Françoise Sagan dans la paix de Seuzac

usersmarccapelledesktopimg05123.jpg
Les tombes de Françoise Sagan et de Peggy Roche à Seuzac © Marko Gazdo

Le Lot par tempête. De la roche, il jaillit des cascades, et la rivière, folle, est de boue. Au fond d’un autocar, on passe les villages les uns derrière les autres, petites bourgades de pierre blanche et clocher au milieu. Il fait bon vivre en campagne, dans une retraite toute en douceur. Ici, Figeac et Cahors sont de fières citadelles, vivantes, marchandes, ailleurs la vie de village est réglée par le passage du facteur, les informations de 13h et la fermeture de la supérette à 19h00 pétantes. Le calme. Dans cette paix, un bourg en impose plus qu’un autre : Cajarc. Il a connu d’illustres promeneurs, Georges Pompidou, d’abord, puis Françoise Sagan en charmant petit monstre, désinvolte et rapide. La route de Françoise Quoirez Sagan s’est finalement arrêtée là, une après-midi de septembre 2004, au cimetière de Seuzac. Elle y est revenue, sans vie, entourée des siens : Juliette Gréco, Pierre Bergé, Bernard Frank, Florence Malraux et Ingrid Méchoulan… Le cimetière est un petit enclos en pente, autour de champs de maïs. On y entre en déroulant une chaîne, sans cadenas, rouillée. Près de la tombe de Sagan et de son mari Robert James Westhoff, et en face de celle de sa famille, une stèle identique mais anonyme, vermoulue autant que la première est polie. Sous la pierre repose, discrète, la fidèle compagne de Françoise Sagan, la femme la plus aimée : Peggy Roche. On sort du cimetière, un peu mélancolique : qui, bientôt, sans la moindre inscription sur la tombe voisine, se viendra d’elles, ensemble ?

3 Réponses à “Françoise Sagan dans la paix de Seuzac”

  1. Z. dit :

    Article magnifique sur l’écrivain qui à 18 ans publia chez Juillard son premier roman Bonjour tristesse. Françoise Sagan vécu à deux mille à l’heure en y perdant peu à peu ses plumes d’éternelle enfant, trop vite jetée dans l’arène du monde adulte et surtout ‘responsable’. Elle restera un mythe, une allégorie de l’excès et de la souffrance, mais aussi de la jeunesse et de la passion.
    Aimez vous Brahms ?

  2. Jeab-Marie COUSIN dit :

    Le fait que des personnes comme Françoise Sagan finissent par etre devenues accrochées à un mode de vie aussi destructeur m’a toujours offusqué.Que la nature humaine est mal faite : il y a toujours un point faible quelque part.L’intelligence est-elle une qualité ou un état qui exhalte les pulsions et anile la sagesse ?

  3. ANNE dit :

    Sagan, c’est la classe, l’intelligence pure,la vie d’une jeune femme très attachante qui vivait d’une façon extraordinairement moderne dans une époque archaique ou le peuple ne pouvait même pas imaginer qu’une vie aussi belle et libre puisse exister car eux murés dans leur principes rigides et rétrogrades. Merci d’avoir bercé mon adolescence de provinciale madame,j’ai connu une autre vie grâce à vous ,je vous remercie, je vous aime.

Laisser un commentaire