Krzystof Warlikowski reprend son Tramway

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Isabelle Huppert © Pascal Victor / ArtComArt

Certains ont abandonné avant même la représentation, assommés par les critiques hurlantes à l’ennui, au soir de la première. N’y allez pas ! Ca dure 3 heures ! On n’y comprend rien ! Isabelle Huppert vampirise une nouvelle fois de sa bêtise égocentrique ce spectacle au point qu’il n’y ait plus de tramway mais juste une Blanche DuBois à la dérive entre Tennessee Williams et des citations boursouflées de Sarah Kane ! Mais qui est ce polonais complètement malade ? On y va, goguenard, prêt à rajouter son couplet et dire tout le mal qu’on a déjà ici d’Isabelle Huppert la mal aimable. 2h45 plus tard, rien à dire, on applaudit ce spectacle beau et inspiré. On salue la performance du metteur en scène à raconter un monde, une femme et ses obsessions au travers d’un texte, de citations et de chansons comme une construction purement mentale, faite de multiples influences littéraires et musicales pour arriver à cerner cette irrégulière, Blanche DuBois. Le public, venu pour l’hallali, en est pour ses frais, alors il applaudit mollement. Il espérait une bataille d’Hernani, Warlikowski n’en leur en donne pas le loisir. Son talent est évidence. Il a repris son ouvrage, coupé une demi-heure de vociférations d’Isabelle Huppert pour être sur l’os. Bien sûr qu’on n’entend pas, comme au lycée, le « Tramway nommé désir » de Tennesse Williams, mais une variation hallucinée et engageante qui vaut toutes les intrigues bien ficelées. Un théâtre furieux et misanthrope qui vous court longtemps après…

Un tramway, mise en scène de Krzystof Warlikowski, traduction de Wajdi Mouawad, avec Andrzej Chyra, Florence Thomassin, Yann Collette.

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