Soweto : des pierres contre des fusils

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Si vous marchez dans Soweto, township de la banlieue de Johannesbourg, vous serez marqué par l’immensité du territoire. De petites villes s’inventent les unes près des autres, sans que les communautés véritablement ne se mélangent. Il y a le township des colored, celui des noirs, plus loin celui des indiens. Et encore celui des blancs pauvres. Soweto, on entend les cris de Biko, de Mandela. Sa maison est d’ailleurs là, en travaux, pour devenir un musée à la mémoire du leader de l’ANC et de la lutte contre l’apartheid qui connut dans ses lieux son essor. Quartiers de petits maisons, jardinets proprets, plus loin, c’est le chaos de la tôle ondulée et des enfants à l’abandon d’eux-même, courant, sales, d’une baraque à l’autre, quelques chiens galeux, des poubelles pleines, de la terre battue, pas d’horizon. Le samedi, c’est bien connu, c’est le jour des mariages. On se prend à rêver à l’écho des voix et des chants sortant d’une maison près du Hector Pieterson Museum.
Hector Pieterson, l’enfant du quartier, mort à quelques pas de là, sous les balles de la police blanche, le 16 juin 1976. Des revendications, une émeute, la police qui charge. Le petit écolier dans les bras d’un homme, une femme, une soeur pleure déjà sa souffrance. Un musée lui est consacré à Soweto – une belle réalisation qui embrasse toute la complexité du conflit sud-africain, de la création des townships au temps des mines d’or et de la prospérité de la ville, jusqu’à l’apartheid et les luttes pour en venir à bout. Des pierres contre des fusils. Une plongée dans l’histoire, riche, passionnante. J’en sors bouleversé, captivé par cette histoire effroyable et ces engagements de haute lutte pour le droit à l’égalité.

Hector Pieterson Museum, Soweto.

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