Archive de la catégorie ‘Chansons’

Les petits riens, le blues de Stacey Kent

Samedi 9 février 2008

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© DR

Des chansons entendues par quatorze heures d’avion entre Cape Town et Francfort. Cela semble à première écoute un élégant « easy listening » d’aéroport, finalement la voix gracieuse de Stacey Kent et les arrangements de Jim Tomlinson restent en tête. Retour à Paris, passage à la Fnac et le disque « Breakfast on the morning tram » dans l’I-Pod. De jolis petits blues, deux reprises de Serge Gainsbourg (Ces petits riens, La saison des pluies) et quelques standards bien choisis (What a wonderful world, Samba Saravah) chanté en anglais et en français. A découvrir !

La petite messe solennelle de Juliette

Samedi 9 février 2008

« Le vin délie les âmes / il entrouvre le ciel / De sa petite messe / gourmande et solennelle / Prions Saint-Emilion / Saint-Estèphe et les autres / Pour une nuit d’amour, / voilà de bons apôtres ! »

Un beau disque, simple, naviguant d’arrangements de talent de Brassens à Trenet. Sans doute pas le plus réussi, mais touffu, potache et partant réjouissant. Cette semaine, Juliette donne un nouveau disque « Bijoux et babioles ». On avait laissé la chanteuse toulousaine à des exercices extrêmement maîtrisés musicalement (Le festin de Juliette, Mutatis Mutandis), prête à conquérir le marché de la chanson. Le succès confirmé, elle revient maintenant sur ses terres avec un bouquet de chansons qui se baladent espiègles (Casseroles et faussets, Les lapins ! sur des paroles de l’ami François Morel), graves (Aller sans retour ; Tyrolienne haineuse, reprise de Pierre Dac), classiques (La boîte en fer blanc) et même gaillardes (Tu ronfles; Chanson, con !) qui font de Juliette Noureddine l’autre grande Juliette de la chanson française. Au sommet de son art, la dernière chanson du disque « Petite messe solennelle », voluptueuse ode au vin et à l’amour. Déja, on se réjouit de l’entendre au piano, à la Halle aux grains de Toulouse !

« Bijoux et babioles » (Polydor)
En tournée dans toute la France

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© Polydor

Jean-Paul Gaultier : communiqueur d’amour

Samedi 19 janvier 2008

Des nouvelles de Catherine Ringer ce matin dans « Libération » sous la plume d’Olivier Wicker. Le défilé du fidèle Jean-Paul Gaultier était un hommage à Fred Chichin, le guitariste des Rita Mitsouko, ami du créateur mort en novembre 2007 : « En coulisses, après le défilé, le couturier tentait d’expliquer à une télé américaine à quel point Fred Chichin avait été important pour lui. Dans un «frenglish» à la Maurice Chevalier, il insistait devant le reporter ébahi : «You know, this guy was a popular dandy, Fred was a man qui avait la gouaille. He was perfectionist et popular at the same time.»
« C’est comme ça » en bande son et Catherine Ringer, toute vêtue de motif écossais, au premier rang, pour un défilé d’hommes en ton marron, fine moustache pour certains et coiffés de petits chapeaux melons noirs, pareils à ceux d’ »Orange Mécanique ». Des pantalons oversize, des perfectos à manches de fourrure, d’autres manteaux et blousons en cuir et fourrure, des jodhpurs glissés dans les bottes, des tweed à chevrons et, enfin, de sublimes pull-overs shetlands. Un ravissement…
A cela rajouter encore ces quelques mots émouvants d’Olivier Wicker : « Quand tout fut terminé et que le personnel commença à remballer les chaises et à ramasser les cartons d’invitation, Catherine Ringer s’éclipsa discrètement par une porte dérobée après avoir salué le couturier d’un regard. »

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© Jean-Paul Gaultier

Défilé Gaultier Hommes Automne-Hiver 08-09

Alex Beaupain : pour la beauté du geste

Jeudi 27 décembre 2007

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© Naïve

Des affiches fraîchement scotchées en bas de chez moi… Je voudrais en récupérer une pas encore délavée par la pluie du soir. Je n’y parviens pas. Elles annoncent le concert prochain d’Alex Beaupain, auteur-compositeur des bandes originales des films de Christophe Honoré « Dans Paris » et « Les chansons d’amour ». Derrière ces deux musiques de films se cache aussi un album entêtant « Garçon d’honneur ». Pop d’époque, des textes d’une grande subtilité. Un de ces disques qu’on écoute en boucle des semaines durant et qu’on retrouve avec le même plaisir des mois plus tard. Rendez-vous donc le 5 avril au Café de la danse pour l’écouter !

Le 5 avril, à 20h00.
Café de la danse : 5, passage Louis-Philippe, Paris 11. Tél : 01 47 00 57 59

Alex Beaupain, Garçon d’honneur, Naïve 2005.

Le roi du Calypso

Mercredi 19 décembre 2007

Bayon crée parfois la surprise. On se souvient d’une toquade soudaine pour un album bien éphémère de la chanteuse Elsa, loin de ses papiers très écrits qui ne manquent jamais à l’appel d’un nouvel album de Gérard Manset ou de Jean-Louis Murat. La sortie d’un disque de Philippe Lavil, oui, celui d’ « Elle préfère l‘amour en mer », des « Bambous » et autres « Kolé Séré » fait sortir le critique musical de ses sentiers balisés…
Pourquoi ne pas lui faire confiance ? Un heureux concours de circonstances pose, quelques jours plus tard, le CD sur mon bureau. A l’écoute, ce « Calypso » pour lequel Philippe Lavil s’est offert les services du producteur d’Henri Salvador, se révèle de belle facture. Musique cuivrée et élégante, loin des gesticulations « kwéol ». Les textes de David Mc Neil, d’Elisabeth Anaïs ou de Gérard Manset font mouche. Incisifs, rêveurs, empreints d’émotion et d’une jolie nostalgie « béké », ils collent idéalement au timbre de voix de Lavil, chantant en français comme en créole. A découvrir sans a priori !

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Calypso, Philippe Lavil, (RCA/BMG), 2007
Seul dans ton coin, David McNeil, 1991.
La vie Calypso, par Bayon, in Libération, 27 octobre 2007.

Les nocturnes de Dick Annegarn

Samedi 15 décembre 2007

Le label « Tôt ou tard » nous fait un formidable cadeau en cette fin d’année en rassemblant dans un beau coffret trois albums mal connus du grand Flamand au regard triste, édités entre 1985 et 1990. Il était réapparu un jour de mars 98, belle photo de Mondino en couverture, pour un album lumineux « Approche-toi » (Tôt ou tard), annonciateur d’une réjouissante série d’albums (« Adieu verdure », « Un ombre », « Plouc ») et de concerts sensibles. Un nouveau compagnon de routes et de chansons, un autre bel irrégulier : « Il y a de l’or aux arbres / il y a du bleu au ciel / il y a du gout au miel… / je te nomme chevalier de la feuille d’or / c’est tout comme gentil-homme…».
C’était encore le chanteur oublié de « Bruxelles », cette chanson collante comme le sparadrap du capitaine Haddock, qu’il n’en pouvait plus de s’entendre réclamer à chacun de ses concerts et qu’il abandonne souvent dès le deuxième couplet ! Un succès comme par inadvertance pour une chanson qu’il doit sans doute aimer un peu moins que d’autres que le public n’a pas entendu.
Fuyant cette « Bruxelles » maudite, Dick Annegarn avait largué les amarres et s’était installé sur une péniche-café-boulangerie-épicerie sur la Marne, continuant d’écrire et de composer, loin des « foules sentimentales ». Quinze années de poème, sans le sou, et de « résonances de bateau, d’eau et de banlieue » que l’on redécouvre étincelantes ou troubles ces jours-ci sous le titre « Les années nocturnes ». Il est vivement recommandé d’aller faire un tour par ces nuits-là… Beauté du verbe, sons extraordinaires, chansons-fleuves, la boîte à secrets de Dick Annegarn, révélée à nous…

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© Dick Annegarn / DR

Le plaisir des Dieux

Vendredi 7 décembre 2007

Cela fait hurler certains, mais on ne se refait pas et on assume : j’adore Pierre Perret. Ce doit bien être le seul point commun avec Lionel Jospin, croisé en goguette avec Daniel Vaillant le soir de la première de ses « 50 ans de chansons » à l’Olympia, ratant comme eux la soirée d’investiture de Ségolène Royal ! Pierre Perret, après le vindicatif « Mélangez-vous », se fait plaisir et revisite une vingtaine de chansons gaillardes. Rabelaisien en diable et furieusement réjouissant !

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Le plaisir des dieux, Pierre Perret, CD Naïve / Adèle, avec une préface de Louis Mexandeau.

Mais c’est la mort qui t’a assassiné…

Jeudi 29 novembre 2007

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Tout lâché, séance tenante. Remettre à plus tard la note sur les carnets de Michèle Cotta, le documentaire d’Yves Jeuland sur Georges Marchais et la soirée des 400 000 du Point. La nouvelle est tombée en début de soirée. Elle nous saisit, comme elle raidit les médias, pas préparés à la fulgurance de cette mort. Sur i-télé, Thomas Hughes annonce : « nous venons d’apprendre la mort de Fred Chichin, guitariste des Rita Mitsouko, ce matin, à l’âge de 53 ans ». Pas de nécrologie en boîte pour les rockers, juste la promesse de rediffusion de concert plus tard sur d’autres chaînes de télévision et de radio. Dans la nuit. Sentiment d’abandon et salut à l’éternité. L’homme derrière Catherine Ringer est parti. Choc. On imagine, pour elle qu’on nomme enfin « compagne », le hurlement de cet abandon (« le mariage n’est pas jeu d’enfant », chante-elle dans « Variety », album sombre et prémonitoire à bien d’un titre, sorti au printemps 2007). On pense aussi au viatique que ce duo métaphorique fut pour nous. Pas envie, ce soir, de revenir sur leurs dernières déclarations que l’on trouvait vraiment réactionnaires. Du révolutionnaire « Marcia Baïla » au récent « Communiqueur d’amour », les Rita nous ont accompagnés vers l’âge adulte. Jamais vus sur scène, mais leurs chansons restent à jamais sur le chemin de notre vie. Comme encore dire que notre jeunesse s’enfuit…

« Personne pour me dire /
Quoi faire de ma vie /
Personne pour me voir /
Soupirer, pleurer, chanter /
Dépasser les regrets /
Et me transformer…
Oui, gros chantier /
Je suis la singer Ringer/
Oui, très gros chantier…
J’ai un rendez-vous important /
Avec moi-même prendre du temps /
Faire un réglage /
Une révision /
Oui, ca va être bon… »

www.ritamitsouko.com

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