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Archive pour 20 septembre 2009

Sébastien Castella en triomphe à Nîmes

Dimanche 20 septembre 2009

Décidément, les « figuras » de la temporada 2009 n’auront pas laissé de grandes émotions dans les arènes françaises. On se souvient, encore malheureux, des échecs de José Tomas à Bayonne fin juillet et on oubliera très vite la pâle prestation de Morante de la Puebla ce dimanche à Nîmes dans un mano a mano attendu avec Sébastien Castella. Le torero espagnol fit trois tours et s’en fut sans le moindre trophée après trois faenas plates et déconcentrées. Les dames méchantes – elles sont légions sur les bancs des arènes nîmoises – mirent en doute sa souplesse, lui reprochant un embonpoint naissant, contrariant toute vélocité. Les mêmes firent une nouvelle fois les yeux de Chimène à l’intrépide Castella. Le petit prince est devenu Roi. Incontestablement. Il offrit deux séquences d’exception et laissa l’assistance chavirée par tant de bravoure au combat. Il quitta l’arène en triomphe, nos mains rougies de tant d’applaudissements.

Liban : sur la route de Beyrouth à Baalbeck

Dimanche 20 septembre 2009

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© Spencer Platt / Getty Images

Sur la route de Baalbeck, Beyrouth et le Liban se découvrent. La capitale apparaît et disparaît comme un fier port de Méditerranée. Elle semble droite, et non pas meurtrie en son cœur par tant d’années troublées. L’illusion de sa beauté éternelle, le souvenir intact de son âge d’or tient à une reconstruction forcenée qui doit beaucoup au président assassiné Rafic Hariri. Son mausolée immense trône sur la place des martyrs entre le Virgin Mégastore et la grande mosquée de Beyrouth, à quelques pas de l’église maronite. Tout le Liban contemporain est là, moitié Genève, moitié Sarajevo au sortir de son siège. Le souk accueille désormais les boutiques de luxe. Gucci, Prada, Burberry, Benetton, Dior font le ravissement de la gentry libanaise. La réplique de cette image, lauréate du World Press Photo 2006, qui fit couler tant d’encre : une jeunesse photographiée comme insouciante dans les gravats d’un Beyrouth sous les bombes.
Sur la route, vers Baalbeck, on voit le Liban, la Méditerranée, le Mont Liban qui pousse par delà les nuages, la plaine de la Bekaa, terre riche et grasse qui nourrit ce pays de petites villes modernes et de gros bourg paysans. La frontière syrienne est à vol de moineaux. Baalbeck. Plusieurs portraits en pied, gigantesques, de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, se succèdent et vous accueillent. Plus loin, le QG du Parti de Dieu en impose, portrait de Yasser Arafat en proue. La route se prolonge jusqu’aux temples romains, un des sites archéologiques les mieux préservés au monde. Le péristyle passé, les visiteurs se posent sur les pierres monumentales menant au temple de Jupiter. L’air est chaud, à peine tempéré par le vent de ce presque début d’automne. Chacun rêve enveloppé par les appels à la prière des muezzins. L’usage du monde, même le plus cabossé en ces temps incertains, est notre douceur.

M’as-tu vu ? Episode 39

Dimanche 20 septembre 2009

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Miyuki Hatoyama © DR

Miyuki Hatoyama mange le soleil. Soit. Madame Hatoyama est aussi l’épouse du premier Premier ministre issu des rangs du Parti Démocrate après la longue suprématie des conservateurs japonais. Miyuki, si elle le permet, est encore une délicieuse sexagénaire excentrique qui fait la une des médias internationaux avec des histoires à dormir debout. Ancienne actrice, abonnée des plateaux de télévisions où elle livre ses conseils beauté, déco et gastronomie, elle se veut « compositrice de sa vie », jamais en reste d’un « voyage interplanétaire» ou d’un de ses fameux « petits déjeuners solaires ». Un micro se tend et la voici qui décrit ses festins : « Je mange le soleil, j’aime cela, miam, miam, miam… Cela me donne énormément d’énergie. Mon mari en prend aussi. » La nuit, près de Yukio, il lui arrive d’autres aventures extra-sensorielles : « Tandis que mon corps dormait, mon âme a été propulsée sur Vénus. C’est un endroit très beau, et très vert »… Pour elle, « les rêves deviennent réalité si vous y croyez vraiment ». La preuve, elle a même croisé Tom Cruise lors d’une virée intergalactique. Pas de doute, « il était japonais dans une vie antérieure ». Notre nouvelle sorcière bien aimée…

Entrez dans la légendaire armée du crime

Dimanche 20 septembre 2009

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C’est après deux belles heures un rien alanguies de film que Robert Guédiguian livre sa vérité. De ce groupe Manouchian à l’affiche de son nouveau film « L’armée du Crime », il a modifié le parcours et la chronologie pour que ses héros entrent dans la légende. Cette honnêteté emporte alors l’adhésion. C’est à une entrée en légende que nous convie donc Robert Guédiguian, réalisateur d’origine arménienne et longtemps compagnon de route du Parti communiste. Qu’importent alors les naïvetés, les trémolos de bravoure et d’amour mélangés, ce Paris de carton-pâte, les ciels lumineux d’une femme courage ou la beauté sauvage de quelques fougueux militants découvrant la lutte armée, Robert Guédiguian forme de ces fantômes fusillés au Mont Valérien en 1944 des héros rassemblés comme ils le peuvent autour d’un poète amoureux, Missak Manouchian, subtilement interprété par Simon Abkarian. Avec toujours le même cœur à l’ouvrage.

L’armée du crime, un film de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin, Grégoire Leprince-Ringuet, Jean-Pierre Darroussin (2h19). En salles.

Quand le Byzantin se souvient du Florentin

Dimanche 20 septembre 2009

On lui connaît une ironie mordante quoiqu’on ne partage pas ses options politiques. Mais, depuis quelques mois, Edouard Balladur, parlementaire en noble retraite, parle avec une liberté qui intéresse. Dégagé des contingences politiciennes, il fait dans les commissions que lui confie le trépidant Sarkozy œuvre de sagesse avec une faconde propre à sa naissance byzantine qui lui va bien. En cette rentrée, de nouveau, il prend la plume pour conter sa cohabitation avec François Mitterrand, témoin de première vue de la fin de carrière du sphinx présidentiel. « Le Figaro Magazine » en livre dans sa dernière édition les bonnes feuilles, où l’ancien Premier ministre dit tout de l’homme malade, acculé aux révélations sur son passé vichyste et sa double famille, pointe sa méchanceté et sa délectation pour le combat politicien. Il raconte encore comment le Président l’encourage puis n’a de cesse de le faire chuter, ne manquant rien du duel l’opposant à son « ami de trente ans » Jacques Chirac. Un petit trésor de cruauté à lire en attendant les Mémoires du Président Chirac à paraître chez Nicole Lattès en novembre prochain.

Edouard Balladur, Le pouvoir ne se partage pas (Conversations avec François Mitterrand), Fayard.

Dita von Teese en revue à Paris

Dimanche 20 septembre 2009

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Dita de retour à Paris © DR

Est-ce la crise financière et ses dommages collatéraux qui poussent Mademoiselle von Teese à quitter les belles demeures des Champs-Elysées pour s’encanailler dans les maisons borgnes des boulevards ? On cherche encore la raison. Survendu comme l’événement de la rentrée burlesque, le Casino de Paris affiche pour la première fois depuis des temps très anciens une revue, mise en scène par Philippe Calvario. Le résultat est indigent, vulgaire et sans hauteur mais, étrangement, le public est là. Il attend les deux shows de Dita von Teese qui illuminent le plateau laissé deux heures durant à des strip-teaseuses, comiques, performers, chanteuses de deuxième zone… Arrive Dita et s’ouvre une parenthèse enchanteresse : d’abord, le cultissime « Be Cointreau-versal », mariage de raison entre la célèbre marque et l’effeuilleuse qui patauge allègrement dans un long verre de cocktail. Une heure, l’entracte passent et pour la première en Europe, Dita von Teese présente son nouveau numéro « Opium Den » sur un air shangaïsé des Cure. Un péché mignon d’une dizaine de minute, scintillant de brillants Swarovski, glamour à mort…

M’as-tu vu ? Episode 38

Dimanche 20 septembre 2009

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Le président Nicolas Sarkozy et Robert Bourgi © DR

Quelle lutte en barbouzie a fait sortir ces dernières semaines Robert Bourgi du bois francafricain. Portrait en dernière page de Libération, dans Le Monde, interview maladroite au micro de Jean-Michel Apathie sur RTL. Trafic d’influence au moment de l’accession au pouvoir de la nouvelle génération Bongo entre l’homme qui se dit ami du Président Nicolas Sarkozy, le Quai d’Orsay de son ennemi Bernard Kouchner et la cellule africaine de l’Elysée, dirigée par Bruno Joubert ? Il y a là un agenda secret que sans doute nous ne sommes pas capables de saisir, mais il n’empêche que sa présence jette le trouble sur les relations déjà sombres entre la France et l’Afrique. L’avocat Bourgui qui rappelle à l’envi le conseil de son parrain Jacques Foccart « En Afrique, reste à l’ombre, tu n’attraperas de coup de soleil » parle. Et beaucoup : la nouvelle aux médias français de la mort de « Papa » Bongo – le président gabonais lui donnait du « fiston » -, l’éviction de Jean-Marie Bockel du Secrétariat d’Etat à la Coopération, le conseil du nouveau ministre Joyandet et de Claude Guéant à l’Elysée, c’est lui, les contacts entre le fils du président Wade et le ministre Hortefeux, toujours lui, les négociations autour des ports africains administrés par Vincent Bolloré, pas de doute, il est passé par là. Il a encore cette phrase : « Au Gabon, la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgui, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra ». Subliminale forcément subliminale.