Archive de la catégorie ‘Mondanites’

Julien Doré, l’erstaz de convoitise

Jeudi 3 juillet 2008

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Julien Doré © L’Express Style

Qu’y a-t-il à retenir de l’album tant attendu de Julien Doré ? Pas grand chose. Beaucoup de bruit, de pose et d’encre pour rien. Un peu de talent, encore de l’humour pour emballer une production à la hauteur des enjeux économiques, bien sûr. Pourtant, les chansons se fanent les unes derrières les autres. Des notes de déjà entendu, tellement désinvoltes, calculées au millimètre près du bon goût qu’on en reste sur sa faim. Désolé, le garçon a du charme, une race et de jolis refrains mais tout cela tourne à vide comme ses portraits de papiers glacés où il sert de porte-manteau à tout ce que la France compte de créateurs mode…

Son excellence monsieur mon voisin

Jeudi 3 juillet 2008

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André Manoukian © Paris Première

Combien connaissons-nous d’André Manoukian ? L’homme de divertissement à la télévision ? Le pianiste pédagogue ? Le ping-pongiste amusant de Libération ? Le mélodiste astucieux des rares et belles chansons de Liane Foly avant qu’elle ne sombre dans la variété de baloche ? L’auteur d’une maladroite « Mécanique des fluides » aux Editions Michel Lafon ? Mon voisin, admirateur secret de Christian Oster, Gilles Deleuze et Jean-Philippe Toussaint ? Il en apparaît aujourd’hui un nouveau. Ou est-ce simplement une bienheureuse réapparition ? André Manoukian sort ces jours-ci un album instrumental, classé dans les bacs au rayon jazz. Son titre ? Inkala. Douze variations mélodieuses et easy listening sur des thèmes arméniens traditionnels arrangés par Manoukian qui retrouve ici ses premières amours de pianiste. Cela sonne juste, cela sonne bien dans la simplicité d’une soirée d’été.

Inkala, André Manoukian, 2008 (EMI)

Stiletto Homme spécial Israël

Mardi 24 juin 2008

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Eytan Fox et Gal Uchovsky © DR

Au-delà du seul et multi-traduit guide Lonely Planet aux mains de tous les touristes, la dernière livraison de Stiletto Homme, le magazine upper posh de Laurence Benaïm, ancienne journaliste au Monde et biographe autorisée d’Yves Saint Laurent, propose une sélection pointue de lieux et d’artistes israéliens (Eytan Fox, Ron Arad, Amos Oz, Amos Gitaï, Adi Nes). Une excellente entrée en voyage et un guide alternatif pour tous ceux que les chawarma dégoulinants ne mettent guère en appétit…

www.stiletto.fr

Karl Lagerfeld, dame patronnesse

Vendredi 20 juin 2008

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© Prévention routière

On avait laissé Karl Lagerfeld flambant, inspiré et d’une délicieuse méchanceté dans le film bien trop sage de Rodolphe Marconi « Lagerfeld confidentiel » qui sort ces jours-ci en DVD. Voyage de jet entre Paris et New-York, garçons alanguis sous le faux prétexte de photographie de mode, donzelles enamourées du maître, prêtes à tous les sacrifices de personnalité pour se maintenir à ses ciseaux, homme inaccessible et volontairement seul, beau jeune homme de compagnie à qui l’on donne du monsieur, personnel attentif et intimidé, grimaces de la douairière de Monaco, blagues vulgaires juste admissibles dans la haute, il arrive même que le tailleur allemand dont les rêves ravissent les frères Wertheimer enlève ses lunettes… A longueur d’entretiens vachards, Karl Lagerfeld fustige le politiquement correct et les bonnes âmes. Un vrai sacerdoce, semble-t-il. Alors pourquoi se transformer le temps de cette campagne pour la Prévention routière en dame patronnesse ? A son tour, Karl, en pleine contradiction, rêverait-il d’être aimé ?

Lagerfeld Confidentiel, de Rodolphe Marconi, en DVD.

Tout le plaisir était pour moi…

Vendredi 20 juin 2008

Je courais. Dans les rues de Toulouse, à la recherche de quelques valises égarées dans un grand hôtel. Ma course s’arrêta devant lui. Parce qu’il convenait de le saluer. Jean d’Ormesson traversait la place Wilson aux bras de sa fille Héloïse. Et déjà, il riait, ravi que nous nous rencontrions enfin. Après tant de messages au téléphone pour préparer sa lecture au Marathon des mots. Ensemble, nous avions choisi ses carnets de voyage vénitiens. A cela, j’avais ajouté quelques pages sur l’écriture, son amour du soleil et le plaisir à profiter de l’existence, et, par la même, redécouvert une plume joyeuse.
Le lendemain, à peine une heure avant le déjeuner, je me proposais de le rejoindre avec quelques autres invités. Il voulait manger un cassoulet. Un ami lui avait conseillé les restaurants du marché Victor Hugo. Nous nous retrouvions au Louchebem. Au premier étage du marché toulousain, c’est une foule joyeuse et familiale qui se sustante : foie gras de tradition ancestrale, pièces de bœuf de premier choix, cassoulet, Tariquet et crème catalane remplissent les estomacs.
Au centre de la tablée, Jean d’Ormesson est heureux, sautille, se marre, nous étourdit de citations, pique ses collègues écrivains ou académiciens, donne un compliment à une actrice et salue élégamment tous les personnes qui viennent le saluer, lui demander une dédicace. Il est populaire, le sait et s’en amuse. A ses dires, ce seraient Laurent Gerra, Fonelle et Julien Doré qui lui auraient offert ce regain de popularité, lui l’écrivain, ancien patron du Figaro, qui aurait du comme tant d’autres sombrer avec les années dans l’anonymat. Qui se souvient de Roger Caillois ? me demande-t-il, bien conscient de sa chance… Nous en rions comme des chenapans, parlons encore de quelques écrivains, des prochains candidats à l’Académie et de sa dernière visite au président François Mitterrand avant que ce dernier ne quitte quelques minutes plus tard l’Elysée. En sortant du palais présidentiel, le public l’interrogeait : « Vous êtes venu pour Chirac ? ». Lui répondait, hilare : « non pour Mitterrand ! »
Deux belles heures ont passé. Il a maintenant un rendez-vous improvisé à l’instant avec une écrivain installée à Toulouse. Son oeil bleu oxford brille de la belle complicité qu’il entretient avec elle. Encore des photographies, encore des mains serrées. On se quitte, on s’embrasse…
Le lendemain, un message au téléphone : « Monsieur Serge Roué, c’est Jean d’Ormesson. Je voulais vous remercier. Vous avez merveilleux, je vous suis très reconnaissant. J’ai passé grâce à vous des heures délicieuses à Toulouse. Et je m’en serai voulu de ne pas vous dire ma gratitude. J’essaye de vous rappeler mais je voulais dès à présent vous remercier. Bonne chance à vous, à bientôt, au revoir. » Tout le plaisir était pour moi, cher Jean d’Ormesson.

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Jean d’Ormesson © Le Figaro

Pierre Bergé, le compagnon de longue date

Jeudi 19 juin 2008

Qu’on me pardonne d’y revenir encore, mais la photographie est ces jours-ci dans plusieurs magazines et me touche au point d’avoir envie de la signaler. Pierre Bergé, entouré de quelques intimes (Jack Lang, Claire Chazal) et proches collaborateurs d’Yves Saint Laurent venus en avion privé de Paris, a dispersé ses cendres dans le jardin Majorelle de leur villa de Marrakech. La sépulture est des plus simples : une colonne romaine, attaquée par le temps, au milieu des palmiers. Une inscription : Yves Saint Laurent / Couturier français / Oran 01 08 1936 / Paris 01 06 2008. Pour l’occasion, Pierre Bergé pose assis sur le bord de la stèle funéraire couverte de roses blanches. Il a le costume impeccable et les traits tirés. On devine la tristesse infinie du compagnon de longue date. Les mots de son discours d’adieu au grand couturier en l’Eglise Saint-Roch résonnent encore à nos oreilles. Avec lui, on pleurerait encore.

Lire le texte intégral de l’hommage de Pierre Bergé à Yves Saint Laurent.

Un extrait vidéo de l’hommage de Pierre Bergé sur LCI

YSL : « C’est la mer allée avec le soleil… »

Vendredi 6 juin 2008

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Catherine Deneuve © Reuters

« Voilà, Yves, ce que je voulais te dire. Il va falloir se quitter maintenant et je ne sais comment le faire. Parce que je ne te quitterai jamais – nous sommes nous jamais quittés? – même si je sais que nous ne regarderons plus le soleil se coucher derrière les jardins de l’Aguedal, que nous ne partagerons plus d’émotion devant un tableau ou un objet d’art. Oui, tout cela je le sais, mais je sais aussi que je n’oublierai jamais ce que je te dois et qu’un jour, j’irai te rejoindre sous les palmiers marocains. Pour te quitter, Yves, je veux te dire mon admiration, mon profond respect et mon amour. » Pierre Bergé

Je le confesse volontiers. Entre mille choses à faire, j’ai passé la journée le nez collé aux photographies des obsèques d’Yves Saint Laurent hier en l’église Saint-Roch. Happé par le défilé des personnalités en couverture de nombreux journaux : imposante tribune en une du Herald Tribune, abandon total de Pierre Bergé à la tristesse, dignité de Mme Sarkozy tandis que Mme Chirac tenait, à la tradition, son rang. La mère et la soeur de Monsieur ; les muses, les académiciens, les financiers, les ministres de la Culture rangés par deux Betty Catroux, Loulou de la Falaise, Inès de la Fressange, Laetitia Casta, Farah Diba, Farida Kelfa, Angelo Rinaldi, Erik Orsenna, François Pinault, Bernard Arnault, Renaud Donnedieu de Vabres, Christine Albanel, les gens de couture Rykiel mère et fille, Valentino, Givenchy, Kenzo, les héritiers Gaultier, Galliano, Lacroix, Pilati, Elbaz et quelques amis encore, de proche ou de longue date, Claire Chazal, M. et Mme Bernard-Henri Lévy…
De la « Chanson des vieux amants », du parfum des lys et des jasmins à la présence des autorités du Maroc – djellabah de nacre et petit chapeau rouge – où les cendres d’Yves Saint Laurent seront jetés en jardins de Majorelle, rien ne nous fut caché de la cérémonie. Sauf peut-être l’émotion éperdue de Catherine Deneuve. Arrivée les bras chargés de verts épis de blés, le visage des temps sévères et de la tristesse, elle s’avançait, seule, parmi les premiers invités et gagnait une place tout près du cercueil du couturier recouvert d’un tissu jaune piqué lui aussi d’épis, laissant la rue et son brouhaha d’anonymes massés en foule sentimentale au pied de l’Eglise.
Pour lui, elle dit quelques lignes de Walt Whitman, tirées de « Feuilles d’herbe » que beaucoup d’articles retiennent en serment d’amitié éternelle : « Quant à toi, mort, il est vain d’essayer de m’effrayer »… Je pensais, moi, davantage aux mots de Rimbaud : « Elle est retrouvée / Quoi ? L’Eternité / C’est la mer allée avec le soleil ».

Un extrait vidéo de l’hommage de Pierre Bergé sur LCI

François Léotard : souvenirs ministériels

Samedi 15 mars 2008

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François Léotard chez lui dans le Var © Ceccarini / Le Figaro.

Il n’y a qu’au retour de l’inauguration du Salon du livre de Paris que l’on peut voir Noëlle Châtelet et Jean-Noël Jeanneney bras dessus bras dessous dans le métro, seule solution commode pour trouver son chemin vers le centre de Paris ! A chacun ses discussions. Pour eux, il était question de décoration qui « ne se demande pas, ne se refuse pas mais ne se porte pas !  »
Merveilleuse folie comme dirait Matthieu Galley dont j’évoquai le souvenir avec François Dufay, nouveau patron des pages littéraires de l’Express, qui lui a consacré une formidable émission sur France Culture le mois dernier.
Cinq heures de mondanités littéraires, toujours charmantes comme des retrouvailles alors que vous avez passé le plus clair de vos semaines avec ces mêmes personnes, mais Paris est ainsi fait, et personne du « milieu » ne manquerait cette transhumance vers la Porte de Versailles. Sur le stand Grasset, envahi par les admirateurs des frères Bogdanoff de notre enfance, François Léotard était très sollicité. Il publie ces jours une charge contre le président Sarkozy. Le titre en dit long : « Ca va mal finir ». Je me fraye un chemin, on me présente à l’ancien ministre de la Défense de François Mitterrand. Je lui dit une certaine admiration pour la qualité de ses jugements et ma curiosité pour sa relation avec le président défunt. Alors, il s’attarde et nous parlons : le plaisir de retrouver François Mitterrand pour de longues conversations à l’avant de l’avion officiel, les entretiens du lundi portant sur les affaires militaires, puis sur tout et plus encore, et la maladie du Président enfin dont il constate, effrayé, qu’elle rend de plus en plus difficile la clairvoyance du Président lors des conseils des ministres, des anecdotes encore sur son passage au ministère de la Culture, Edouard Balladur, ministre d’Etat, refusant la construction du Grand Louvre et de la Pyramide. Il lui fallut plaider sa cause auprès de Jacques Chirac, alors premier ministre et maire de Paris, pour que les grands chantiers aboutissent, faisant donner les marteaux-piqueurs la nuit pour ne rien perturber les journées du ministre de l’Economie et des finances. Après toutes ces belles années, pourquoi ne pas revenir ? François Léotard parle de son frère, Philippe, de ses soucis de santé et d’un appétit disparu. Il est humain, lucide, beau comme un lion blessé. Belle rencontre.

Ca va mal finir François Léotard, Grasset.

GQ belle gueule !

Vendredi 22 février 2008

Masculin, beau et intelligent ! La publicité, accrochée à tous les kiosques parisiens, laissait dubitatif. Le pari d’une version française du masculin QG paraissait difficile à tenter tant l‘« anglo-saxon touch » du mensuel semblait une marque déposée des éditions américaines et anglaises… Enfin, un masculin pas fondamentalement gay, pas complètement hétéro-plouc, offrant des dressings abordables, des articles moquant nos fashion-attitudes, des sommaires truffés de bons sujets !
Alors, on voyait mal Anne Boulay, l’ancienne rédactrice de l’insupportable « Air France Madame » et sans doute des plus mauvaises et surfaites pages « mode » du Nouvel Observateur (pire encore que les tentations de la Righini) y parvenir. Avouons, stupéfait, que le premier numéro tient la route. Signé de bons pigistes, épaulés par quelques anciens de Libération dont le rédacteur en chef, Emmanuel Poncet, ce french GQ a de l’allure : interview Beigebder / Bayrou qu’on lit de bout en bout, dossier sur les connivences sentimentales du microscosme politico-médiatique, pages culturelles en bonne forme. Ce premier numéro a été tiré à 450 000 exemplaires, nul doute que vous en trouverez un en vente près de chez vous !

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Meilleurs voeux !

Mardi 1 janvier 2008

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Mr and Mrs Clark and Percy, 1970 © David Hockney.

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