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Archive pour 26 janvier 2009

Music hall : Fanny Ardant n’est pas « la Fille »

Lundi 26 janvier 2009

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Fanny Ardant © DR

Lambert Wilson la voulait. Il l’a eue et pourtant Fanny Ardant ne sera jamais « la Fille ». Celle, tragique, vulgaire et désabusée de la pièce de Jean-Luc Lagarce qu’il met en scène au Théâtre des Bouffes du Nord que le vaniteux Peter Brook a préféré céder à deux entrepreneurs de spectacles plutôt qu’au prometteur Joël Pommerat.
Le comédien-chanteur, désormais metteur en scène, le dit dans toutes les interviews : monter cette pièce avec Fanny Ardant dans le décor pompéien des Bouffes du nord était proprement « casse-gueule ». Et c’est finalement ce qui arrive, à jouer les boulevardières, les femmes déchues d’un théâtre misérable de salle des fêtes, Fanny Ardant trébuche et ne tient pas la rampe. « La Fille », non, ce n’est pas elle, elle n’y arrive pas. Elle, c’est définitivement Fanny Ardant qui débite du Lagarce comme elle livrerait, nature, quelques fulgurances de Duras. Et les mots résistent et rien ne va : ni ses deux acolytes en faire-valoir qui n’y peuvent pas grand chose, encore moins ce décor de planches faussement crasseux que Fanny Ardant n’arrive pas à arpenter, ni cette musique légère, la chanson de Joséphine Baker, qui ne sort jamais juste de sa bouche… Vers la fin, Ardant jette sa perruque blonde, elle parle encore, les yeux au bord des larmes. Qui arriverait à cet instant, se croirait dans la « Maladie de la mort »… En sortant, on repense à Hervé Pierre, oui, Hervé Pierre, dans le rôle de « la Fille ». Epoustouflant, superbe – lui ne craignait pas le ridicule, et jouait, jouait, encore jouait avec un plaisir rare et engageant. J’aurai peut-être dû rester sur cette belle impression.

Music-hall, de Jean-Luc Lagarce, ms Lambert Wilson, Théâtres des Bouffes du nord, jusqu’au 12 février 2009.

Winslet / Di Caprio : l’ennui de noces

Lundi 26 janvier 2009

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Leonardo Di Caprio et Kate Winslet © DR

Il y a des semaines comme cela. Des semaines où le cinéma vous tombe des bras. Des yeux il serait mieux de dire. Deux heures de crise conjugale en pavillon de banlieue chic et voisinage idoine, vue par Sam Mendes, tout heureux de réunir le couple légendaire de « Titanic », soit un Leonardo Di Caprio vieillisant mal et une Kate Winslet, déjà toute auréolée d’un Golden Globe, attendant de pied ferme l’Oscar. Du début à la fin, le film sent la performance et procure un ennui colossal. L’un baise, l’autre pas, puis c’est soudain l’inverse. L’un rêve, l’autre pas et à nouveau l’inverse. Les dernières scènes du film, astucieuses, voudraient sauver l’ensemble, mais rien n’y fait. L’émotion est restée à la porte du garage.

Les noces rebelles (Revolutionary Road), un film de Sam Mendes. En salles

M’as-tu vu ? Episode 21

Lundi 26 janvier 2009

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Jeanne Moreau © DR

Il faut croire que la connivence des médias est sans limite. Sinon, comment comprendre l’unanimisme autour du film médiocre d’Amos Gitaï tiré du livre de l’éternel président d’Arte France, Jérôme Clément ? Le patron fabiusien, ayant survécu à tous les régimes, reçoit encore pour l’adaptation de son livre « Plus tard, tu comprendras » (Le Seuil) des assauts de louanges, des tresses d’adjectifs admiratifs, tandis que dans la même semaine, sa soeur, Catherine, pareillement concernée par le drame familial, publie opportunément ses « Mémoires » aux éditions Stock. Que le film soit sans grande qualité, peu importe : le plan marketing est de première main, les réseaux tournent à plein régime pour fourguer au plus grand nombre cette histoire familiale édifiante. On voudrait un peu plus de décence…

« Plus tard, tu comprendras », un film d’Amos Gitaï, avec Jeanne Moreau, Hippolyte Girardot, Emmanuelle Devos, Dominique Blanc. En salles.