• Accueil
  • > Archives pour le Samedi 7 août 2010

Archive pour 7 août 2010

Lea Golda Holterman : passions orthodoxes

Samedi 7 août 2010

leagoldaholterman2.jpg
© Lea Golda Holterman

Avant-dernière station de notre virée arlésienne. Si vous avez vu le film « Tu n’aimeras point » de Haim Tabakman, vous y êtes. Jérusalem. Un monde d’hommes, entièrement tournée vers la religion, dont les rites s’ancrent dans une réalité quasi-millénaire. De jeunes juifs orthodoxes se baignent. Lea Golda Holterman, lauréate du Photo Folio Review and Gallery 2009, les saisit avant ou après le bain, au moment où ils ôtent ou retrouvent leurs sévères costumes et chapeaux noirs. Des garçons, adolescents ou jeunes adultes pour la plupart, en pareils situation et appareil, c’est déjà une gageure, pour une femme, qu’ils acceptent de poser devant son objectif mais la photographe, né à Tel Aviv en 1976, va plus loin. Elle parvient à pénétrer dans les maisons et dans les chambres pour photographier ces mêmes garçons dans un état d’abandon et de langueur qu’on imagine impossible pour eux. Ce sont alors des corps vibrants, sensibles qui se dessinent dans le creux d’une chemise entrouverte. Une exquise attitude, à la lisière du plaisir et plus encore du charme, que Lea Golda Holterman vole à ses monstres de rigueur. La pudeur demeure dans les regards, mais les corps, d’un geste, se libèrent. A peine croyable, car à peine crédible, mais pourtant réel, et partant bouleversant.

Lea Golda Holterman, Orthodox eros, Rencontres d’Arles, Espace Van Gogh, jusqu’au 19 septembre 2010.

Un nom à retenir : la photographe Jen Davis

Samedi 7 août 2010

jendavis01.jpg
Mike, Del Rio, TX © Jen Davis / Lee Marks Fine Art (2008)

De tous les regards, jeunes mais pas toujours nouveaux, qui composent la nouvelle exposition « reGeneration 2 », produite par le Musée de l’Elysée à Lausanne et qui se baladera dans le monde entier cette année. Parmi tous ces regards, il y a bien sûr, une maîtrise certaine de la technologie : les participants sont pour la plupart issus d’écoles d’art ou de photographies. Du talent donc, mais aussi des répétitions, une absence totale et étonnante de toute provocation : pas de cri pas de révolte – ou alors, très low-profile –comme pour éviter tous les mirages des idéologies et des certitudes. Des têtes tournées, aussi loin, des réalités sociales, culturelles et politiques. Pas de tête brûlée, ni d’explorations sensibles ou outragées des corps et de la chair. Et vient l’émotion, la seule réelle, pour le travail de Jen Davis. Un cow-boy Malboro, stetson et chemise brokeback mountain, tatouage à l’avant-bras, la fumée de son clope en léger brouillard autour du menton. Fringuant comme un beau diable. D’instinct trompeur, on penserait une photographie prise par un homme, mais c’est pourtant bien le regard d’une femme. Une femme de désir – et qui le revendique. Jen Davis souffre d’obésité. Elle trimballe son corps et son cœur trop gros tout au long de sa courte activité photographique dans une série d’autoportraits pas commodes. Pour cette série « Exchange », traduit par « Je demande en échange », elle a photographié des hommes qu’elle désire et qu’elle n’oserait pas côtoyer en d’autres circonstances. La photographie devient alors arme de séduction et la possibilité fantasmée d’un échange « intime ». Et cette seule photographie de ce fameux cowboy dit beaucoup de la démarche puissante de Jen Devis. Un pas de côté sur le monde, une position d’outsider : comment ne pas être alors une artiste à part entière ?

Jen Davis est par ailleurs sélectionnée avec 10 autres « photographes de demain » pour le « Lacoste Elysée Prize », doté par la marque au crocodile de CHF 20 000.

Le site de la photographe Jen Davis.

Le site de l’exposition Regeneration 2 au Musée de l’Elysée et aux Rencontres d’Arles.

Monocle : le talentueux Tyler Brûlé

Samedi 7 août 2010

tylerbrulemonoclethumb600x400.jpg
Tyler Brûlé © Mikael Jansson

Est-ce l’arrivée en triomphe du trio BNP (Bergé – Niel –Pigasse) à la tête du groupe Le Monde et de l’annonce de la nouvelle formule des Inrockupstibles le 15 septembre prochaine par Mathieu Pigasse, le nouveau maverick de la presse française, qui fait Télérama se réveiller de son éternel torpeur ? On en doute mais l’idée est séduisante après la lecture du portrait du talentueux monsieur Brûlé dans un récent numéro.
Tyler Brûlé, le merveilleux dandy, créateur de Wallpaper* (1996, vendu en 2002 à AOL Time Warner pour 2,3 millions de dollars) et du chicissime Monocle (2007) que l’on s’arrache dans toutes les bonnes maisons de presse et « offices » de l’Europe easy jet-laggée. T.B., gardien du temple du nouveau bon goût et du « Beau-Monde », comme l’écrivait autrefois Dominic Dunne, un de ces maîtres chez Vanity Fair. Des vies et des vanités, le canadien, né à Toronto en a eu plusieurs : créateur de journaux ultra-tendance, journaliste blessé en Afghanistan (1994), pigiste ou éditorialiste de luxe pour la BBC, Stern, Sunday Times, ABC News, lauréat du « British Society of Magazine Editors Lifetime achievement award », porte-manteau accessoire pour la marque J. Crew. Il émarge aujourd’hui comme « columnist » au très sélect Financial Times et dirige avec un entregent certain un consortium d’agences de design, de luxe et de cabinets d’architecture et de tendance (Winkreative / Winkmedia). Pas un article où il n’est question de sa belle personne, de son look « jean-baskets, veste col relevé et barbe de deux jours » et d’un « lifestyle » rêvé pour les CSP XXL. Le garçon, reconnu comme l’une des personnalités gays les plus influentes au monde, a indéniablement de l’allure. Dans cette vie d’aéroport, dont on devine qu’elle est menée à fuir l’ennui, journalisme et communication font bon ménage. Les clients de l’agence sont naturellement les annonceurs du mensuel Monocle, qui, entre ces reportages bien troussés sur l’état du monde et de ses affaires vu par la lorgnette des hôtels quatre étoiles et des restaurants slow food, ouvre de charmants concept-store où trouver les produits dérivés au monogramme de la marque à Los Angeles, Londres, Tokyo et Hong-Kong. Les dits produits (horlogerie, parfumerie, maroquinerie) étant heureusement conçus par les clients de l’agence et même annonceurs (Comme des garçons, Tretorn). Un monde global, on vous avez bien prévenu !

Le site de Monocle

Sam Wagstaff, un portrait d’or et d’argent

Samedi 7 août 2010

wagstaff1.jpg
Sam Wagstaff © DR

Un homme, un portrait. Sam Wagstaff, un collectionneur. Si le portrait documentaire que lui a consacré James Crump en 2007 associe, marketing oblige, le nom de Robert Mapplethorpe, Sam Wagstaff (1921 – 1987) se défend très bien tout seul. Un homme, élevé dans les meilleurs cercles new-yorkais, un de ces « mad men » de la publicité, qui envoie tout valser pour reprendre des études d’arts à New-York et devenir, avec l’aide de sa famille, l’un des tout premiers collectionneurs de photographies au monde (Carroll, Le Gray, Weston), formant ainsi un des premiers « goûts » pour ce nouvel art. D’homme sérieux, ancien combattant sur les plages d’Omaha Beach en 1944, Sam Wagstaff, au contact des artistes et des photographes qu’il admire, en devient extravagant, assumant ses choix artistiques (Agnes Martin, Tony Smith et les tenants de l’art minimal) autant que sexuels. Avec Robert Mapplethorpe, rencontré en 1972, il formera l’un des couples les plus en vue de l’art contemporain, le premier manipulant l’autre pour leur plus grand plaisir mutuel, avant que la vie, d’abord, puis la maladie ne les séparent. Sexe, drogue, toutes les libertés sont admises dans ces insolentes années 70. En 1984, Sam Wagstaff cède sa collection de plus de 30 000 images au J. Paul Getty Museum pour 5 millions de dollars et se consacre à une nouvelle collection d’argenterie. Tout le profit, contesté par la sœur du collectionneur, sera à sa mort en 1987 pour Robert Mapplethorpe et quelques années plus tard pour la Robert Mapplethorpe Foundation. Une vie de dévotion aux artistes.

« Black White + Gray, a portrait of Sam Wagstaff + Robert Mapplethorpe », un film documentaire de James Crump, 76 mn, 2007. Avec les témoignages de Patti Smith, Dominic Dunne et Ralph Gibson. En DVD (VO non sous titrée).

wagstaff2.jpg
Sam Wagstaff © DR

M’as-tu vu ? Episode 55

Samedi 7 août 2010

shears560.jpg
A day in Gay America : Jake Shears © The Advocate

A découvrir dans le numéro d’août du magazine « The Advocate » et sur le site Internet du journal une série intitulée « A day in Gay America ». Beau reportage sur la diversité culturelle, intellectuelle, sociale et politique des homosexuels aux Etats-Unis. Et parmi eux, le sautillant Jake Shears des Scissor Sisters dont on recommande le récent « Night Work ».

Le site de The Advocate.