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Une biennale de Lyon sans humanité

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Theorists © Fikret Atay

Retour à Lyon pour la Biennale d’art contemporain. Sans attendre les commentaires des uns et des autres pour se donner, sans a priori, la possibilité de découvrir les propositions de Hou Hanru, commissaire express d’une Biennale abandonnée par son commissaire titulaire il y a à peine six mois.
A l’heure où de Toulouse à Bordeaux en passant par Reims et Nantes se dessinent une nouvelle géographie « urbaine » de l’art contemporain, Lyon, toujours en tête par la fermeté et l’intérêt de ses choix, semble déshumanisée. Il est ici question du « spectacle du quotidien » mais cela ne veut rien dire. Et toutes les définitions se valent dans l’éprouvante solitude commune à la centaine d’installations venus du monde entier, avec une forte et intéressante représentation des pays du Sud. Têtes, sans doute fort savantes, penchées sur l’art et ses manières, pour une absence de sentiments et des émotions en fuite…
De l’homme, dans ce sévère constat du quotidien, il ne reste rien ou très peu – ultra-industrialisation (Michael Lin), violence animale (Abdel Abdessemed), brûlure théocratique (Fikret Atay), ossements humains en porcelaine d’exportation (Yang Jiechang), baisers sur le sable avant le chaos d’un tsunami (Agnès Varda), bataillon d’une armée mécanique (Jompet Kuswidananto), décharge pleine à ras bord (Barry Mc Gee, Sarkis), dégâts de VHS et de bandes magnétiques copiées à l’infini (Mounir Fatmi), facéties de geek éprouvantes (Alan Bulfin, HeHe), addictions post-modernes (Yangjang Group). Des restes humains que concurrencent des notions – liberté, de circulation (Société réaliste), démocratie (Un nous, Carlos Motta, Robert Milin) – qui semblent fragiles et dégradées (Lin Yilin, Thierry Fontaine, Bani Abidi, Wong Hoy Cheng). De temps à autre, quelques fleurs soulagent (Bik van der Pol, Lei Mingwei). On nous propose de les accueillir à deux conditions : de changer de chemin pour rentrer chez soi et de les offrir à un(e) inconnu(e) dont on bouleverserait, qui sait, le quotidien…

Biennale de Lyon, jusqu’au 3 janvier 2010.

Une réponse à “Une biennale de Lyon sans humanité”

  1. artigue dit :

    Bonjour,sans humanité peut-être pas car il faut être spécialiste en art contemporain pour tout apprécier,mais c’est vrai qu’on reste perplexe.
    Jocelyne ARTIGUE

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