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Archive pour 5 août 2010

La Beat generation, loin du bout du rouleau

Jeudi 5 août 2010

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Peter Orlovsky et son amant Allen Ginsberg © DR

Le 21e siècle sera beat ou ne sera pas ! Impossible, ces jours-ci, de passer à côté de ce revival heureux de la Beat generation. Gallimard publie la nouvelle traduction de « Sur la route » de Jack Kerouac. Il s’agit du rouleau original, la première version écrite « d’un trait » par Kerouac, avant tripatouillage, coupe et censure de son éditeur lors de sa parution en 1957. De ce livre, fortement inspiré par la rencontre de Kerouac avec Neal Cassady « chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphale, pique-assiette inspiré et vagabond mystique », Ginsberg écrira : « Quand tout le monde sera mort, le roman sera publié dans toute sa folie ». Kerouac, disparu prématuré à 47 ans, en 1969, Ginsberg en 1996, Peter Orlovsky, le 30 mai dernier, on peut désormais lire « Sur la route » dans toute sa folie, puis retrouve les mêmes dans le bel album « Beat memories », catalogue d’une exposition de photographies d’Allen Ginsberg à la National gallery of Art, documentant cette période entre New York et Tanger avec des portraits de William Burroughs, Gregory Corso, Francesco Clemente. Bientôt viendra aussi un film « Howl » de Rob Epstein (« The celluloid closet » et « The times of Harvey Milk ») et Jeffrey Friedman avec le sympathique James Franco. Qu’il soit l’occasion de relire « Howl et autres poèmes » de Ginsberg, paru à l’automne 1956 (Editions Bourgois). A sa publication, le recueil fut saisi par les services de douane américains et la police de San Francisco, puis fit l’objet d’un long procès au cours duquel un certain nombre de poètes et de professeurs témoignèrent devant la Cour que ce livre n’était pas obscène. L’époque, rassurons-nous, a bien changée…

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Aaron Tveit et James Franco dans « Howl » © Werc Werk Work

Beat memories, the photographs of Allen Ginsberg, National Gallery of Art, jusqu’au 16 septembre 2010.

Brooklyn Museum : Andy Warhol for ever

Jeudi 5 août 2010

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Andy Warhol, Self-Portrait (Strangulation), 1978 © 2010 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts/Artists Rights Society (ARS), New York

Basquiat toujours, mais par bande. Celle, folle, furieuse mais hautement avisée, emmenée par Andy Warhol. Il y a, pour lui comme pour les autres, une fin à tout. Celle d’Andy Warhol, mort à 58 ans en 1987, fait l’objet d’une belle exposition au Brooklyn Museum. On découvre les derniers travaux d’un homme devenu une icône, entouré d’un cour, entretenue à coup d’émissions de télévision, de journaux (Interview) et de prestations plus ou moins rémunératrices avec les belles fortunes de son temps. L’usine de recyclage tourne à plein régime avec des sérigraphies sans attrait (American Indians, Athletes, Torsos, Portrait of the Jews of the 20th Century, Dollar signs, Guns, Knives), mais quelle place reste-t-il pour l’art « quand on a tout connu » ? La question est posée, la réponse du Brooklyn Museum est plus qu’intéressante, marquant le retour du Pop Artist à la peinture manuelle (notamment dans ses multiples recherches pour « Last Supper » et ses collaborations avec Jean-Michel Basquiat ou Francesco Clemente) et une relative abstraction, exemplaire dans sa série « Oxydations » réalisée par la projection d’urine sur des plaques de métal. Le résultat est stupéfiant. Certains disent y retrouver le talentueux Andy Warhol des débuts, sa sensibilité de peintre et d’artiste, bien que ces quelques 45 œuvres représentent moins 1% de la production d’Andy Warhol sur les dix dernières années de son existence. The show must go on !

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© Andy Warhol Foundation for the visual arts

Andy Warhol, The last decade, Brooklyn Museum, jusqu’au 12 septembre 2010.

Andy Warhol, Outside His Comfort Zones, par Roberta Smith, New York Times, 18 juin 2010