Archive de la catégorie ‘Photographie’

Erwin Olaf : arrêts sur des images en vogue

Samedi 14 mars 2009

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Troy © Erwin Olaf

Il affole ces jours-ci les rédacteurs et rédactrices de mode russes en plein fashion week. Le city-guide moscovite « Where » le tient déjà pour un très grand. Ses images entre mode et art sont exposées dans le cadre du Moscow International Festival Fashion and Style in Photography 2009 à la Moscow House of photography jusqu’au 26 mai. Pour les Français,  rendez-vous en mai à Paris à l’Institut néerlandais pour découvrir le singulier photographe et vidéaste Erwin Olaf et ses séries « arrêtées » dont les désormais célèbres Grief, Fall, Rain, Hope… Cette première grande exposition monographique consacrée à Erwin Olaf en France réunit les photographies de ces nouvelles séries mais aussi les films réalisés dans ce cadre. A ne pas manquer !

Erwin Olaf, Rain, Hope, Grief & Fall, Institut néerlandais, du 14 mai au 5 juillet 2009.

Le site du studio Erwin Olaf

Les hallucinations héroïques de Pieter Hugo

Samedi 28 février 2009

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Pieter Hugo, Mr Enblo. Enugu, Nigeria, 2008 © Michael Stevenson Gallery

On avait quitté, émerveillé, les hyènes et leurs dompteurs photographiés par Pieter Hugo. On le retrouve dans les nouveaux locaux de la Michael Stevenson Gallery à Cape Town. L’espace, dans le nouveau quartier branché de Woodstock, est remarquable, vaste, aéré, lumineux. On est cependant un peu décontenancé par la nouvelle proposition photographique du Sud-africain. Rendant hommage à Nollywood, haut-lieu de tournage de nanards africains qui inondent les derniers écrans de cinéma du continent, Pieter Hugo photographie des comédiens, les affuble de costumes rappelant des héros connus, puis les place dans des univers de désolation. On voudrait y croire, se laisser embarqué dans cette fantasmagorie très vaudou mais tout ce fatras de chairs meurtries, de viandes saignantes et de personnages hallucinés lasse et devient artificiel. On passe d’une image à l’autre, sans qu’un récit ne s’impose, juste des poses chahutées et sophistiquées. Dommage !

Michael Stevenson Gallery, Buchanan Building, 160 Sir Lowry Road, Woodstock, 7925, Cape Town

Portrait Prize 08 : l’invention du monde

Lundi 2 février 2009

Londres toujours, mais juste pour 24 heures chrono. Alors, il faut faire des choix et s’il n’y a du temps que pour une seule exposition, privilégier la National Portrait Gallery qui, aux côtés de l’exposition d’Annie Leibovitz « Une vie de photographe » déjà vue à Paris, propose l’annuel « The Taylor Wessing Photographic Portrait Prize 2008″ qui présente pêle-mêle le travail d’étudiants, d’amateurs ou de professionnels et consacre chaque année cinq photographes de portrait parmi 2500 candidats et 6 700 images proposées à la sélection d’un jury de première main. Si la sélection semblait cette année moins puissante que celle de l’an passé, ce sont tout de même près d’une cinquantaine de portraits « short-listés » et autant de regard comme un tour du monde contemporain, tel qu’il se fait, tel qu’il se vit d’Inde aux Etats-Unis, du Mozambique à l’Ukraine. Du noir en blanc en couleurs, l’invention du monde…

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Bag (detail), 2007 © Hendrik Kerstens / Courtesy of Witzenhausen Gallery

The Taylor Wessing Photographic Portrait Prize 2008, National Portrait Gallery, jusqu’au 15 février 2009

A la Fondation HCB, Guy Tillim manque d’air

Mardi 27 janvier 2009

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Johannesbourg © Guy Tillim – Michael Stevenson Gallery

Quel plaisir de retrouver Guy Tillim, découvert aux Rencontres africaines de la photographie de Bamako, retrouvé à Cape Town à la galerie Michael Stevenson. Le photographe sud africain est un des talents les plus intéressants de la photographie africaine contemporaine et la Fondation Henri Cartier-Bresson accroche sur ses murs étroits deux pans emblématiques de son travail documentaire. Au premier étage, des photographies saisissantes de la vie des townships de Johannesbourg, où la violence urbaine et l’exclusion rivalisent avec une humanité sans repères. La seconde exposition, présentée pour la première fois en Europe, intitulée « Avenue Patrice Lumumba », est une errance photographique dans une Afrique-fantôme, malade de ses frêles démocraties. Etrangement, la juxtaposition de ces deux expositions convainc moins, trop austère, trop pessimiste – ne laissant aucune place à l’espoir. Peut-être manque-t-elles d’air, les images collées les unes aux autres ne laissant aucun répit dans cette vision trop sombre d’une Afrique abandonnée…

Guy Tillim, Fondation Henri Cartier-Bresson, jusqu’au 19 avril 2009

La horde sauvage de Nan Goldin

Jeudi 8 janvier 2009

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Wild horses © Nan Goldin / Dior Homme

Kris van Assche, la jeune recrue de la maison Dior, chargée de prolonger l’instant Slimane, a confié lors d’un défilé au début de l’été, ses jeunes modèles à la désormais parisienne Nan Goldin. Le résultat : une série attachante de jeunes sud américains vigoureux s’ébrouant dans un jardin parisien que l’on a pu découvrir à Tokyo et dans quelques magazines de mode très lancés. Sens du flou, plastique parfaite, un travail intéressant à rapprocher des publicités que la photographe avait réalisées pour les transports en commun de la banlieue parisienne.

M. Bourouissa : des images sous tension

Dimanche 16 novembre 2008

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© Mohamed Bourouissa

La galerie du Château d’Eau à Toulouse l’a découvert au printemps dernier. Ses images de banlieues, et surtout de leurs habitants, font l’événement du Mois de la photo à Paris. Mohamed Bourouissa « documente » les quartiers dits « sensibles » (La Courneuve, Pantin, Argenteuil) avec un oeil acéré. Descente de policiers dans un appartement, sculptures de télévisions fracassées, confrontations de garçons et de filles d’aujourd’hui : toutes ses images semblent sous haute tension et cette électricité nous plaît. Un regard nouveau apparaît sans misérabilisme, au plus près d’un quotidien souvent fantasmé par les médias, au plus brut de codes inconnus.

Périphéries, Mohamed Bourouissa, Galerie Les Filles du calvaire, Paris 3, jusqu’au 22 novembre 2008.

Les tables tournantes de Wolfgang Tillmans

Jeudi 23 octobre 2008

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© Wolfgang Tillmans

Nous avions abandonné Wolfgang Tillmans à Berlin cet été, un peu hébété par cette rétrospective monstre et terriblement déçu que ces derniers travaux quitte un époustouflant naturalisme « brito-germanique » pour des recherches formelles loin de son paysafge d’amitiés que nous aimions tant. Il réapparaît encore pour quelques jours à Paris à la galerie Chantal Crousel pour une exposition de travaux récents qui nous ravit. Tout simplement parce que le photographe allemand, lauréat du Turner Prize en 2000, renoue avec ses affinités électives. Quel grand bonheur alors de retrouver ce militant homosexuel, écolo-sensible, critique face à la spéculation financière. Des lieux communs, vous allez me dire ? Non. Wolfgang Tillmans, par un dispositif ingénieux de « tables tournantes », dressées de photographies, de mails et de coupures de presse, nous engage dans sa réflexion et dans ses combats. Et difficile de ne pas se sentir chez soi chez lui.

Wolfgang Tillmans, Strings, Galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, Paris 3, jusqu’au 25 octobre 2008.

L’étoffe des héros par Steve Schapiro

Dimanche 7 septembre 2008

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Jackie Kennedy © Steve Schapiro

Robert Kennedy, Martin Luther King Jr., Samuel Beckett, Ray Charles, Barbra Streisand, Truman Capote… comme un panthéon photographique en noir et blanc. Un pas de côté pour observer l’Amérique mythique post-JFK. La galerie Thierry Marlat exposait ces jours-ci les photographies de l’américain Steve Schapiro (né en 1936), observateur scrupuleux des turbulentes années 60 – celle de la factory d’Andy Warhol, des campagnes électorales des Kennedy, des livres de James Baldwin ou des combats de Muhammad Ali. De magnifiques images, exposées dans le monde entier et rassemblées aujourd’hui dans un livre « Heroes ».

Steve Schapiro, Heros, Powerhousebooks, 50$. En vente sur le site Internet www.powerhousebooks.com.

Weegee : les gens de New York

Vendredi 15 août 2008

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© DR

Weegee, toujours… Le photographe new-yorkais Arthur Fellig, plus connu sous le pseudonyme de Weegee (1899 – 1968), fait des siennes à Montpellier. Les clichés de la collection Auer sont rassemblés pour une impressionnante virée dans le New-York du milieu du siècle dernier. Photographe indépendant travaillant pour Herald Tribune, The Daily Mirror, New York Daily News, Life, Vogue, Sun, Weegee est le premier et seul photographe à avoir le privilège d’être branché sur la radio de la police. Ce dispositif lui permet d’arriver sur les lieux de crimes, d’accidents, d’incendies, de suicides, en même temps que les policiers, voire avant eux. Scènes de crime, pauvreté des sans grades vaincus par la crise de 1929, alcooliques en goguette ou déjà tombés dans la nuit de Brooklyn, dames très chics saisis à quelques minutes d’une première d’opéra, incendies de buildings, foule en liesse sur les plages de Coney Island, enfants endormis dans les escaliers par des nuits trop chaudes, animaux des cirques, dans sa boulimie, le photographe est de tous les instants. Une nouvelle rétrospective, oui, mais, impossible de se lasser de ces images qui participent de notre fascination pour New York, cette ville qui comme Weegee ne dorme jamais !

Weegee, the famous Collection M+M Auer, Pavillon populaire, esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier, jusqu’au 14 septembre. Entrée libre

Le monde selon Terry Richardson

Lundi 4 août 2008

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© Terry Richardson

Bien sûr, il n’est pas notre photographe préféré : cette part trop grande de vulgarité le pousse loin de nous. Mais à feuilleter son « Terryworld » qui paraît chez jours-ci chez Taschen pour la modique somme de 14,99 euros, on se réconcilie avec ce photographe du sexe et des outrances. Proche de Kate Moss, trash à n’en point douter, baiseur de première et pornographe de toutes les audaces, Terry Richardson photographie un monde bien à lui, se déguise, se met en scène si possible dans le plus simple appareil et détourne quelques mythes pour les sexualiser comme ce baiser torride entre Batman et son fidèle Robin. Sexes en érection, chattes grandes ouvertes, slips aux auréoles suspectes, nibards XXL et gros culs, tatouages et foutre, il ose tout avec le sourire d’un diable qui doit cacher bien des dépressions… On peut trouver cela parfaitement dépravé ou en rire une bonne fois pour toutes !

« Terryworld » par Terry Richardson, Editions Taschen.

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