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Archive pour 3 août 2010

M’as-tu vu ? Episode 54 (François Baudot)

Mardi 3 août 2010

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The Johnson twins at Warhol’s Factory © Billy Name / NYT Company

Deux images, des jumeaux pour saluer la mort voulue de François Baudot, dont certains se souviendront de quelques livres, d’une amitié fidèle avec BHL, Arielle Dombasle ou Carla Bruni, qui lui valut d’être bombardé inspecteur général au ministère de la Culture, sans considération de ses titres universitaires. Parlons plutôt d’une noblesse d’état, lui qui brilla tour à tour auprès de Fabrice Emaer au Palace ou d’Anne-Marie Périer-Sardou au magazine Elle. Cette vie-là, mauvaise et belle, donne aussi une juste autobiographie « L’art d’être pauvre », parue quelques mois avant son suicide aux éditions Grasset. Contre mauvaise fortune, François Baudot fit bon cœur d’être le bon homme au meilleur endroit d’une vie entre le New York vibrionnant des années 60 et les lumières d’un Paris 70 – 80. Ces années-là, il les conte avec assez de distance pour que son livre soit attachant. On y croise ainsi Bambou, Philippe Krootchey, Pierre et Gilles, Paquita Paquin, Philippe Starck et nos deux jumeaux : Jay Johnson initiera François à la vie new-yorkaise, Jed Johnson étant plus proche d’Andy Warhol et presque taulier de la légendaire Factory. Le dernier, décorateur par la suite, périra dans l’accident d’avion de la TWA au large de New-York, le premier en reprendra la charge. François Baudot regarde ce monde bouillant comme un volcan, danse toute la nuit durant et n’en revient pas d’en être. La fascination devient sur le tard mélancolie. On en connaît désormais la fin. Malheureuse.

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Jed and Jay Johnson © DR

François Baudot, L’art d’être pauvre, Grasset. En librairie.

L’ombre d’une jeune fille en fleur

Mardi 3 août 2010

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© Sophie Dulac Distribution

Un film détonant, sortant au milieu de l’été, alors qu’on le dirait plutôt d’automne. Mystère de la distribution, sans doute. Au final, ne doutons pas que le film de Katell Quillévéré, prix Jean Vigo, puisse affronter tous les temps, par sa singularité et, partant, sa noirceur. Une jeune fille, un grand-père un pied dans la tombe, mais parfois encore vert, des parents qui se déchirent, un curé tourmenté, un petit gars à la moto et des premiers baisers. Une éducation sentimentale au coeur d’une Bretagne revêche et catholique, autant dire déréglée du côté des hormones et des sentiments, où tout explose pour que se libèrent enfin les sensations, la possibilité de vivre pleinement.

Un poison violent, un film de Katell Quillévéré, avec Lio, Michel Galabru, Thierry Neuvic (1h32). En salles.