• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 20 août 2009

Archive pour 20 août 2009

Partir, revenir

Jeudi 20 août 2009

19112459.jpg
Kristin Scott Thomas © DR

Une jolie maison dans le Gard, cigales chantantes, baies vitrées sur le jardin, tableaux et mobiliers confortables. Deux adolescents, une femme anglaise pour un mari chirurgien. Les ouvriers travaillent dans l’atelier. Suzanne. Une femme s’ennuie, une femme s’enflamme pour le plus « brave » de ses ouvriers. Un catalan replet, poilu de dos comme de face, ancien taulard. Un diable de l’amour. Catherine Corsini, que l’on avait connu nettement moins inspirée, filme son actrice Kristin Scott-Thomas. Elle est de tous les plans, par tous les temps. Une femme et deux hommes. Rosalie, César, David, comme avant eux, Jules et Jim. L’histoire commence et finit d’un coup de fusil. D’emblée, Catherine Corsini prend la voie Truffaut jusqu’à utiliser en bande originale les musiques composées par Georges Delerue pour ses films. Son récit cavale. Il ne s’arrêtera pratiquement pas. Le scénario est sans relief mais Catherine en pince pour Kristin et c’est avec la performance nerveuse d’Yvan Attal, enfin, revenu devant la caméra, le meilleur de ce film aux situations attendues comme la ritournelle connue, perdue de vue, reconnue. Celle de la passion d’une femme amoureuse.

Partir, un film de Catherine Corsini (1h25). En salles.

Philippe Decouflé fait son entrée au Crazy

Jeudi 20 août 2009

48945.jpg
Philippe Decouflé et les girls © DR

Réjouissons-nous ! L’événement chorégraphique de ce début de saison n’aura pas lieu dans un digne théâtre subventionné, mais dans le bouclard le plus sélect de l’avenue Georges V. Philippe Decouflé, nouveau directeur artistique de la maison Bernardin, créée en 1951, présentera à partir du 21 septembre la nouvelle revue du Crazy Horse Saloon. Après les années de deuil, suite au décès du fondateur en 1994, les guest-stars de luxe (Arielle Dombasle, Dita von Teese), l’arrivée de Philippe Decouflé, 47 ans, maître de cérémonies de l’Ouverture des Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville (1992), du 50e Festival de Cannes (1997), signe le temps du renouveau. Fini, les girls soldées dans les émissions de réveillon de Michel Drucker ou Mireille Dumas, retour à la barre et au spectacle à l’heure où le burlesque est en plein revival.
Que sait-on de la revue 2009 ? Pour le moment, peu de choses si ce ne sont les déclarations d’intentions du chorégraphe : « C’était devenu un peu désuet, ces derniers temps, mais on contribue à moderniser le show, dans le respect de la tradition d’Alain Bernardin, cet esprit très « nu chic », pop, coloré, graphique (…) Je souhaite que ce lieu attire à nouveau les Parisiens, à qui j’ai envie de dire : venez, le Crazy est redevenu un lieu de création plus bizarre, plus rigolo (…) Il faut donc le modifier petit à petit. C’est ce que je fais depuis six mois. A ce jour, j’ai changé tous les interludes vidéo et la moitié des numéros. Mais j’ai conservé des tableaux « patrimoniaux » comme la danse des horse guards un petit bijou et j’ai remonté de vieux numéros comme celui des pirates. A l’arrivée, en septembre, ce sera un spectacle renouvelé, mais pas intégralement changé (…) En fait, c’est la première fois que j’ai un corps de ballet impeccable. Les filles ont toutes des jambes à peu près identiques. Pour travailler sur l’unité, c’est ce qu’il faut. Mais j’essaye tout de même de rendre l’ensemble moins standardisé : je fais ressortir les caractères, les spécificités de chacune. Par exemple, je débarrasse petit à petit le spectacle des perruques, pour qu’on voie leurs vrais cheveux, leurs vrais visages, qu’on les identifie… ». On y court.

Maman, j’ai rétréci le scénario

Jeudi 20 août 2009

19112537.jpg
Le choc Neuilly / Châlon © TFM Distribution

Voici donc la petite sensation cinématographique du moment. 300 000 entrées Paris en une semaine, le meilleur démarrage pour un film français depuis l’indigent OSS 117 : Rio ne répond plus. Circulez, il n’y a rien à voir, sinon un emballement médiatique par semaine d’août sans actualité culturelle évidente. On regarde les chiffres à la loupe, on tend son micro aux producteurs et on guette les spectateurs à la sortie des séances climatisées. Phénomène garanti pour un scénario bien mince, un happy-end courtois et une « pléiade » d’acteurs de comédie faisant des apparitions astucieuses (Valérie Lemercier, Josiane Balasko, Olivier sans Kad, Ramzy sans Eric, François-Xavier Demaison, Armelle) dans une comédie mollassonne opposant Neuilly et la banlieue au temps du sarkozysme triomphant. Un film pas méchant, sans gros rire qui tâche mais quel dommage de ne s’être pas offert un scénario plus épais quand on a la possibilité de rassembler une telle brochette d’acteurs dont les talentueux Denis Podalydès et Rachida Brakni !

Bayonne : un Tendero de jeunesse

Jeudi 20 août 2009

29083253985ffeff154d.jpg
Miguel Tendero © manon 71 / flickr

Juste un mot comme le dernier rayon de soleil avant que l’ombre ne recouvre l’arène. Un mot pour saluer la fougue de Miguel Tendero, jeune matador de toros qui faisait sa présentation à Bayonne le 15 août dernier en remplacement de Morante de la Puebla blessé. Il fut face au pâle et aphasique Julio Apparicio et un José Maria Manzaneres bien frileux l’éclat de cette journée, se plaçant fort devant les toros, leur arrachant quelques passes de panache et ne résistant pas au plaisir des applaudissements. Sa faena encore hachée, têtue, maladroite autant que brouillonne est à ses débuts, rappelant en bien des gestes les manières du jeune Castella. Celui d’avant les blessures et autres anémies. La voie Castella comme déjà une école de bravoure.

Lampedusa, île de beauté (les yeux fermés)

Jeudi 20 août 2009

centrovelalampedusa.jpg
Lampedusa © DR

D’un œil, à demi-clos, pour résister au soleil aveuglant, on reconnaît les paysages du film d’Emmanuele Crialese. Respiro. Lampedusa. Le film et l’île ont désormais destin lié. Les navettes de Siremar et Ustica Lines débarquent les touristes fortunés au matin après huit heures de paisible traversée ou 4 heures d’aliscafes, à saute-mouton sur les vagues de Méditerranée. Sur l’île, certains choisiront le scooter, d’autres les méharis de fortune qui trouvent ici une énième jeunesse à parcourir l’île en beauté. L’île n’a pas de site remarquable, pas de chapelles miraculeuses. Des hôtels de luxe, des restaurants de plage et de poissons, quelques pasticceria aux crémeux cornetti, six ou sept bistrots et trattorias via Roma où il fait bon se retrouver, douché et rafraîchi, à l’heure de l’apéro. Et rien d’autre qu’une terre de lune que des années de mauvais traitements agricoles ont rendu impropres à toute culture. On choisit sa plage et les eaux transparentes comme on visite l’île longue d’une dizaine de kilomètres. On s’y baigne sans souci de la température. Les eaux de Lampedusa apaisent d’une chaleur toute africaine. Nous sommes à 167 km de la Tunisie, à peine plus loin de la Libye. Cet horizon-là pose pourtant souci aux habitants. Cet hiver, comme les précédents, l’île aux fortunés a failli devenir l’île aux clandestins, les migrants africains échouant par milliers sur les côtes, premières frontières d’une Europe rêvée. L’administration italienne – berlusconienne – étant ce qu’elle est, les immigrants ont été entassés dans des centres militaires avant d’être renvoyés vers leur pays d’origine ou à défaut vers la Libye du Colonel Kadhafi avec qui les négociations sont plus que baroques. Il a fallu faire vite, l’été approchait. On ne peut pas mélanger les torchons et serviettes. La réalité et la beauté. Cet été, les plages sont belles, l’eau claire, les terrains militaires bien gardés et les clandestins disparus. Le soleil dore les estivants. La dolce vita.