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Archive pour 21 août 2009

M’as-tu vu ? Episode 34

Vendredi 21 août 2009

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Bill Clinton en Corée du Nord. © Reuters /KCNA

Et le voici de nouveau, l’éternel come-back boy ! Les médias du monde entier ont ainsi salué le retour de Bill Clinton sur la scène internationale à l’occasion des négociations pour la libération des deux journalistes américaines Laura Ling et Euna Lee par Kim Jong-il. L’infâme tyran de Pyongyang avait demandé au secrétariat d’Etat sa venue, il est venu, les journalistes sont libérées moins de vingt heures après son arrivée. S’invente ainsi une diplomatie américaine à trois têtes, Barack Obama en première ligne, fixant les contours d’une nouvelle ère post-Bush, secondée par les époux Clinton, comme au bon vieux temps de leur Maison Blanche et de la sévère Madeleine Allbright. On pourrait crier au scandale, à la diplomatie parallèle, mais que voulez-vous, Bill Clinton apparaît et les caméras se tournent vers lui, simple, direct, décontracté et charmeur, sans qu’Obama ou Hillary y puissent quelque chose. Faisant campagne pour son épouse lors des primaires démocrates, il avait prévenu : c’était « Deux Clinton pour le prix d’un » !

Qui connaît monsieur Bockel ?

Vendredi 21 août 2009

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Jean-Marie Bockel © DR

Il était une figure reconnue du Parti Socialiste, maire de Mulhouse, tenant de l’aile libérale de premier parti de gauche. Il n’en pouvait plus de ne pas être entendu, considéré à sa juste valeur. Après un flirt avec Nicolas Sarkozy, il a accepté le baiser de l’ouverture. Sa voix contre de jolies gambettes comme la petite sirène du conte d’Andersen et la possibilité enfin de courir vers le succès de ses idées ? Rien, à la différence du populaire Bernard Kouchner réalisant son rêve (ministre des affaires étrangères, tu te rends compte, Christine !) ou d’Eric Besson traître majuscule, Jean-Marie Bockel n’a eu rien en échange de son passage à droite. Des peaux de banane, tout juste : un secrétariat d’Etat à la Coopération, où il s’imaginait libre de ses paroles, pourtant vite rattrapé par la réalité de francafrique, un secrétariat d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, où il est difficile de faire entendre son goût pour les dossiers économiques et politiques et désormais – il est de tous les remaniements – un secrétariat sans affectation auprès de la Garde des Sceaux, ministre d’Etat. Il pensait être sous-ministre des prisons, un dossier cher au président, Michèle Alliot-Marie, femme de tête et vieux routier des gouvernements (elle est ministre depuis 8 ans !), ne lui a rien lâché. Il le concède dans un entretien hier au Figaro : « Quand j’ai été nommé place Vendôme, il m’a falllu trouver mes marques. Je pensais avoir des attributions que je n’ai finalement pas. Je fais avec beaucoup de plaisir ce que ma ministre de tutelle me demande de faire, et je compte être présent sur tous les sujets car je n’ai pas d’attributions limitatives »…
Pour passer le temps, il a crée un parti, La gauche moderne, 1500 adhérents au compteur, deux députés européens en cadeau mais là encore, Jean-Marie Bockel doit avaler toutes les couleuvres. La plus grosse, cet été, est l’arrivée de souverainiste Philippe de Villiers au sein du comité de liaison de la majorité, machine à gagner les élections régionales, dirigée avec doigté par le sénateur marseillais Jean-Claude Gaudin. Apprenant le ralliement du MPF (et des chasseurs) à l’UMP, Jean-Marie Bockel avait promis une explication « virile ». Las, il a suffi que Gaudin et Besson sortent du bois et traitent par l’ironie le pauvre monsieur Bockel lors du passage de la caravane UMP à Marseille pour que le même rentre dans le rang. Plus question de montrer ses muscles, il veut « continuer à travailler de manière positive en réfléchissant à une plate-forme dans laquelle chacune des composantes de la majorité pourra se retrouver… ». On le plaint…

Entretien avec Anne Rovan, Le Figaro, 20 août 2009.

Woodstock en trompe-l’œil

Vendredi 21 août 2009

« Summer of love » sur Arte, dossiers de plusieurs pages dans la presse écrite, numéro spécial et fac-similé de Rolling Stone, impossible de passer à côté du 40e anniversaire du Woodstock Music Festival and Art Fair, plus connu sous le nom de « Woodstock », le rassemblement de la paix et de l’amour qui eut lieu à Bethel dans l’Etat de New-York, où 450 000 pacifistes et jeunes de toute l’Amérique vinrent écouter Jimmy Hendrix, Janis Joplin, Joe Cocker, Carlos Santana, Joan Baez, Arlo Guthrie en pleine guerre du Vietnam. Trois journées entières dans les prés à se droguer, à faire l’amour et écouter de la musique que beaucoup n’entendirent pas, trop éloignés de la scène.
Woodstock, la fin du mouvement hippie, les beatniks, les premiers babas, plus ou moins cools : un mythe qui dure pour ceux qui étaient, comme pour ceux qui courent après… Libération, dans un dossier dominé par un bon article « historique » d’Eric Dahan, est allé à la rencontre de quelques « vétérans » dont Bobbi et Nick Ercoline. La photographie du couple, enroulé dans une couverture au lever du jour, a fait le tour du monde sur la pochette de l’album-live. Depuis, à chaque anniversaire, ils témoignent, une horde de journalistes à leur trousse. Et le plus étonnant dans l’histoire est qu’ils ne sont pas ceux qu’on attend. « Nous n’étions pas franchement hippies (…) Nous avons réalisé que très tard l’importance de cette escapade pour notre génération ». Cinq amis en goguette, des « gosses de la campagne » – ils vivent à 70 km de Bethel – vont à un festival de musique. Une opération commerciale, à l’origine, dont les organisateurs seront bientôt submergés par l’affluence. Voiture abandonnée à des kilomètres de la scène, du vin et de la bière pour la soif, ils découvrent : « Le vrai spectacle était sous nos yeux, tantôt un groupe improvisait un barbecue, tantôt une couple s’aimait, d’autres chantaient ou dansaient. Woodstock, c’était des moments volés d’intimité partagée ». Ils sont toujours ensemble. Elle vote républicain, faisant une exception pour Obama, lui démocrate. La couette ? Ils l’ont ramassée parmi les sacs à dos, chaussures et autres vêtements abandonnés. Sur la route…

Libération, Aimer Woodstock, 15 – 16 août 2009.

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Bobbi et Nick Ercoline © Burk Uzzle