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Archive pour 3 avril 2010

Mathurin Bolze + Hedi Thabet = Ali

Samedi 3 avril 2010

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© Stéphane Rouaud

Il naît tous les soirs de cette semaine dans un recoin du Théâtre de Chaillot, que l’on découvre après force escaliers et couloirs lugubres, un drôle de créature à trois jambes, deux coeurs battants et une très belle âme : Ali. Il faut en dire peu pour que vous découvrirez, bientôt, partout en France, ce beau spectacle du circassien Mathurin Bolze et de son complice Hedi Thabet. Si le mot fraternité doit encore avoir un sens, ou s’il doit retrouver du sens, il est au coeur de ce spectacle. Le plus fort porte le plus faible, mais n’est pas le moins farfelu des deux, le plus simple n’est pourtant pas le plus faible. Dans cette ronde à béquille, Mathurin Bolze et Hédi Thabet nous éloignent de nos certitudes, pulvérisent nos bonnes intentions. Ils oeuvrent, heureux, simples, au plus beau des catéchismes artistiques. L’amour de l’autre.

Mathurin Bolze et Hedi Thabet, Ali, Théâtre de Chaillot, jusqu’au 4 avril, puis en tournée en France.

DeLaVallet Bidiefono : faut que ça danse !

Samedi 3 avril 2010

Quelques pas de danse africaine qui nous réveillent ! Créteil, Festival Exit ! On y va pour un spectacle iranien, finalement sans relief et on en repart content de la découverte de la compagnie congolaise Baninga / DeLaVallet Bidiefono. Cinquième création pour DeLaVallet Bidiefono, qui entend « au cœur de la nuit brazzavilloise, redonner une parole à cette jeunesse de la galère qui s’est faite, pour ainsi dire, contre et malgré tout, et qui aujourd’hui vit comme une sorte d’impératif le besoin de marquer, de poser une empreinte, parce qu’il y a urgence à faire plutôt qu’à dire. Une urgence toute vitale à redonner du sens. » Et c’est exactement ce que l’on voit sur scène, avec une belle modestie mais une énergie bienvenue.

Empreintes / on posera les mots après, par la compagnie Baninga / DeLaVallet Bidiefono. En tournée française.

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© Patrick Fabre

Rachida Dati : où sont les clés de la bagnole ?

Samedi 3 avril 2010

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Mme Rachida Dati et la première dame © Sipa

Drôle de République ! On se souvient, commère, de l’anecdote contée par Jacques Séguéla, organisateur providentiel de mariage au sommet de l’Etat. Carla Bruni dans les yeux du président Nicolas Sarkozy, fraîchement divorcé, lui demandant devant quelques courtisans ébahis : « Vous avez une bagnole ? » La suite de l’histoire, on la connaît. Disneyland, mariage, Cap Nègre et Patrouille de France… 
Il se murmure ces jours-ci que le couple Bruni – Sarkozy ait maille à partir avec la fidélité. Quand on sait le palmarès des deux protagonistes, rien n’étonne, mais qu’une autre commère, délicieuse, en la personne de Rachida Dati, s’en mêle, le président voit rouge. Une présence de trop sur les plateaux de télévision au soir des désastreuses élections régionales, une adresse au Président pour lui demander de revenir aux « fondamentaux » de sa victoire de 2007, et Nicolas Sarkozy, vexé, de prendre son téléphone. Non pas pour la virer – c’est déjà fait avec exil de première classe à Bruxelles – mais pour appeler le directeur de la police nationale et priver la péronnelle des derniers signes extérieurs de pouvoir et de proximité avec le Château : portable, officiers de sécurité, chauffeur, et voiture, tout y passe… Au nom, bien sûr, de la maîtrise des dépenses de l’Etat. Pour défaut de commérage, surtout. Le Président a mené son enquête, les services de renseignements ont craché le morceau. Un nom revient : Dati. Rachida débine Carlita, dans les dîners du Tout-Paris, tous les soirs que le jour fait. Prise la main dans le sac Dior, Rachida a piqué sa crise contre le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, son ennemi de longue date, demandé audience auprès du vice-président Guéant. Rien n’y fait : le Président refuse de la prendre au téléphone. La ligne est sans cesse occupée.

Madonna : la réinvention permanente

Samedi 3 avril 2010

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Madonna et Williams Pharrell © DR

Elle chante peut-être, elle danse plus sûrement, entourée d’une escouade de jeunes et éblouissants danseurs hip hop, diablement new-yorkais, customisés Adidas et American Apparel de la tête au pied. Vous me voyez arriver, je me suis encore fait avoir à acheter le nouvel opus « live » de Madonna. Sticky and Sweet Tour. J’avais boudé ses concerts parisiens, après deux expériences assez malheureuses à Bercy. Le coffret m’a fait de l’œil à l’aéroport, il aura finalement bien tenu l’aller Paris-Casablanca. Sur l’écran, une Madonna quinquagénaire, maîtrisant à son allure, donc à l’extrême ce qui fait son longévité : un audacieux culot, doublé d’une intelligence féroce de l’époque, le sens des affaires venant sans doute trois secondes après. Armée, bardée de ces convictions autant spirituelles que matérialistes, elle se donne en scène, enrôlant, bienheureux, les jeunes Pharrell, Timberlake ou Timbaland, et encore Barack Obama au soir de son élection (mémorable séquence à San Diego) à son seul panache. Redoutable et permanente réinvention, on ne se lasse pas d’observer un tel talent à durer. Irrésistible.

Madonna, Sticky & Sweet Tour, CD et DVD Warner Bros.

Ainsi va Françoise Hardy

Samedi 3 avril 2010

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Françoise Hardy © DR

Un air dans la tête, une jolie mélodie, et un texte empreint de douce mélancolie : la recette est imparable, infaillible et confine au génie quand elle est menée au cordeau par François Hardy et son escorte excelsior : Alain Lubrano le fidèle, Murat, Calogero, Arthur H ou encore la grande Sophie. De valeureux talents pour servir une grande dame de la chanson française, que le public suit fidèlement, sans qu’elle ait besoin de monter sur scène. Juste revenir tous les quatre ou cinq ans avec un nouvel album de vraies chansons qui tourneront longtemps dans les i-Pods.

Françoise Hardy, La pluie sans parapluie.