Archive de la catégorie ‘Politique’

M’as-tu vu ? Episode 43

Vendredi 2 octobre 2009

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© White House Photo.

Les Obama et Zapatero avec des membres de la famille Adams ? Non, juste les filles du couple Zapatero en pleine adolescence. En total look gothique, la belle affaire ! Une erreur du service de presse de la Maison blanche et les voici en une du quotidien de droite « El Mundo », malgré la demande de leur père aux médias de ne pas diffuser ces images. Le gouvernement Zapatero connaît actuellement des difficultés, les médias d’opposition en profitent et se scandalisent de la tenue « inappropriée » des adolescentes, âgées de 13 et 16 ans, pour rencontrer les Obama. On peut penser le contraire et voir dans cette image la bonne santé de la jeunesse espagnole, héritière d’une lointaine movida madrilène. Pourvu qu’elles soient libres, créatives, curieuses et heureuses pour ce merveilleux pied de nez aux conservateurs de tout poil ! On attend avec impatience la réponse de Malia et Sasha, les filles Obama, qui, elles aussi, peuvent désormais prétendre à pareille liberté !

M’as-tu vu ? Episode 42

Jeudi 1 octobre 2009

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Mmes Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy © Claude Gassian / Le Figaro Magazine

« Je vois en effet Carla régulièrement. On se téléphone assez souvent. Nous avons dîné cet été au Cap Nègre, très agréablement. Je la trouve très belle, élégante, tout en étant très simple, sobre. C’est une vraie artiste. Elle est très gaie, amusante. Elle apporte beaucoup au président dans cette vie stressante, cette course permanente contre la montre. Et puis, elle n’a rien abdiqué de ses convictions ni de sa personnalité. C’est le signe d’une belle intelligence et d’un grand caractère. »

Bernadette Chirac, interview dans Le Parisien, le 1er octobre 09.

M’as-tu vu ? Episode 41

Dimanche 27 septembre 2009

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François Mitterrand © DR

François Mitterrand croise des touristes français à Florence, les invite à sa table pour déguster le « meilleur chocolat du monde », et il écarte leurs remerciements d’un sourire : « Ne vous inquiétez pas, c’est avec votre argent… »

Anecdote citée par Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet dans leur livre « L’argent des politiques » (Albin Michel)

M’as-tu vu ? Episode 39

Dimanche 20 septembre 2009

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Miyuki Hatoyama © DR

Miyuki Hatoyama mange le soleil. Soit. Madame Hatoyama est aussi l’épouse du premier Premier ministre issu des rangs du Parti Démocrate après la longue suprématie des conservateurs japonais. Miyuki, si elle le permet, est encore une délicieuse sexagénaire excentrique qui fait la une des médias internationaux avec des histoires à dormir debout. Ancienne actrice, abonnée des plateaux de télévisions où elle livre ses conseils beauté, déco et gastronomie, elle se veut « compositrice de sa vie », jamais en reste d’un « voyage interplanétaire» ou d’un de ses fameux « petits déjeuners solaires ». Un micro se tend et la voici qui décrit ses festins : « Je mange le soleil, j’aime cela, miam, miam, miam… Cela me donne énormément d’énergie. Mon mari en prend aussi. » La nuit, près de Yukio, il lui arrive d’autres aventures extra-sensorielles : « Tandis que mon corps dormait, mon âme a été propulsée sur Vénus. C’est un endroit très beau, et très vert »… Pour elle, « les rêves deviennent réalité si vous y croyez vraiment ». La preuve, elle a même croisé Tom Cruise lors d’une virée intergalactique. Pas de doute, « il était japonais dans une vie antérieure ». Notre nouvelle sorcière bien aimée…

Quand le Byzantin se souvient du Florentin

Dimanche 20 septembre 2009

On lui connaît une ironie mordante quoiqu’on ne partage pas ses options politiques. Mais, depuis quelques mois, Edouard Balladur, parlementaire en noble retraite, parle avec une liberté qui intéresse. Dégagé des contingences politiciennes, il fait dans les commissions que lui confie le trépidant Sarkozy œuvre de sagesse avec une faconde propre à sa naissance byzantine qui lui va bien. En cette rentrée, de nouveau, il prend la plume pour conter sa cohabitation avec François Mitterrand, témoin de première vue de la fin de carrière du sphinx présidentiel. « Le Figaro Magazine » en livre dans sa dernière édition les bonnes feuilles, où l’ancien Premier ministre dit tout de l’homme malade, acculé aux révélations sur son passé vichyste et sa double famille, pointe sa méchanceté et sa délectation pour le combat politicien. Il raconte encore comment le Président l’encourage puis n’a de cesse de le faire chuter, ne manquant rien du duel l’opposant à son « ami de trente ans » Jacques Chirac. Un petit trésor de cruauté à lire en attendant les Mémoires du Président Chirac à paraître chez Nicole Lattès en novembre prochain.

Edouard Balladur, Le pouvoir ne se partage pas (Conversations avec François Mitterrand), Fayard.

M’as-tu vu ? Episode 38

Dimanche 20 septembre 2009

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Le président Nicolas Sarkozy et Robert Bourgi © DR

Quelle lutte en barbouzie a fait sortir ces dernières semaines Robert Bourgi du bois francafricain. Portrait en dernière page de Libération, dans Le Monde, interview maladroite au micro de Jean-Michel Apathie sur RTL. Trafic d’influence au moment de l’accession au pouvoir de la nouvelle génération Bongo entre l’homme qui se dit ami du Président Nicolas Sarkozy, le Quai d’Orsay de son ennemi Bernard Kouchner et la cellule africaine de l’Elysée, dirigée par Bruno Joubert ? Il y a là un agenda secret que sans doute nous ne sommes pas capables de saisir, mais il n’empêche que sa présence jette le trouble sur les relations déjà sombres entre la France et l’Afrique. L’avocat Bourgui qui rappelle à l’envi le conseil de son parrain Jacques Foccart « En Afrique, reste à l’ombre, tu n’attraperas de coup de soleil » parle. Et beaucoup : la nouvelle aux médias français de la mort de « Papa » Bongo – le président gabonais lui donnait du « fiston » -, l’éviction de Jean-Marie Bockel du Secrétariat d’Etat à la Coopération, le conseil du nouveau ministre Joyandet et de Claude Guéant à l’Elysée, c’est lui, les contacts entre le fils du président Wade et le ministre Hortefeux, toujours lui, les négociations autour des ports africains administrés par Vincent Bolloré, pas de doute, il est passé par là. Il a encore cette phrase : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgui, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra ». Subliminale forcément subliminale.

Les métamorphoses du génial Simon Starling

Samedi 19 septembre 2009

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© Simon Starling

Le communiqué du Mac Val l’annonce comme « l’un des artistes britanniques les plus audacieux de la scène internationale ». Le rendez-vous avec Simon Starling ne peut se manquer sous aucune prétexte. « Avec un double projet, qui s’étend du MAC/VAL à Vitry-sur-Seine au centre d’art du Parc Saint- Léger, le lauréat 2005 du Turner Prize conçoit, en deux volets, sa première grande exposition monographique en France. Profitant des deux espaces, il poursuit un travail centré sur les transformations, les métamorphoses, créant de nouvelles circulations, du matériau à l’objet et de la substance à la forme, ou encore d’un lieu à l’autre. Simon Starling, passé maître dans l’art de la ré-interprétation, livre en toile de fond une nouvelle analyse de notre société, en pointant les conséquences écologiques, économiques et culturelles des phénomènes de déplacements induits par la mondialisation. » On y revient vite, une fois l’expo vue !

Simon Starling, Thereherethenthere, (1997 – 2009), Mac Val, Vitry-sur-Seine, jusqu’au 27 décembre 2009

M’as-tu vu ? Episode 37

Samedi 19 septembre 2009

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Martine Aubry et Ségolène Royal à La Rochelle © Mahé / Reuters

Il fallait lire cette image d’une autre façon que la lecture qui en fut donnée lors de l’Université du Parti Socialiste à la Rochelle. Il y avait deux femmes, il persistait une haine féroce entre deux, encore loin d’une paix armée. Ces feux mal éteints se sont ravivés par la publication d’un livre sur la fraude électorale au PS. L’harmonie explosée, on se demande bien si cette gauche-là a un avenir et désire même en avoir un…

M’as-tu vu ? Episode 34

Vendredi 21 août 2009

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Bill Clinton en Corée du Nord. © Reuters /KCNA

Et le voici de nouveau, l’éternel come-back boy ! Les médias du monde entier ont ainsi salué le retour de Bill Clinton sur la scène internationale à l’occasion des négociations pour la libération des deux journalistes américaines Laura Ling et Euna Lee par Kim Jong-il. L’infâme tyran de Pyongyang avait demandé au secrétariat d’Etat sa venue, il est venu, les journalistes sont libérées moins de vingt heures après son arrivée. S’invente ainsi une diplomatie américaine à trois têtes, Barack Obama en première ligne, fixant les contours d’une nouvelle ère post-Bush, secondée par les époux Clinton, comme au bon vieux temps de leur Maison Blanche et de la sévère Madeleine Allbright. On pourrait crier au scandale, à la diplomatie parallèle, mais que voulez-vous, Bill Clinton apparaît et les caméras se tournent vers lui, simple, direct, décontracté et charmeur, sans qu’Obama ou Hillary y puissent quelque chose. Faisant campagne pour son épouse lors des primaires démocrates, il avait prévenu : c’était « Deux Clinton pour le prix d’un » !

Qui connaît monsieur Bockel ?

Vendredi 21 août 2009

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Jean-Marie Bockel © DR

Il était une figure reconnue du Parti Socialiste, maire de Mulhouse, tenant de l’aile libérale de premier parti de gauche. Il n’en pouvait plus de ne pas être entendu, considéré à sa juste valeur. Après un flirt avec Nicolas Sarkozy, il a accepté le baiser de l’ouverture. Sa voix contre de jolies gambettes comme la petite sirène du conte d’Andersen et la possibilité enfin de courir vers le succès de ses idées ? Rien, à la différence du populaire Bernard Kouchner réalisant son rêve (ministre des affaires étrangères, tu te rends compte, Christine !) ou d’Eric Besson traître majuscule, Jean-Marie Bockel n’a eu rien en échange de son passage à droite. Des peaux de banane, tout juste : un secrétariat d’Etat à la Coopération, où il s’imaginait libre de ses paroles, pourtant vite rattrapé par la réalité de francafrique, un secrétariat d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, où il est difficile de faire entendre son goût pour les dossiers économiques et politiques et désormais – il est de tous les remaniements – un secrétariat sans affectation auprès de la Garde des Sceaux, ministre d’Etat. Il pensait être sous-ministre des prisons, un dossier cher au président, Michèle Alliot-Marie, femme de tête et vieux routier des gouvernements (elle est ministre depuis 8 ans !), ne lui a rien lâché. Il le concède dans un entretien hier au Figaro : « Quand j’ai été nommé place Vendôme, il m’a falllu trouver mes marques. Je pensais avoir des attributions que je n’ai finalement pas. Je fais avec beaucoup de plaisir ce que ma ministre de tutelle me demande de faire, et je compte être présent sur tous les sujets car je n’ai pas d’attributions limitatives »…
Pour passer le temps, il a crée un parti, La gauche moderne, 1500 adhérents au compteur, deux députés européens en cadeau mais là encore, Jean-Marie Bockel doit avaler toutes les couleuvres. La plus grosse, cet été, est l’arrivée de souverainiste Philippe de Villiers au sein du comité de liaison de la majorité, machine à gagner les élections régionales, dirigée avec doigté par le sénateur marseillais Jean-Claude Gaudin. Apprenant le ralliement du MPF (et des chasseurs) à l’UMP, Jean-Marie Bockel avait promis une explication « virile ». Las, il a suffi que Gaudin et Besson sortent du bois et traitent par l’ironie le pauvre monsieur Bockel lors du passage de la caravane UMP à Marseille pour que le même rentre dans le rang. Plus question de montrer ses muscles, il veut « continuer à travailler de manière positive en réfléchissant à une plate-forme dans laquelle chacune des composantes de la majorité pourra se retrouver… ». On le plaint…

Entretien avec Anne Rovan, Le Figaro, 20 août 2009.

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