DeLaVallet Bidiefono : faut que ça danse !

3 avril 2010

Quelques pas de danse africaine qui nous réveillent ! Créteil, Festival Exit ! On y va pour un spectacle iranien, finalement sans relief et on en repart content de la découverte de la compagnie congolaise Baninga / DeLaVallet Bidiefono. Cinquième création pour DeLaVallet Bidiefono, qui entend « au cœur de la nuit brazzavilloise, redonner une parole à cette jeunesse de la galère qui s’est faite, pour ainsi dire, contre et malgré tout, et qui aujourd’hui vit comme une sorte d’impératif le besoin de marquer, de poser une empreinte, parce qu’il y a urgence à faire plutôt qu’à dire. Une urgence toute vitale à redonner du sens. » Et c’est exactement ce que l’on voit sur scène, avec une belle modestie mais une énergie bienvenue.

Empreintes / on posera les mots après, par la compagnie Baninga / DeLaVallet Bidiefono. En tournée française.

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© Patrick Fabre

Rachida Dati : où sont les clés de la bagnole ?

3 avril 2010

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Mme Rachida Dati et la première dame © Sipa

Drôle de République ! On se souvient, commère, de l’anecdote contée par Jacques Séguéla, organisateur providentiel de mariage au sommet de l’Etat. Carla Bruni dans les yeux du président Nicolas Sarkozy, fraîchement divorcé, lui demandant devant quelques courtisans ébahis : « Vous avez une bagnole ? » La suite de l’histoire, on la connaît. Disneyland, mariage, Cap Nègre et Patrouille de France… 
Il se murmure ces jours-ci que le couple Bruni – Sarkozy ait maille à partir avec la fidélité. Quand on sait le palmarès des deux protagonistes, rien n’étonne, mais qu’une autre commère, délicieuse, en la personne de Rachida Dati, s’en mêle, le président voit rouge. Une présence de trop sur les plateaux de télévision au soir des désastreuses élections régionales, une adresse au Président pour lui demander de revenir aux « fondamentaux » de sa victoire de 2007, et Nicolas Sarkozy, vexé, de prendre son téléphone. Non pas pour la virer – c’est déjà fait avec exil de première classe à Bruxelles – mais pour appeler le directeur de la police nationale et priver la péronnelle des derniers signes extérieurs de pouvoir et de proximité avec le Château : portable, officiers de sécurité, chauffeur, et voiture, tout y passe… Au nom, bien sûr, de la maîtrise des dépenses de l’Etat. Pour défaut de commérage, surtout. Le Président a mené son enquête, les services de renseignements ont craché le morceau. Un nom revient : Dati. Rachida débine Carlita, dans les dîners du Tout-Paris, tous les soirs que le jour fait. Prise la main dans le sac Dior, Rachida a piqué sa crise contre le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, son ennemi de longue date, demandé audience auprès du vice-président Guéant. Rien n’y fait : le Président refuse de la prendre au téléphone. La ligne est sans cesse occupée.

Madonna : la réinvention permanente

3 avril 2010

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Madonna et Williams Pharrell © DR

Elle chante peut-être, elle danse plus sûrement, entourée d’une escouade de jeunes et éblouissants danseurs hip hop, diablement new-yorkais, customisés Adidas et American Apparel de la tête au pied. Vous me voyez arriver, je me suis encore fait avoir à acheter le nouvel opus « live » de Madonna. Sticky and Sweet Tour. J’avais boudé ses concerts parisiens, après deux expériences assez malheureuses à Bercy. Le coffret m’a fait de l’œil à l’aéroport, il aura finalement bien tenu l’aller Paris-Casablanca. Sur l’écran, une Madonna quinquagénaire, maîtrisant à son allure, donc à l’extrême ce qui fait son longévité : un audacieux culot, doublé d’une intelligence féroce de l’époque, le sens des affaires venant sans doute trois secondes après. Armée, bardée de ces convictions autant spirituelles que matérialistes, elle se donne en scène, enrôlant, bienheureux, les jeunes Pharrell, Timberlake ou Timbaland, et encore Barack Obama au soir de son élection (mémorable séquence à San Diego) à son seul panache. Redoutable et permanente réinvention, on ne se lasse pas d’observer un tel talent à durer. Irrésistible.

Madonna, Sticky & Sweet Tour, CD et DVD Warner Bros.

Ainsi va Françoise Hardy

3 avril 2010

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Françoise Hardy © DR

Un air dans la tête, une jolie mélodie, et un texte empreint de douce mélancolie : la recette est imparable, infaillible et confine au génie quand elle est menée au cordeau par François Hardy et son escorte excelsior : Alain Lubrano le fidèle, Murat, Calogero, Arthur H ou encore la grande Sophie. De valeureux talents pour servir une grande dame de la chanson française, que le public suit fidèlement, sans qu’elle ait besoin de monter sur scène. Juste revenir tous les quatre ou cinq ans avec un nouvel album de vraies chansons qui tourneront longtemps dans les i-Pods.

Françoise Hardy, La pluie sans parapluie.

M’as-tu vu ? Episode 47

1 avril 2010

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Carla at home © Claude Gassian

Carlita s’ennuie ? Selon Europe 1, l’enseigne de mode japonaise Uniqlo a convaincu Carla Bruni-Sarkozy de créer une ligne sobre et élégante, a appris jeudi le site de L’Express. La marque devrait ainsi proposer des produits étiquetés « Uniqlo by Carla B. », précise le journal en ligne. « J’ai été séduite par l’idée de créer une ligne qui me correspondait, irréprochable quand je suis en représentation, décontractée quand je suis chez moi », a en outre indiqué la première dame de France dans un communiqué…

H. Bouchelaghem : entrée en religion hip hop

31 mars 2010

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Hicham Bouchelagem © Frédéric Iovino

Il y a des mondes inconnus. Celui du hip hop en est un. Comment dire, à voir Hicham Bouchelagem se produire sur la petite scène de Chaillot, sa puissance d’expression ? La voix, les mots de Carolyn Carlson flottent avec lui, merveilleux, dans l’air. Alors, à tâtons, saluer l’éclosion d’un talent qui transforme ce hip hop, parfois décrié, en danse comme classique. Temps fort hip hop sur la colline de Chaillot. Pierre Rigal et Hicham Bouchelagem à l’affiche. Petits canards des faubourgs et de province éloignée devenus cygnes des théâtres parisiens, élégance du geste, intelligence du propos et de la sensation. Fusion de la performance et de la danse, teintée du poème d’un monde en fureur. Il sont garçons, filles, d’ici comme d’ailleurs, yeux blonds, grand black, petit frisé, gauloise énergique. Et ce monde-là, cette danse-là, ravit parce qu’elle est vitale pour chacun d’eux. Cette expression artistique nous saisit alors, sans qu’on en ait les codes. On la comprend, la chanceuse, elle est universelle.

Pierre Rigal, Asphalte.
Hicham Bouchelagem, What did you say ?
En tournée en France.

M’as-tu vu ? Episode 46 (Album de famille)

30 mars 2010

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Le couple Martin © DR

Ne passons pas à côté des plaisirs simples de la vie mondaine et ricanons à la récente confession de Ricky Martin, chanteur qu’on avait perdu de vue après quelques tubes bondissants et ensoleillés. Il nous revient, quelques semaines avant la sortie de son autobiographie, avec un certificat de gaytitude en forme de communiqué de presse et avalanches de réactions énamourées sur Twitter, le nouveau café du commerce mondial. Ricky Martin, qui s’était précédemment illustré par la procréation de deux bambins par mère porteuse interposée, est donc homosexuel et cela le rend « plus fort, plus heureux » encore. On est content pour lui. Désormais, à la manière de l’ancien ministre Roger Karoutchi – la comparaison est, certes, audacieuse – se présentant aux primaires UMP pour mener la liste aux élections régionales en Ile-de-France, l’homosexualité et sa révélation publique sont un ressort essentiel d’un plan de carrière. Tout serait-il à vendre ?

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Les enfants Martin © DR

Arielle Dombasle perdue dans la Cigale

27 mars 2010

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Arielle Dombasle au Crazy Horse en 2008 © DR

Ce que les années 80 reviennent au galop ! Un naturel exacerbé, miroir heureux de frivolité / futilité, aujourd’hui transformé en noble nostalgie, instants rêvés des derniers feux d’une parenthèse qui fut, c’est vrai, enchantée. Après la mythologie Saint Laurent, voici qu’Arielle Dombasle entre en scène. La Cigale, comble, en liesse, avant même la première note. Des folles, hurlantes, des mémés endimanchées, jolie chemisier de soie blanche, des grosses dames et leurs maris de sortie, et le Tout-Paris à l’orchestre… Pas de cabaret, ni de théâtre rive gauche pour Dame BHL, juste une salle de concert du boulevard Rochechouart pour la délicieuse cocotte, qui, au-delà de tout ce revival, nous intrigue.
Sur son nouvel album « Glamour à mort », elle est, cornaquée par Philippe Katerine, à son meilleur. Le disque « n’a pas rencontré son public ». Marasme de l’industrie du disque ? Désintérêt pour les mimiques de l’égérie rohmérienne ? Inadéquate rencontre avec l’univers sagement déjanté de Philippe Katerine ? Qui sait ? Va pour deux concerts à Paris, histoire de retrouver le public…
On annonçait donc une performance glamour en diable, on eut droit à une prestation low cost, décalée, parfaitement hors sujet de la créature, chaussée Louboutin, entravée dans des costumes impossibles, entourée de trois malheureux mais vaillants musiciens et de deux choristes ridicules, façon Crazy Horse, moulinant à qui mieux mieux. Le vidéo glam show ? Quelques lasers et une resucée de clips promotionnels et d’illustrations hystérico-mystiques que même Mylène Farmer et Laurent Boutonnat désavouraient. On s’en fut, on s’enfuit aux premiers rappels…

M’as-tu vu ? Episode 45

25 mars 2010

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M. et Mme Nicolas Sarkozy à l’Elysée © Annie Leibovitz / Vanity Fair

« Dans une interview au Figaro Magazine de samedi, Carla Bruni-Sarkozy déclare une nouvelle fois « qu’en tant qu’épouse », elle « ne souhaite pas vraiment » que son mari, Nicolas Sarkozy, brigue un second mandat présidentiel en 2012. « Peut-être ai-je peur qu’il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix ? (…) Mais, ajoute-t-elle, quelles que soient la situation et les décisions que prendra mon mari, je ferai tranquillement avec ».
(Le Monde, 25.03.10)

Krzystof Warlikowski reprend son Tramway

20 mars 2010

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Isabelle Huppert © Pascal Victor / ArtComArt

Certains ont abandonné avant même la représentation, assommés par les critiques hurlantes à l’ennui, au soir de la première. N’y allez pas ! Ca dure 3 heures ! On n’y comprend rien ! Isabelle Huppert vampirise une nouvelle fois de sa bêtise égocentrique ce spectacle au point qu’il n’y ait plus de tramway mais juste une Blanche DuBois à la dérive entre Tennessee Williams et des citations boursouflées de Sarah Kane ! Mais qui est ce polonais complètement malade ? On y va, goguenard, prêt à rajouter son couplet et dire tout le mal qu’on a déjà ici d’Isabelle Huppert la mal aimable. 2h45 plus tard, rien à dire, on applaudit ce spectacle beau et inspiré. On salue la performance du metteur en scène à raconter un monde, une femme et ses obsessions au travers d’un texte, de citations et de chansons comme une construction purement mentale, faite de multiples influences littéraires et musicales pour arriver à cerner cette irrégulière, Blanche DuBois. Le public, venu pour l’hallali, en est pour ses frais, alors il applaudit mollement. Il espérait une bataille d’Hernani, Warlikowski n’en leur en donne pas le loisir. Son talent est évidence. Il a repris son ouvrage, coupé une demi-heure de vociférations d’Isabelle Huppert pour être sur l’os. Bien sûr qu’on n’entend pas, comme au lycée, le « Tramway nommé désir » de Tennesse Williams, mais une variation hallucinée et engageante qui vaut toutes les intrigues bien ficelées. Un théâtre furieux et misanthrope qui vous court longtemps après…

Un tramway, mise en scène de Krzystof Warlikowski, traduction de Wajdi Mouawad, avec Andrzej Chyra, Florence Thomassin, Yann Collette.

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