L’instant Persécution

19159119.jpg

S’il ne doit rester qu’un film de cet automne-hiver, ce sera celui de Patrice Chéreau. Persécution. Encore un grand film malade, bien sûr, Patrice Chéreau ne saura jamais décider s’il est un cinéaste, un romancier, un metteur en scène de théâtre ou un scénariste. Ce refus d’entrer en une seule religion est pour certains, une faiblesse, pour d’autres, une force ou plus précisément un tremblement. Persécution est donc une nouvelle œuvre au noir, mal aimable, âpre et difficile dans un chatoiement de sentiments humains et dévastateurs. Ouverture : un SDF frappe une femme, la miséricorde aux yeux. Un homme (admirable Romain Duris) et une femme (Charlotte Gainsbourg impeccable) s’aiment, un autre, le fou (émouvant Jean-Hughes Anglade) voudrait l’aimer, lui, Daniel, le garçon désagréable, celui qui « prend la tête » de ses amis, de sa fiancée au point qu’elle a besoin de distance avec lui pour le supporter, inventant ensemble une scène sublime d’amour au téléphone. Daniel, qui se frappe la tête contre les murs de ses contemporains, sur les chantiers qu’il dirige, au bistrot, dans la maison de retraite où il visite les petits vieux. Daniel, encore, a un secret. Celui d’un grand garçon seul. Seul, parce que, soudain ou peut-être trop vite, devenu adulte. Une persécution, pour tous.

persecution2009178461739845036.jpg

Persécution, un film de Patrice Chéreau, avec Romain Duris, Charlotte Gainsbourg et Jean-Hughes Anglade (1h30).

Laisser un commentaire