Qui aime, sans mesure, Olivier Py, ses spectacles baroques entre Joie et Poème, lui accorde volontiers son indulgence. Il en fallait beaucoup hier soir en sortant de la première de sa nouvelle pièce « Les enfants de Saturne » aux Ateliers-Berthier. Dans un décor comme un manège, il nous conte l’explosion d’une famille, soudée par l’argent d’un père, magnat de la presse vieillissant comme son journal menacé de disparition faute de lecteurs et de capitaux. Deux fils, encore un autre illégitime à la main broyée, une fille, un petit-fils comme le Messie de temps nouveaux…
En deux longues heures et demie, Olivier Py tricote et détricote ces atrides avec force hystérie. A ce jeu-là, la pauvre Amira Casar, doigt tendu et silhouette chiffonnée, est la plus convaincue. Les hommes, quand ils sont vieux, disent avec conviction le tragique Poème du monde, celui que désormais rabâche Olivier Py à chacun de ses spectacles. Les garçons, quand ils sont jeunes, beaux et vaillants, s’habillent, se déshabillent, se rhabillent, déclamant une Poésie de l’Amour encore possible comme l’Avènement d’une nouvelle Méditerranée… Malgré des fulgurances dignes des grandes heures d’Olivier Py, le spectacle s’enlise. Il faut la toute puissance des jeunes et des vieux acteurs (Frédéric Giroutru, Mathieu Dessertine, Pierre Vial) pour faire renaître, par instant, un intérêt pour ce spectacle faussement mythologique. Et, avec beaucoup d’indulgence, encore…
Les enfants de Saturne, texte et mise en scène d’Olivier Py, Odéon-Ateliers Berthier, jusqu’au 24 octobre.













