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Archive pour 11 juin 2010

Bernard-Marie Koltès livré aux chiens

Vendredi 11 juin 2010

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Bernard-Marie Koltès © Louis Monnier

Il est bien difficile d’aimer le « Combat de nègre et de chiens » de Michel Thalheimer, quand c’est l’Afrique de Koltès qui vous accroche au coeur. Le metteur en scène allemand, adulé par les médias et groupies de l’ennuyeux Stéphane Braunschweig, en a gommé toute la substance pour transformer la pièce en puissant livret d’opéra germanique. On croirait Bayreuth, on est à la Colline, tentant de résister à l’assoupissement face à des comédiens hystériques, un chœur noir – drôle d’idée qu’il faille 10 comédiens noirs pour seconder la résistance brûlante d’un Alboury, alors que les autres personnages, dirigés à la caricature, s’en sortent seuls –. Dans un décor imposant, digne d’un vaisseau fantôme wagnerien, les comédiens crient, se masturbent, jouent prétentieux, oublient la volupté de la nuit africaine, creuset de l’inspiration de Koltès. On quitte le plateau, déçu de si peu de subtilité.

Combat de nègre et de chiens, ms Michel Thalheimer, Théâtre de la Colline, du 26 mai au 25 juin 2010.

Jérôme Bel : et le beau diable en rit encore…

Vendredi 11 juin 2010

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© DR

La pièce, de danse, avait fait scandale à sa création en 1991. Près de 10 ans plus tard, à voir et entendre le charivari dans la salle du Théâtre de la Ville, dont on sait pourtant la résistance du public, bien que fort conventionnel et grégaire, à toute sorte de tentative d’épuisement du spectateur parisien, on se dit que Jérôme Bel doit encore en rire et être heureux que son « bon coup » fonctionne encore à merveille. Des cris, des hurlements, des apostrophes populistes, des « remboursez » et des « ta gueule » en réponse, sans oublier la rituelle « prise d’otage » des belles âmes de la culture élitiste pour tous. Contre quoi ? Une adorable dance party, où un DJ d’un certain poids s’emploie à faire tourner toute sorte de rengaines pop qui électrisent ou consternent l’assistance. Sur scène, on y chante, on y danse. Non sans une certaine rigueur, Ballet de l’Opéra de Lyon oblige. On reconnaît le délicieux Cédric Andrieux, échappé lui aussi de son très beau solo de l’automne. De la non-danse, on vous dit, alors il ne fallait pas s’attendre à autre chose de cela. Des manières de voyou, dominées par une exquise conscience de sa race. N’est pas Jérôme Bel qui veut.

The show must go on, ms Jérôme Bel avec le Ballet de l’Opéra de Lyon.

Les larmes amères de la famille Jordan

Vendredi 11 juin 2010

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Life during wartime © DR

Un film atmosphérique, qui, à la manière de rien, vous fiche une sacrée trempe. Quelques mois et autant de jours au sein de la famille Jordan, à ne plus pouvoir supporter les familles. Un ballet de méduses, des névroses transportées par camion-benne, sans discernement de père, de mère, de soeur et futur ex beau-père. On s’y aime comme on peut, donc on ne s’y aime pas beaucoup et on se cantonne d’à peu-près, comme un cinglant viatique. Comme un renoncement furieusement psy à tout american way of love…

Life during wartime, un film de Todd Solondz (1h30). Prix du scénario, Mostra de Venise 2009.