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Pavillon noir sur la Biennale de Venise

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© Claude Lévêque / Courtesy Kamel Mennour

Il est ainsi de Venise et de sa Biennale d’art contemporain. Des succès attendus qui se confirment en échecs, des petites messes qui deviennent concerts de louanges, des temples privés qui deviennent des cathédrales. La 53. Esposizione Internationale d’Arte, de l’avis général, ne restera pas comme un bon cru : incohérence de l’exposition « Fare Mondi / Making worlds » du commissaire Daniel Birnbaum qu’on traverse sans s’arrêter malgré la présence d’ouvres de Simon Starling, Wolfgang Tillmans, Dominique Gonzalez-Foerster, , faiblesse des pavillons nationaux présentant pour beaucoup des vaches déjà sacrées du circuit international. Des travaux pas mauvais bien sûr, mais attendus, froids alors que l’attention de la Biennale vénitienne va à la nouveauté ou du moins l’étonnement. Ainsi, l’américain Bruce Nauman, l’anglais Steve McQueen, l’espagnol Miquel Barcelo jouent sans passion une partition déjà connue. Ainsi le pavillon cintré de noir et d’argent du français Claude Lévêque, appelé pompeusement « grand soir » intrigue une minute par sa folie carcérale et s’épuise aussitôt. Ce sont alors des artistes plus modestes qui emportent l’enthousiasme. Partons ainsi en Pologne (« Guests » de Krzystof Wodiczko et son théâtre de travailleurs de l’ombre), au Japon (l’hystérie des femmes éléphants de Mina Yanagi), au Chili (la vie matérielle d’Ivan Navarro), au Brésil (les images colorées de Luiz Braga), au Canada (les visions urbaines du photographe Mark Lewis) et terminons par le Pavillon très réussi des pays nordiques (Finlande, Norvège, Suède), transformé par les artistes Elmgreen et Dragset en vaste garçonnière. Son propriétaire gît, près de là, à la surface d’une piscine à la manière du cadavre de « Sunset Boulevard ». Un homme certainement sensible, amateur de design et des dessins corsés de Tom of Finland, collectionneur d’aventures masculines (impeccables « Butterflies » de Han&Him, étonnant tableau – de slips et shorts – de chasse comme on punaise des papillons), dont on visite l’appartement comme un voyeur. Enfin, un dernier mot pour le camerounais Pascale-Marthine Tayou qui crée, lui, de quelques caisses de bois, mille-fils de laine et sacs de farine stupéfiante, un drôle de monde, africain, tropical, étrange et fascinant.

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