Quand le Byzantin se souvient du Florentin

On lui connaît une ironie mordante quoiqu’on ne partage pas ses options politiques. Mais, depuis quelques mois, Edouard Balladur, parlementaire en noble retraite, parle avec une liberté qui intéresse. Dégagé des contingences politiciennes, il fait dans les commissions que lui confie le trépidant Sarkozy œuvre de sagesse avec une faconde propre à sa naissance byzantine qui lui va bien. En cette rentrée, de nouveau, il prend la plume pour conter sa cohabitation avec François Mitterrand, témoin de première vue de la fin de carrière du sphinx présidentiel. « Le Figaro Magazine » en livre dans sa dernière édition les bonnes feuilles, où l’ancien Premier ministre dit tout de l’homme malade, acculé aux révélations sur son passé vichyste et sa double famille, pointe sa méchanceté et sa délectation pour le combat politicien. Il raconte encore comment le Président l’encourage puis n’a de cesse de le faire chuter, ne manquant rien du duel l’opposant à son « ami de trente ans » Jacques Chirac. Un petit trésor de cruauté à lire en attendant les Mémoires du Président Chirac à paraître chez Nicole Lattès en novembre prochain.

Edouard Balladur, Le pouvoir ne se partage pas (Conversations avec François Mitterrand), Fayard.

Laisser un commentaire