Qui connaît monsieur Bockel ?

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Jean-Marie Bockel © DR

Il était une figure reconnue du Parti Socialiste, maire de Mulhouse, tenant de l’aile libérale de premier parti de gauche. Il n’en pouvait plus de ne pas être entendu, considéré à sa juste valeur. Après un flirt avec Nicolas Sarkozy, il a accepté le baiser de l’ouverture. Sa voix contre de jolies gambettes comme la petite sirène du conte d’Andersen et la possibilité enfin de courir vers le succès de ses idées ? Rien, à la différence du populaire Bernard Kouchner réalisant son rêve (ministre des affaires étrangères, tu te rends compte, Christine !) ou d’Eric Besson traître majuscule, Jean-Marie Bockel n’a eu rien en échange de son passage à droite. Des peaux de banane, tout juste : un secrétariat d’Etat à la Coopération, où il s’imaginait libre de ses paroles, pourtant vite rattrapé par la réalité de francafrique, un secrétariat d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, où il est difficile de faire entendre son goût pour les dossiers économiques et politiques et désormais – il est de tous les remaniements – un secrétariat sans affectation auprès de la Garde des Sceaux, ministre d’Etat. Il pensait être sous-ministre des prisons, un dossier cher au président, Michèle Alliot-Marie, femme de tête et vieux routier des gouvernements (elle est ministre depuis 8 ans !), ne lui a rien lâché. Il le concède dans un entretien hier au Figaro : « Quand j’ai été nommé place Vendôme, il m’a falllu trouver mes marques. Je pensais avoir des attributions que je n’ai finalement pas. Je fais avec beaucoup de plaisir ce que ma ministre de tutelle me demande de faire, et je compte être présent sur tous les sujets car je n’ai pas d’attributions limitatives »…
Pour passer le temps, il a crée un parti, La gauche moderne, 1500 adhérents au compteur, deux députés européens en cadeau mais là encore, Jean-Marie Bockel doit avaler toutes les couleuvres. La plus grosse, cet été, est l’arrivée de souverainiste Philippe de Villiers au sein du comité de liaison de la majorité, machine à gagner les élections régionales, dirigée avec doigté par le sénateur marseillais Jean-Claude Gaudin. Apprenant le ralliement du MPF (et des chasseurs) à l’UMP, Jean-Marie Bockel avait promis une explication « virile ». Las, il a suffi que Gaudin et Besson sortent du bois et traitent par l’ironie le pauvre monsieur Bockel lors du passage de la caravane UMP à Marseille pour que le même rentre dans le rang. Plus question de montrer ses muscles, il veut « continuer à travailler de manière positive en réfléchissant à une plate-forme dans laquelle chacune des composantes de la majorité pourra se retrouver… ». On le plaint…

Entretien avec Anne Rovan, Le Figaro, 20 août 2009.

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