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Archive pour septembre 2009

M’as-tu vu ? Episode 38

Dimanche 20 septembre 2009

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Le président Nicolas Sarkozy et Robert Bourgi © DR

Quelle lutte en barbouzie a fait sortir ces dernières semaines Robert Bourgi du bois francafricain. Portrait en dernière page de Libération, dans Le Monde, interview maladroite au micro de Jean-Michel Apathie sur RTL. Trafic d’influence au moment de l’accession au pouvoir de la nouvelle génération Bongo entre l’homme qui se dit ami du Président Nicolas Sarkozy, le Quai d’Orsay de son ennemi Bernard Kouchner et la cellule africaine de l’Elysée, dirigée par Bruno Joubert ? Il y a là un agenda secret que sans doute nous ne sommes pas capables de saisir, mais il n’empêche que sa présence jette le trouble sur les relations déjà sombres entre la France et l’Afrique. L’avocat Bourgui qui rappelle à l’envi le conseil de son parrain Jacques Foccart « En Afrique, reste à l’ombre, tu n’attraperas de coup de soleil » parle. Et beaucoup : la nouvelle aux médias français de la mort de « Papa » Bongo – le président gabonais lui donnait du « fiston » -, l’éviction de Jean-Marie Bockel du Secrétariat d’Etat à la Coopération, le conseil du nouveau ministre Joyandet et de Claude Guéant à l’Elysée, c’est lui, les contacts entre le fils du président Wade et le ministre Hortefeux, toujours lui, les négociations autour des ports africains administrés par Vincent Bolloré, pas de doute, il est passé par là. Il a encore cette phrase : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgui, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra ». Subliminale forcément subliminale.

Olivier Py : la Joie des poèmes amers ?

Samedi 19 septembre 2009

Qui aime, sans mesure, Olivier Py, ses spectacles baroques entre Joie et Poème, lui accorde volontiers son indulgence. Il en fallait beaucoup hier soir en sortant de la première de sa nouvelle pièce « Les enfants de Saturne » aux Ateliers-Berthier. Dans un décor comme un manège, il nous conte l’explosion d’une famille, soudée par l’argent d’un père, magnat de la presse vieillissant comme son journal menacé de disparition faute de lecteurs et de capitaux. Deux fils, encore un autre illégitime à la main broyée, une fille, un petit-fils comme le Messie de temps nouveaux…
En deux longues heures et demie, Olivier Py tricote et détricote ces atrides avec force hystérie. A ce jeu-là, la pauvre Amira Casar, doigt tendu et silhouette chiffonnée, est la plus convaincue. Les hommes, quand ils sont vieux, disent avec conviction le tragique Poème du monde, celui que désormais rabâche Olivier Py à chacun de ses spectacles. Les garçons, quand ils sont jeunes, beaux et vaillants, s’habillent, se déshabillent, se rhabillent, déclamant une Poésie de l’Amour encore possible comme l’Avènement d’une nouvelle Méditerranée… Malgré des fulgurances dignes des grandes heures d’Olivier Py, le spectacle s’enlise. Il faut la toute puissance des jeunes et des vieux acteurs (Frédéric Giroutru, Mathieu Dessertine, Pierre Vial) pour faire renaître, par instant, un intérêt pour ce spectacle faussement mythologique. Et, avec beaucoup d’indulgence, encore…

Les enfants de Saturne, texte et mise en scène d’Olivier Py, Odéon-Ateliers Berthier, jusqu’au 24 octobre.

Le grand retour d’Hervé Guibert

Samedi 19 septembre 2009

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Santa Caterina © Hervé Guibert

Octobre sera guibertien ou ne sera pas ! Après le projet « rien autre que radiophonique » de Vincent Josse, les éditions Gallimard annoncent pour le début du mois la réédition du premier texte d’Hervé Guibert paru aux Editions Régine Deforges « La mort propagande », augmenté d’une préface de Thomas Simonnet, éditeur si attentif à l’œuvre de l’auteur du « Mausolée des amants » à qui l’on doit aussi les dernières rééditions (« Zouc par Zouc », « Suzanne et Louise », « Les articles intrépides »). Le 4 octobre, le distributeur BHQL proposera à la vente le film mythique et terrible d’Hervé Guibert « La pudeur ou l’impudeur », une docu-fiction tournée dans les dernières semaines de la vie de l’écrivain entre Paris et l’Ile d’Elbe. Ses deux éditions vont de pair tant elles permettent en reflet l’une de l’autre de mieux comprendre l’oeuvre « barbare et délicate » d’Hervé Guibert…

Hervé Guibert, La mort propagande et autres textes de jeunesse, Editions Gallimard.

La pudeur ou l’impudeur, un film d’Hervé Guibert, Editions BHQL. En bonus, un commentaire de l’écrivain Christophe Donner et les deux émissions télévisées « Apostrophes » et « Ex-Libris » auxquelles participa Hervé Guibert.

Les métamorphoses du génial Simon Starling

Samedi 19 septembre 2009

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© Simon Starling

Le communiqué du Mac Val l’annonce comme « l’un des artistes britanniques les plus audacieux de la scène internationale ». Le rendez-vous avec Simon Starling ne peut se manquer sous aucune prétexte. « Avec un double projet, qui s’étend du MAC/VAL à Vitry-sur-Seine au centre d’art du Parc Saint- Léger, le lauréat 2005 du Turner Prize conçoit, en deux volets, sa première grande exposition monographique en France. Profitant des deux espaces, il poursuit un travail centré sur les transformations, les métamorphoses, créant de nouvelles circulations, du matériau à l’objet et de la substance à la forme, ou encore d’un lieu à l’autre. Simon Starling, passé maître dans l’art de la ré-interprétation, livre en toile de fond une nouvelle analyse de notre société, en pointant les conséquences écologiques, économiques et culturelles des phénomènes de déplacements induits par la mondialisation. » On y revient vite, une fois l’expo vue !

Simon Starling, Thereherethenthere, (1997 – 2009), Mac Val, Vitry-sur-Seine, jusqu’au 27 décembre 2009

Marie France : play it like Bardot

Samedi 19 septembre 2009

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Marie France à Liège © Dominique Houcmant (http://cliketclak.skynetblogs.be)

Comme le songe d’une nuit des années 80. Pour un soir, Marie-France est aux Trois-baudets, chez l’ami Julien Bassouls. Pour un petit récital consacré à Brigitte Bardot. Les amis de Marie France sont dans la salle : Pierre et Gilles, Caroline Loeb, Valérie Lemercier et quantité de vieux garçons très sensibles à la fantaisie de la chanteuse et comédienne qui émut en d’autres temps Marguerite Duras et André Téchiné. Elle chante, Marie France. Les chansons espiègles et ensoleillées de la fille de la Madrague avant qu’elle ne devienne ce monstre xénophobe et raciste. Sans choucroute, mais en petite robe de dentelles, sans vichy mais avec une vraie passion pour celle que Dieu créa. C’est charmant, un peu foutraque, mais plein de tendresse. L’élégant Alain Chamfort la rejoint un temps sur scène. Insouciance des années Palace, Paris nostalgie.

M’as-tu vu ? Episode 37

Samedi 19 septembre 2009

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Martine Aubry et Ségolène Royal à La Rochelle © Mahé / Reuters

Il fallait lire cette image d’une autre façon que la lecture qui en fut donnée lors de l’Université du Parti Socialiste à la Rochelle. Il y avait deux femmes, il persistait une haine féroce entre deux, encore loin d’une paix armée. Ces feux mal éteints se sont ravivés par la publication d’un livre sur la fraude électorale au PS. L’harmonie explosée, on se demande bien si cette gauche-là a un avenir et désire même en avoir un…

Jacques Audiard, prophète en sa prison

Samedi 19 septembre 2009

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Tahar Rahim © DR

On a tout dit sur « Le prophète » de Jacques Audiard depuis sa présentation triomphale au Festival de Cannes 2009. Le film est sur les écrans et rencontre son public. Il le mérite. Un grand film, bien sûr, mais ce sont avant tout les belles manières et l’intelligence de Jacques Audiard à construire ce sombre roman d’initiation qui emportent l’adhésion. Un maniérisme « pasolinien », en somme, qui fait respirer son film et l’élever à son meilleur.

Un prophète, un film de Jacques Audiard (2h30). En salles.

Angelin Preljocaj perd l’équilibre

Samedi 19 septembre 2009

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© DR

C’était le spectacle de rentrée attendu de tous. Le parterre du Théâtre des Abbesses comptait au soir de la première tous les hérauts de la nomenklatura culturelle française et parisienne. Un solo de Preljocaj, dansé par le chorégraphe sur des accords de Genet, on attendait le plus exquis. La déception est grande. Le spectacle ne prend pas, plombé par une pesante scénographie de rouleaux de papier, fragilisé par la diction balbutiante du danseur et une chorégraphie anémiée. Le funambule, l’un des plus beaux textes de Jean Genet, perd ainsi tout écho et c’est triste.

En tournée dans toute la France.

Non ma fille… : un film breton

Samedi 19 septembre 2009

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Chiara Mastroianni © DR

Il y a au cœur du film de Christophe Honoré un court métrage maladroit et breton. Ce conte rappelle l’attachement du cinéaste à ses origines bretonnes. Il y est revenu filmer cette belle histoire en famille, portée avec talent par Chiara Mastroianni, Marie-Christine Barrault, Fred Ulysse, Jean-Marc Barr et Marina Foïs. Le film est tranquille et sa beauté lente vient de cet apaisement au regard des dangers que recèle la vie de famille. Aidée au scénario par la romancière Geneviève Brisac, Christophe Honoré filme sec et juste les tourments d’une jeune mère divorcée, enfermée dans une vie qu’elle ne veut plus, dont elle ne peut plus. Cette force tranquille et souvent triste, Chiara Mastroianni, s’en empare et fait du personnage de Léna une fière héroïne.

Non, ma fille, tu n’iras pas danser, un film de Christophe Honoré. En salles.

Les regrets : une histoire (trop) simple

Samedi 19 septembre 2009

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Yvan Attal et Valeria Bruni Tedeschi © DR

Les regrets, le nouveau film de Cédric Kahn, réalisateur de l’indépassable « Roberto Succo » avec le volcanique Stefano Castelli. Les regrets, Yvan Attal face à Valeria Bruni-Tedeschi. Les regrets, une passion amoureuse, avec ses hauts et ses bas, ses cris, ses hystéries, ses allers sans retours et ses retours quand même. Un film français. Pas mal fait, mais mou. En sortant, on pense à Claude Sautet, à son exigence, sa rigueur, son souci du détail sociologique et son art des situations. Avec le même argument, il aura fait de grands films : « César et Rosalie », « Max et les ferrailleurs », sans oublier « Mado », et l’un des plus beaux : « Une histoire simple »… Ici, on en est loin.

Les regrets, un film de Cédric Kahn. En salles.

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