercier est associée à des fous rires (citons, pêle-mêle , « Milou en mai », « Le Derrière » mieux que « Palais royal », le déjeuner avec Sydney Pollack dans « Fauteuils d’orchestre » de Danièle Thompson, la « rabbi-Jacob dance » en hommage à Gérard Oury lors de la dernière cérémonie des Césars) et à cet étrange état de vague mélancolie à la sortie de son dernier one-woman-show des Folies Bergères. Puis, on s’y fait, entraîné par la ronde des instruments et l’heureux dénouement de cette petite histoire si bien connue. A la suite de ce « Pierre et le loup », quelques contes russes, tout aussi savoureux.

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