Intensément Basquiat

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Riding with death, 1988 © Collection privée / 2010, Prolitteris, Zürich.

Basquiat comme jamais. Intensément servi par la Fondation Beyeler de Bâle. Dans ce musée de verdure, à quelques encablures de la frontière allemande, un trésor est à la portée de tous les yeux, celui, total de Jean-Michel Basquiat (1960-1988). En plus de cent cinquante toiles, dessins, assiettes et autres portes ou châssis tendus de toiles – tout, des premières grafs jusqu’à la complicité artistique avec Keith Haring et Andy Warhol, trouve son ordonnance éclatante dans cette exposition qui fera date. Intelligence de la scénographie, précision d’expert sur les engagements (le rejet de la société de consommation, la lutte contre les inégalités et le racisme, les hérauts de la cause noire qu’ils soient hommes ou femmes politiques, sportifs ou artistes) mais aussi la technique du plasticien, compréhension et analyse de ses multiples repentis qui font de la peinture de Basquiat un art extrêmement précis et raisonné. Une belle exposition qui fait son chemin et ne vous perd pas en route. On croit connaître Basquiat, on le découvre, en fait. Tout en subtilité et en poésie, lui le grand admirateur des poètes beat, William Burroughs et Brion Gysin en tête. Et l’exposition vous laisse en une dernière station devant les ultimes travaux de l’artiste haïtien, mort d’overdose en 1988, à 27 ans, laissant derrière lui une œuvre de près de 1000 tableaux et de 2000 tableaux. Basquiat voit la mort en face, la guette, la sait en embuscade, l’écrit en une obsession de métaphores (« MAN DIES ») et la dessine, tentant de la terrasser. Une image sainte.

Basquiat, Fondation Beyeler, Bâle, jusqu’au 5 septembre 2010. Exposition présentée en France au Musée d’art moderne de la Ville de Paris à partir du 15 octobre.

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© Basquiat Estate

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