M’as-tu vu ? Episode 52

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Samuel Beckett, Tanger, août 1978 © François-Marie Banier

Je m’étais juré de ne plus dire un mot de cette lamentable affaire Banier-Bettencourt-Woerth. Voyez que je n’y résiste pas. Le feuilleton, vous le connaissez. Ce qui est un formidable pied de nez à toute cette rocambole est la réapparition, dans de nombreuses librairies, des beaux albums de photographies signés François-Marie Banier. Un bien étrange réassort ! Et si cette affaire abracadabrantesque permettait de redécouvrir le scintillant photographe qu’il a été avant de développer un goût moins sûr et discutable pour le dessin et le peinturlurage de ses propres photographies ?
Ces derniers jours, de Paris à Arles en passant par Bâle et Düsseldorf, ses livres refleurissent au soleil d’été. Le plus beau, sans conteste, est un lourd album édité en 2003 par Gallimard et aimablement soutenu par L’Oréal. En forme de propagande, en quatrième de couverture, on peut lire, de la plume de Patrick Roegiers : « La biographie de l’œuvre est plus profonde que celle de la vie et la véritable biographie de François-Marie Banier est celle de son œuvre. Qui le reconnaît dans cette icône bariolée de terroriste farceur et cagoulé, aux yeux luisants, rivés vers l’avenir, autoportrait frontal d’avril 1998 ? L’œuvre de François-Marie Banier est une fiction faite de réalités ; la vie des autres qu’il regarde avec tant d’attention, de fougue et de passion, est devenue son histoire. Après trois décennies de pratique, le moment est venu de faire la synthèse du travail accompli et de voir comme une œuvre aboutie la création photographique et plastique de François-Marie Banier. Inscrite dans l’histoire de la photographie française, amorcée dans l’ombre avec l’aide à ses débuts du tireur Daniel Risset, admirable de prodigalité, de rigueur et de beauté, elle est celle d’un classique de la modernité, artiste à l’univers singulier, qui soumet le regard à l’épreuve de sa lecture, et use des mots, des images, des formes, et des couleurs, non pour expliquer mais pour aimer et mieux comprendre la vie. »

François-Marie Banier, Photographies, 2003, Gallimard

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Silvana Mangano © François-Marie Banier

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Yves Saint Laurent © François-Marie Banier

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