Archive de la catégorie ‘Art’

Les tracts de Michael Patterson-Carver

Jeudi 18 septembre 2008

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© Michael Patterson-Carver

A première vue, des dessins d’enfants. On s’approche et ce sont des tracts qui nous sautent à la figure, affirmation de mille causes naturellement défendables que Michael Patterson-Carver met en scène dans ses dessins faussement naïfs et diablement militants. Des portraits justes et sensibles comme en miroir d’une Amérique infantilisée par l’émotion.

Michael Patterson-Carver, 2008 Altoids Award, New Museum, New York.

New Museum : musée haut, musée bas

Vendredi 12 septembre 2008

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New Museum © Dean Kaufman

Depuis décembre 2007, New York compte un nouveau musée – c’est d’ailleurs son nom. Le New Museum. Un musée d’art contemporain, au plus près des artistes de notre temps. Au sud de Manhattan, entre Little Italy et Chinatown, le New Museum en impose tout de suite par sa couleur, un blanc immaculé que vient réveiller une sculpture arc-en-ciel d’Ugo Rondinone (Hell, yes !), sa taille et son architecture de boîtes à chaussures posées les unes sur les autres. « Designed by the japanese firm Sanaa and the architects Kazuyo Sejima and Ryue Nishizawa » nous apprend le New-York Times sur son site Internet.
On entre séduit, on en sort dépité, déçu par une exposition « After nature » sans souffle, sans aucun point de vue : quelques oeuvres faiblardes (à l’exception d’un admirable cheval passe-muraille de Maurizio Cattelan et d’une vidéo saisissante d’Artur Zmijewski), livrées au public sans qu’on y comprenne grand chose, dans un vide glacial, où se traîne et s’épuise aussi une danseuse sur le ciment impeccablement ciré…

New Museum, 235 Bowery, New York.

Tim Walker, un magicien d’Oz à Londres

Samedi 6 septembre 2008

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© Tim Walker

Découvert aux Rencontres photographies d’Arles, cet été, Tim Walker est aussi ces jours-ci au Design Museum de Londres pour une exposition qui comme en Arles met en scène ses rêves de mode et de vieilles demeures anglaises où la vie poésie court les couloirs, hante les greniers, remplit les salles de bain de végétations, accroche les chambres à coucher au sommet d’arbres centenaires, les enfants jouant au théâtre d’ombres dans les prairies attenantes, les marionnettes toutes mécaniques sorties des livres des livres pour enfants faisant la noce dans le salon, tandis que chevaux, chiens et autres matous multicolores y trouvent une auberge d’un bonheur très stupéfiant ! Pour se maintenir en magie walkerienne, un solide catalogue vient de paraître. Un merveilleux livre de messe païenne…

Tim Walker, Pictures, Editions Te Neues, 98 euros.

Richard Prince : le cow-boy et la nurse

Samedi 6 septembre 2008

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Untitled (Cowboy), 1989 © Richard Prince

Attention, derniers jours ! La Serpentine Gallery de Londres présente en quelques salles, tout près de la fantastique construction de Frank Gehry une exposition de Richard Prince. L’américain, né en 1949, est à la fois peintre,sculpteur, photographe et collectionneur; Son univers tient de la publicité, comme de la littérature populaire. Il détourne, retourne les mythologies de la société de consommation (Cow-boy Malboro, nurse de pulp fiction) avec un talent et un humour qui font de lui l’un des artistes les plus côtés de la scène mondiale, adulé notamment par le créateur Marc Jacobs avec qu’il collabore pour le compte de LVMH, partenaire de cette rétrospective-événement : « nous avons les mêmes références. Ce sont celles de la vie américaine de tous les jours. Je suis très sensible à son sens de l’humour. J’aime sa façon de s’approprier les choses, de les changer, de mettre leur banalité en avant, de détourner voire de détruire leur but original… Quand je regarde les nurses, je retrouve la même tranquillité, le même confort que dans les peintures de Rothko, même si la comparaison entre les deux est impossible. Les couleurs sont plus fortes. J’aime bien l’idée qu’elles soient faites à partir d’un matériel complètement cheap… »

Richard Prince, Continuation, Serpentine Gallery, jusqu’au 7 septembre 2008

Les plus belles rues du monde à Londres

Vendredi 5 septembre 2008

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The Buzzclub, Liverpool © Rineke Dijkstra

C’était une exposition de première main – comme seule la Tate Modern en a le secret. Didactique, intelligente, riche. Elle a fermé ses portes cette semaine. Il vous reste la possibilité de tourner les pages d’un somptueux catalogue nourri des photographies de grands maîtres internationaux : Arbus, Cartier-Bresson, Tillmans, Sidibé, Mapplethorpe, Penn, Sander, Strand, Sherman, Teller, Wall, DiCorcia. Indispensable.

Street and studio, un catalogue en vente sur le site de la Tate Modern, £24,99.

Martin Creed : la Tate à bout de souffle

Jeudi 4 septembre 2008

« In Palermo we went to see the catacombs of the Capuchin monks. We were very late and only had five minutes to see it all before closing time. To do it we had to run. I remember running at top speed with my friends through the catacombs looking desperately left and right at all of the dead people hanging on the walls in their best clothes, trying our best to see it all… it was a good way to see it. It was that kind of delirious running which makes you laugh uncontrollably when you’re doing it. I think it’s good to see museums at high speed. It leaves time for other things. » Martin Creed

Quel drôle de lascar, ce Martin Creed ! Découvert lors d’une des biennales de Lyon, je le retrouve à Londres dans un exercice déroutant, une performance commandée par la vénérable Tate Britain. Dans le hall de l’institution, une longue ligne droite, trois coureurs se relaient toutes les trente secondes pour parcourir la distance en courant. Au milieu des visiteurs, manifestement intrigués… A la manière des acteurs de Jean-Luc Godard visitant le Louvre au pas de course dans le film « Bande à part » (9 mn 43, montre en main pour la course la plus folle dans les galeries de peinture), Martin Creed médite sur l’accélération de nos mouvements et sur ce qu’il reste encore de temps disponible pour une éventuelle contemplation. Les avis sont partagés : certains crient au génie goguenard, d’autres hurlent au scandale et à l’imposture ! Moi je me balance…

Work No. 850, Martin Creed, Tate Britain, jusqu’au 16 novembre.

Cy Twombly, la poésie du dessin

Mercredi 3 septembre 2008

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© Cy Twombly

C’est une balade de fantaisie, un paysage poétique qui varie d’influences italiennes en saisons méditerranéennes, bercées de mythologies, de nature, d’eau et parfois de la violence sourde des couleurs. Rouge, verte, pastel, à disparaître dans les griffures du peintre sur ses toiles grand format. La Tate Modern de Londres propose une grande rétrospective de l’artiste américain Cy Twombly (né en 1948) : une occasion rare de découvrir une oeuvre minimale, déroutante, qui décennie après décennie, gagne en fulgurance…

Cy Twombly, Tate Modern, Londres, jusqu’au 14 septembre 2008.

Van Dongen à Monaco : le temps retrouvé

Vendredi 22 août 2008

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La femme au canapé, 1930 © Succession Kees Van Dongen / SODRAC (2008)

 » Elle était tempéramentale… Un jour, Van Dongen la peignit. Et dans sa gaine, fou d’elle, il l’étreignit. C’était au temps du cinéma muet plus proche de nous que celui de Bossuet. » Charles Trenet.

Plus de 200 toiles de Kess van Dongen, accrochées à Monaco pour une rétrospective de première main, conçue et coproduite par le Nouveau Musée National de Monaco et le Musée des beaux arts de Montréal, en partenariat avec le Musée Picasso de Barcelone, et sans conteste la plus importante manifestation consacrée à Kees Van Dongen depuis celle du Musée d’art moderne de la ville de Paris en 1990 !
Avec de tels arguments, on faisait le voyage à Monaco. Le néerlandais, installé en France dès 1897, figure du Tout-Paris, avait fait, lui, celui à Berlin et payait encore cet indiscutable fourvoiement. Illustrateur ravageur des élégances parisiennes pour les satiriques L’assiette au beurre, Le rire, L’indiscret, Van Dongen est rapidement repéré. Pour sa singularité, son refus de rejoindre un groupe et ses sujets : prostituées, artistes de cirque, gitanes. Tachiste, fauviste, influencé par ses voyages en Espagne, Egypte ou au Maroc, d’où il rapporte le meilleur de son art de femmes d’ocre et rouge charnu, sa carrière brillante s’épuise dans la mondanité des années « folles » entre Paris et Monaco. Il peint alors les grands de ce monde de Brigitte Bardot à Léopold II, roi des belges. L’exposition suit avec précision ce parcours, proposant des oeuvres exceptionnelles qui vous attirent, hypnotisent. Très vite, l’atmosphère Van Dongen vous saisit : la petite écuyère du cirque, un jeune arabe digne de Matisse, et encore tant de belles femmes, les yeux en amande, la bouche charbon magnifique.

Rétrospective Kess Van Dongen, Nouveau Musée National de Monaco, du 25 juin au 07 septembre 2008.

Catalogue aux Editions Hazan.

Le monde selon Terry Richardson

Lundi 4 août 2008

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© Terry Richardson

Bien sûr, il n’est pas notre photographe préféré : cette part trop grande de vulgarité le pousse loin de nous. Mais à feuilleter son « Terryworld » qui paraît chez jours-ci chez Taschen pour la modique somme de 14,99 euros, on se réconcilie avec ce photographe du sexe et des outrances. Proche de Kate Moss, trash à n’en point douter, baiseur de première et pornographe de toutes les audaces, Terry Richardson photographie un monde bien à lui, se déguise, se met en scène si possible dans le plus simple appareil et détourne quelques mythes pour les sexualiser comme ce baiser torride entre Batman et son fidèle Robin. Sexes en érection, chattes grandes ouvertes, slips aux auréoles suspectes, nibards XXL et gros culs, tatouages et foutre, il ose tout avec le sourire d’un diable qui doit cacher bien des dépressions… On peut trouver cela parfaitement dépravé ou en rire une bonne fois pour toutes !

« Terryworld » par Terry Richardson, Editions Taschen.

Mais où est passée Sophie Calle ?

Vendredi 1 août 2008

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© Sophie Calle / Galerie Emmanuel Perrotin

 » Le lundi 17 mai 2005, j’ai quitté Malakoff à 8h55. Je suis arrivée Gare du nord quelques minutes avant le départ de mon train pour Rang-du-Fliers. Je savais seulement que je devais me rendre à Berck et, dès mon arrivée, contacter ma voyante afin qu’elle me donne de nouvelles instructions sur la suite du programme. J’avais demandé à Maud Kristen, voyante, « Où et quand ? ». Pas plus. Elle avait accepté de tenter l’expérience, faire un test, avant de s’engager plus sérieusement. Elle a ensuite consulté les cartes. « Le premier train, lundi prochain, à destination de Berck. Je ne sais pas pourquoi on veut vous faire aller là-bas, on va le découvrir. Une fois que vous serez à la gare, vous m’appellerez et nous verrons. » Nous verrons… Aller voir. Mon futur m’attend lundi à Berck. »
Sophie Calle

Sophie Calle, « Où et Quand ? », exposition à la galerie Emmanuel Perrotin, 10, impasse Saint Claude, Paris 3, du 6 septembre au 14 octobre.

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