Bernard-Marie Koltès livré aux chiens

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Bernard-Marie Koltès © Louis Monnier

Il est bien difficile d’aimer le « Combat de nègre et de chiens » de Michel Thalheimer, quand c’est l’Afrique de Koltès qui vous accroche au coeur. Le metteur en scène allemand, adulé par les médias et groupies de l’ennuyeux Stéphane Braunschweig, en a gommé toute la substance pour transformer la pièce en puissant livret d’opéra germanique. On croirait Bayreuth, on est à la Colline, tentant de résister à l’assoupissement face à des comédiens hystériques, un chœur noir – drôle d’idée qu’il faille 10 comédiens noirs pour seconder la résistance brûlante d’un Alboury, alors que les autres personnages, dirigés à la caricature, s’en sortent seuls –. Dans un décor imposant, digne d’un vaisseau fantôme wagnerien, les comédiens crient, se masturbent, jouent prétentieux, oublient la volupté de la nuit africaine, creuset de l’inspiration de Koltès. On quitte le plateau, déçu de si peu de subtilité.

Combat de nègre et de chiens, ms Michel Thalheimer, Théâtre de la Colline, du 26 mai au 25 juin 2010.

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