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Felix Gonzalez-Torres : recouvrez-le de lumière

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Untitled (Perfect Lovers), 1991 © FGT Foundation / Courtesy Andrea Rosen Gallery.

Naissance d’une vision. Tremblement de beauté, ivresse de la découverte d’un artiste dont les signes autant que les oeuvres bouleversent. Felix Gonzalez-Torres. Cubain, on pourrait commencer par cela. Né en 1957 à Guaimaro. Exilé en Espagne, puis à Puerto Rico et aux Etats-Unis, poursuivant des études de photographie avant d’enseigner à New-York. Artiste, plasticien, concepteur d’installations minimales dont la beauté, la radicalité, l’intelligence et osons-le, une forme délicate de romantisme soulignent plus encore la tristesse de le savoir mort des suites du SIDA en janvier 1996. Force de la lumière, plaisir du jeu. De lui, au hasard de la collection Beyeler, flambante de ses Picasso, Giacometti, Bacon, Richter, nous découvrirons deux ou trois tas de bonbons, emballages transparents ou arc en ciel de couleurs métalliques, des horloges jumelles qui finiront bien à un moment par perdre le même tempo. Un secret : celui d’un petit mouchoir paternel, posé à même le sol et recouvert, encore, de quelques friandises. Plus loin, un splendide gaillard noir, écouteurs sur les oreilles, slip d’argent, dansant au son d’une techno de bazar. En chair et en os. On ne sait jamais à quelle heure, il viendra, mais il reviendra. Et comme une chapelle ardente, au sous-sol, ce gigantesque tapis de confiserie d’argent et une lumineuse guirlande d’ampoules. C’est un tour, le mien, dans l’exposition Felix Gonzalez-Torres à la Fondation Beyeler. Il y en a mille autres, dans un dialogue permanent et fécond entre les oeuvres du musée et les créations de Gonzalez-Torres. Ce presque rien, cet art pauvre est un tout face à ses oeuvres majestueuses. Une écriture radicale pour un projet artistique d’une cohérence parfaite, qui naît, disparaît, réapparaît sans cesse et nous touche au coeur.

Felix Gonzalez-Torres, Specific Objects without Specific Form, Fondation Beyeler, jusqu’au 29 août 2010.

Felix nous a apporté des bonbons, un article d’Elizabeth Lebovici, paru dans Libération, le 20 avril 1996.

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Felix Gonzalez-Torres © DR

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