Archive de la catégorie ‘Litterature’

Le survivant

Dimanche 2 décembre 2007

1er décembre. Journée mondiale de lutte contre le sida. La galeriste Agathe Gaillard reçoit quelques figures de la Guibertie pour la création de « Cytomégalovirus », une composition sonore de Matthieu Combetteg, d’après le récit d’Hervé Guibert.. On y retrouve Christine Guibert, Pierre Remer – l’un des deux enfants du « Voyage avec deux enfants », Maureen Mazureck – la monteuse du film « La pudeur ou l’impudeur », Christophe Girard et quelques autres, entrés en religion. Beaucoup d’absents qui désormais ne daignent plus se déplacer… Pour l’occasion, on dévoile aussi trois portraits fiévreux de Guibert par Carlos Freire. Une composition sonore ? Soit des extraits de ce « Journal d’hospitalisation » dits par Christine Guibert, d’une voix qui n’est pas sans rappeler, par certains accents, celle de Guibert lisant ses propres textes, dans un tonnerre de sons magnétiques et de chants d’oiseaux. Un projet sensible et sans doute amoureux qui sert les mots de Guibert, son écriture sèche, sa drôlerie face à l’adversité du début de sa lente agonie.
Une cinquantaine de personnes s’assoit en tailleur, tête baissée, inspirés, dans le noir sur les deux niveaux de la petite galerie de la rue du pont Louis-Philippe. De l’extérieur, cela devait avoir des allures de secte ! Au bout d’une vingtaine de minutes, une jeune femme rallume la lumière et alors ce ne sont que les yeux embués de Philippe Mezescaze que l’on remarque. Le premier amour de Guibert. Celui de la Rochelle, jamais vraiment perdu de vue et toujours fidèle à la mémoire du jeune Hervé, rencontré à 15 ans, avant tous les autres… Christine, Thierry, Sophie Calle, Patrice Chéreau, Mathieu Lindon, Hans Georg Berger, Eugène Savitzkaya, Claire Devarrieux ou Yvonne Baby. On pense à la dernière phrase du « Mausolée des amants » qui aurait pu terriblement clore cette représentation : « T. a pleuré dans mes bras, sur mon lit, c’était pire que la suffocation que j’aie eue à l’endroit du cœur après qu’on m’a troué un poumon avec une seringue. »
Philippe Mezescaze a déjà passé la porte. Sur le trottoir, en partant, on aperçoit au loin, rue de Rivoli, son béret noir et gris, déjà perdu dans la foule.

Voyage avec deux enfants, Hervé Guibert, Minuit, 1982
Cytomégalovirus, Journal d’hospitalisation, Hervé Guibert, Le Seuil, 1990
Le mausolée des amants, Hervé Guibert, Gallimard, 2001
De l’eau glacée contre les miroirs, Philippe Mezescaze, Editions du Rocher, 2007

Réclame

Mardi 27 novembre 2007

Une belle librairie déménage de la rue de Saintonge à la rue de Bretagne. Comme un roman, l’affaire de Xavier, lui volontiers discret, et Karine Henry, qui court, elle, plus souvent les plateaux de télévision pour dire ses enthousiasmes passionnés pour quelques écrivains d’aujourd’hui. Bois clair, ciment au sol, lumières tamisées, choix futés et conseils avisés. Une librairie toute neuve, à deux pas du Marché des enfants rouges (Paris 3). On y va ? On y va !

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