Choses vues et appréciées en Avignon

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Gisèle Vienne, This is how you will disappear © DR

Quelques semaines plus tard, il y a peu à dire de cette dernière édition du festival d’Avignon. Sur la petite dizaine de spectacles vus, quelques visions restent encore, mais tout de même prévaut la sensation d’un certain ennui – et cela en faisant preuve d’une assez grande mansuétude pour toutes les recherches dans lesquelles se lancent les metteurs en scène et performers invités au festival d’Avignon. Mais, au-delà de la vision, de l’urgence du cri, de la révolte, de l’obsession ou du seul ricanement, il manque des mots, un langage, une puissance du verbe qui, allié à un talent de mise en scène ou en espace, fait le talent et permet l’adhésion du public. Il n’est pas question d’opposer l’un à l’autre, le verbe contre la vision et inversement, non, il est question de la puissance donnée à son regard. Et pas un spectacle n’a été formellement et verbalement à la hauteur de ce défi. Alors de cette longue route de théâtre, restent la première, l’énergie volcanique d’Angelica Lidell, découverte par beaucoup lors de ce festival, la modernité à journal intime ouvert de Falk Richter et Stanislas Nordey, l’énigmatique forêt et brouillard de Gisèle Vienne (This is how you will disappear), les gesticulations de Christoph Marthaler (Papperlapapp dans sa version raccourcie, après les critiques de la première semaine), la beauté de l’acteur Laurent Poitrenaux dans le tiède spectacle d’Olivier Cadiot (Un nid pour quoi faire ?) et l’hypnose répétitive (pour beaucoup lassante) de Jean Lambert-wild dans son étonnant cahier d’un retour au pays natal, ici l’île de la Réunion (La mort d’Adam). Le reste s’oubliera : la froideur de Cindy van Acker, le spectacle raté par trop de prétentions de l’aimable Christophe Huysman (L’orchestre perdu), le détestable et honteux spectacle de Faustin Linyekula, heureusement passé sous silence par la critique (Pour en finir avec Bérénice)…

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