Drôle d’aubergistes à Woodstock

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Demetri Martin dans « Hotel Woodstock » © DR

On avait laissé Ang Lee à Brokeback Mountain, deux cowboys éperdus d’amour l’un pour l’autre. On le retrouve à Woodstock, sur les pas d’un drôle d’Eliott, garçon sensible s’ennuyant à Bethel, écrasé par une mère ashkénaze, jamais remise de la guerre et de son exil, un père falot et taiseux, naviguant entre le motel familial et New York où il tente une laborieuse carrière artistique. En quelques jours, sa verte vallée deviendra, par son entregent libertaire, le mythique « Woodstock », et son hôtel vétuste le carrefour de toutes les expériences hippies. Eliott, lui, embrassera et couchera avec un solide garçon au regard triste, se laissera aller à un trip flower-power, protégé par un body-guard transgenre (excellent Liev Schreiber). Vivre, vivre enfin : c’est le credo d’Ang Lee depuis ses premiers films. A Woodstock, la démonstration est intéressante mais tourne un peu court tant la reconstitution est caricaturale et les personnages campés grossièrement. On aurait aimé une part documentaire plus grande, moins légendaire pour que le film sonne plus juste. Il n’empêche, cet Eliott, sa famille, ses nouveaux amis, sont attachants et portent le film de toutes leurs maladresses.

Hôtel Woodstock, un film d’Ang Lee. En salles.

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