Archive de la catégorie ‘Politique’

Soweto : des pierres contre des fusils

Samedi 28 février 2009

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© DR

Si vous marchez dans Soweto, township de la banlieue de Johannesbourg, vous serez marqué par l’immensité du territoire. De petites villes s’inventent les unes près des autres, sans que les communautés véritablement ne se mélangent. Il y a le township des colored, celui des noirs, plus loin celui des indiens. Et encore celui des blancs pauvres. Soweto, on entend les cris de Biko, de Mandela. Sa maison est d’ailleurs là, en travaux, pour devenir un musée à la mémoire du leader de l’ANC et de la lutte contre l’apartheid qui connut dans ses lieux son essor. Quartiers de petits maisons, jardinets proprets, plus loin, c’est le chaos de la tôle ondulée et des enfants à l’abandon d’eux-même, courant, sales, d’une baraque à l’autre, quelques chiens galeux, des poubelles pleines, de la terre battue, pas d’horizon. Le samedi, c’est bien connu, c’est le jour des mariages. On se prend à rêver à l’écho des voix et des chants sortant d’une maison près du Hector Pieterson Museum.
Hector Pieterson, l’enfant du quartier, mort à quelques pas de là, sous les balles de la police blanche, le 16 juin 1976. Des revendications, une émeute, la police qui charge. Le petit écolier dans les bras d’un homme, une femme, une soeur pleure déjà sa souffrance. Un musée lui est consacré à Soweto – une belle réalisation qui embrasse toute la complexité du conflit sud-africain, de la création des townships au temps des mines d’or et de la prospérité de la ville, jusqu’à l’apartheid et les luttes pour en venir à bout. Des pierres contre des fusils. Une plongée dans l’histoire, riche, passionnante. J’en sors bouleversé, captivé par cette histoire effroyable et ces engagements de haute lutte pour le droit à l’égalité.

Hector Pieterson Museum, Soweto.

La voix off de Barack Obama

Lundi 16 février 2009

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Vincent Byrd Le Sage © Eric Gouyenon

C’est une petite salle, remplie de militants du MRAP et d’autres collectifs encore, dans une petite rue de la Goutte d’Or ou pas loin de là. Des femmes âgées discutent entre elles de leurs dernières manifestations. Ici on prend parti ou on accompagne, en parrain, une famille d’immigrés au théâtre. Lavoir moderne parisien, maison du peuple. Vincent Byrd Le Sage y donne tous les dimanches le texte de la conférence de Barack Obama à Philadelphie sur les races en Amérique. Le comédien métis refuse de pousser au-delà des apparences le mimétisme, dit avec peu de relief le texte du futur président des Etats-Unis. On est d’abord étonné par cette diction, puis le texte d’une belle intelligence s’impose et la manière qu’a le comédien de rester derrière les mots amène l’émotion et toute la puissance de l’esprit d’Obama. Ensuite, il y a un débat mais on a vite fait de le quitter. Les mots d’Obama sonnent bien plus forts que ceux de quelques commentateurs politisés qui tentent de les interpréter à leur avantage.

De la race en Amérique, ms José Pliya avec Vincent Byrd Le Sage, Lavoir moderne parisien, le dimanche à 15h30.

M’as-tu vu ? Episode 18

Dimanche 14 décembre 2008

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Mme Rama Yade et M. Bernard Kouchner © DR

On sort de cette semaine politique consterné. Micro-remaniement ministériel pour faire une place à Patrick Devedjian et organiser sa succession au secrétariat général de l’UMP. L’ancien militant d’extrême droite se voit attribuer un ministère de la relance, autant dire un placard face à la toute-puissance de l’Elysée et des inspecteurs des finances de Bercy – même si Nicolas Sarkozy a eu la gentillesse pour son ancien porte-gâchette d’installer son maroquin sous l’autorité directe du premier ministre. C’est à n’y pas croire comme dirait Marguerite Duras. Place Vendôme, carrefour parisien des joailliers de luxe, Rachida Dati, sarkozyste d’amour et d’eau fraîche, a perdu la partie : de la une de Point de vue (« Le mystère de l’alliance ») à celle ahurissante du Point (« L’extravagante Mme Dati »), les médias la conspuent.
Peut-être faudrait-il que Bernard Kouchner, ministre diaboliquement médiatique, se méfie et médite sa déchéance ? Sa manière peu commune de célébrer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, en exécutant Rama Yade sur instruction de l’Elysée, « fortement agacé » par la sortie de la jeune sous-ministre, refusant la tête de la liste francilienne pour les élections européennes (qu’elle compare drôlement avec un mariage avec le prince Albert – quelle triste vision de l’Europe !) marquera. Le mot de la fin revient pour une fois à la très inspirée Martine Aubry : « Bernard Kouchner n’est plus Bernard Kouchner »…

Jane de tous les combats birmans

Samedi 22 novembre 2008

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Jane Birkin © Reuters

Birkin, encore une fois. Mercredi, à Paris, Jane donnait une petite fête dans les locaux de sa maison de disques pour le lancement de son nouvel album « Enfants d’hiver » dont on a dit ici tout le bien et l’émotion qu’il nous procure. On appelle désormais cela un « show-case » où, devant la profession, les amis et la famille, Jane Birkin a chanté avec ses musiciens quatre de ses nouvelles chansons dont elle a pour la première fois écrit les paroles et repris en éternel hommage « ex-fan des sixties » de Serge Gainsbourg. Une jolie demi-heure en chansons avec une Jane fragile, petit charlot timide dans ses vêtements amples, qui dès qu’il s’agit de reprendre le combat pour la Birmanie donne de la voix, porte fort son engagement pour les enfants, les moines, Aung San Suu Kyi et les militants de son parti. De plus en plus libre, de plus en plus vrai.

M’as-tu vu ? Episode 15

Jeudi 20 novembre 2008

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Paris – Lille © DR

« Ségolène n’est pas mon parti. Là où elle veut nous mener, ce n’est pas mon parti. Martine, elle est archaïque, ringarde, c’est une salope. Elle m’a tué, mais c’est mon parti. » Bertrand Delanoë (Le Canard Enchaîné – mercredi 19 novembre 2008)

Pour un tandem Royal – Peillon

Lundi 17 novembre 2008

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Ségolène Royal © DR

Ce matin, dans les journaux, des kilomètres et des kilomètres d’articles pour décrire l’ambiance délétère du Congrès socialiste de Reims. Martine Aubry, Ségolène Royal, Benoît Hamon, Bertrand Delanoë, chacun son idée du Parti socialiste, tous la même envie de succéder à François Hollande qui finit en piteux état son dernier mandat. Et l’ombre de Lionel Jospin en statut de commandeur rancunier. Ce seront les militants en leur âme et conscience qui trancheront jeudi puisque personne n’a voulu négocier avec les animateurs de la motion de Ségolène Royal. Le résultat est navrant, la situation incompréhensible pour les sympathisants et électeurs qui voient une nouvelle fois le Parti socialiste, tout démocratique qu’il soit, plongé dans les affres de ses consultations internes qui ne permettent pas de dégager de majorité stable, les « éléphants » ayant l’œil visé sur la présidentielle avant même d’avoir élaboré un programme. Dans ce spectacle désolant reste une femme de caractère, seule à enthousiasmer les foules au-delà des militants : Ségolène Royal, comme un nouvel élan mitterrandien, parlant haut et fort. Si sa conception de la politique par instants déconcerte, son énergie est réelle et sa capacité à réformer le « vieux » parti engageante. Entourée d’une jeune garde brillante Vincent Peillon, Manuel Valls, Delphine Batho, fidèle au président Mitterrand, elle incarne un courage politique nécessaire face aux tentations gauchistes et autoritaires de l’aile gauche du PS. Elle est arrivée en tête malgré les chausse-trappes et la haine recuite de ses camarades. C’est à nouveau son tour.

M’as-tu vu ? Episode 13

Dimanche 9 novembre 2008

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Lionel Jospin © DR

Il est prompt à prendre la plume pour donner des leçons à tout le monde sans jamais balayer devant sa porte. Le professeur Lionel Jospin, candidat désastreux aux élections présidentielles de 2002, syndic de faillite du Parti socialiste dans les mêmes années, soutenait pour les élections au premier Secrétariat du Parti socialiste la motion de Bertrand Delanoë et François Hollande avec le résultat que l’on connaît : 29,59 % pour les ségolénistes et les tenants régionaux de la « Ligne claire », 25,35% pour le maire de Paris, 24,39% pour la maire de Lille et un encourageant 19% pour les néo-gauchistes emmenés par Benoît Hamon. Au même moment que la défaite du dernier carré des jospiniens, on apprenait que l’ancien premier ministre n’avait pas pris part au vote, préférant un colloque à l’étranger. Etrange manière d’incarner la démocratie interne au Parti socialiste et d’inciter les militants à voter…

Le président Barack Hussein Obama !

Mercredi 5 novembre 2008

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M. Obama et sa fille Sasha © Reuters

Le discours de Barack Obama à Chicago après l’annonce de son élection.

M’as-tu vu ? Episode 12

Samedi 25 octobre 2008

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M. et Mme Dominique Strauss-Kahn © DR

« Nous nous aimons comme au premier jour ». Avec cette belle déclaration, Anne Sinclair est en droit de prétendre au Prix de l’humour politique après d’autres célèbres formules comme « Mitterrand avait Badinter pour le droit et Dumas pour le tordu », « Sarkozy fait tout, moi le reste » ou encore celle, légendaire, d’Edgar Faure : « Ce n’est la girouette qui tourne mais le vent ».
On ne reviendra pas sur cette misérable histoire de culottes dans les hautes sphères de la finance mondiale, on reste cependant stupéfait par la formidable opération de communication dans laquelle s’est lancé Anne Sinclair pour que son mari volage ne perde pas la face et son job solidement rémunéré. « L’Express » nous apprend que trois conseillers proches du communicant Stéphane Fouks ont été dépêchés à Washington dès la parution de l’article du « Wall Street Journal ». Avec le coureur de jupons multirécidiviste, ils ont préparé cette « blitzkrieg » en forme d’aller-retour de blog et d’excuses électroniques qui se termine par ces photos faussement volées du couple dans les rues de la capitale américaine. Un modèle du genre et un drôle de symptôme : celui d’une journaliste quittant le champ de l’information pour se laisser aller à la comédie de la communication émotionnelle. Edifiant.

Roberto Saviano : un Italien en danger

Jeudi 23 octobre 2008

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Roberto Saviano © DR

Il est l’auteur d’un livre important « Gomorra » (Gallimard) qui vient de recevoir à Francfort le prix 2008 de l’adaptation. Aujourd’hui l’Italien Roberto Saviano est menacé de mort par la mafia. « Pour la première fois de l’histoire de ce prix, nous avons décidé de récompenser non seulement le réalisateur, Matteo Garrone, mais aussi l’écrivain Roberto Saviano », ont indiqué les organisateurs dans un communiqué. Saviano, 29 ans, vit et souffre sous une protection policière permanente. Il a annoncé la semaine dernière qu’il envisageait de quitter l’Italie après l’annonce que le principal clan de la Camorra, les Casalesi, voulait le tuer avant Noël.

« Lettera alla mia terra », la lettre de Roberto Saviano publiée dans la Repubblica.

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