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Archive pour 25 janvier 2009

Catherine Deneuve avec vue sur le Liban

Dimanche 25 janvier 2009

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Rabih Mroué et Catherine Deneuve © DR

Elle est intrépide et définitivement la plus grande actrice française. La plus intriguante aussi, loin des minauderies de ses consœurs : Moreau, Ardant, Huppert, Adjani ou Béart. Elle a dit oui à deux jeunes cinéastes, venus de l’art contemporain. Oui pour partir avec eux, malgré son statut encombrant de reine du cinéma français, pour témoigner, route faisant, de la situation du Liban. Le prétexte d’un gala de charité à Beyrouth, et là voilà, déjà, dans la voiture de l’artiste Rabih Mroué, sans même le connaître, à sillonner son Liban natal. Vers le Sud et la frontière israélienne. Il ne se passe que peu de choses dans ce film : des secousses et des inquiétudes face à des terrains minés, des ciels changeants, des bâtiments en ruines, une maison familiale que l’on ne retrouve plus, quelques voisins, et encore des ruines comme un désert qui avance. Catherine Deneuve se promène à peine, regarde et s’en dort comme pour fuir le réel. Quelques heures plus tard, quand elle s’installe à la table de l’ambassadeur de France, elle guette à tout instant l’arrivée d’un homme : Rabih Mroué, devenu un guide, un ami.

« Je veux voir », un film de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige . En salles.

Two lovers : un homme pour deux femmes

Dimanche 25 janvier 2009

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Joaquin Phoenix dans Two lovers © Wild Bunch

Il est avec Paul Thomas Anderson un des meilleurs cinéastes de sa génération. Après un long purgatoire suite aux difficultés pour réaliser « The Yard », James Gray, revient à peine un an après « La nuit nous appartient » avec un nouveau film et toujours Joaquin Phoenix en alter-ego dans un mélo urbain de la meilleure facture. Un homme, deux femmes, des êtres fragiles, bousculés par leur famille et finalement grandis trop vite, qui s’essaient à leur propre destin. Au centre, balbutiant dans sa vie d’adulte, Joaquin Phoenix, immensément perdu, doublement amoureux, donne le plus émouvant de lui-même.

Two lovers, un film de James Gray (1h50). En salles.

Les garçons, regard triste, de Djamel Tatah

Dimanche 25 janvier 2009

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© Djamel Tatah / Galerie Kamel Mennour

Je n’ai rien dit, manque de temps, de la très belle exposition de Djamel Tatah à la galerie Kamel Mennour en décembre dernier. Un catalogue à découvrir et à acheter à la galerie de la rue Saint-André-des-Arts, permet de se faire une belle idée de ce travail si intense, si particulier. Des silhouettes errantes, suspendues dans des atmosphères de couleurs éteintes, le visage souvent triste comme happé par un quotidien sans éclat. Des garçons, en une salle magnifique, mains dans les poches, tête baissée. Uniques.

M’as-tu vu ? Episode 20

Dimanche 25 janvier 2009

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Marc Jacobs © DR

Juste d’un mot, parce que l’ouverture du magasin a fait cet automne la une des journaux et des suppléments mode, décrire l’atmosphère de la minuscule boutique Marc by Marc Jacobs, censée renouveler la « shopping addiction » parisienne par ses mini-prix et autres gadgets tendance signés par le délicat directeur artistique de la maison Vuitton. Quelle déception que ce bric-à-brac de bottes en caoutchouc, de bijoux de pacotille et de tee-shirts faussement militants. A New-York, les mêmes « concept-stores » sont remplis de petites japonaises hurlantes qu’il faut évacuer régulièrement pour laisser un peu de place aux clients suivants. A Paris, on surveille avec des airs de mijaurées très élevées les banlieusards à casquette siglées « VL » pour qu’ils ne tirent pas la camelote…

La soif de l’or noir, péché du nouveau monde

Dimanche 25 janvier 2009

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© DR

Un grand héros de cinéma est né. Daniel Plainview, un chercheur d’or noir, magnifiquement interprêté par Daniel Day Lewis. Pour ce rôle, il a obtenu fort justement l’Oscar du Meilleur Acteur, retrouvant le rang qu’il n’aurait jamais du quitter depuis « My left foot ». Acteur immense pour un film-monde, « There will be blood », quête insensée pour des gisements de pétrole, fable familiale de violence et de tristesse, se voit et se revoit avec un plaisir toujours renouvelé. Paul Thomas Anderson, à qui l’on doit aussi le très beau « Magnolia », y promène la même mélancolie. Essentiel.

There will be blood, de Paul Thomas Anderson. En DVD.

L’échange : la dame dans le tram

Dimanche 25 janvier 2009

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Angelina Jolie dans « L’échange » © DR

Merveille encore de ce cinéma américain, qui résiste à tout et refuse l’ennui. Même quand il joue en mode mineur, un film de Clint Eastwood est un plaisir de cinéma. C’est encore le cas de cet « Echange », bâti sur le récit d’une histoire vraie, celle d’une femme ayant perdu son enfant à qui la police corrompue mais inquiète de ses résultats en ramène un autre. Angelina Jolie – dont on peut souvent douter qu’elle soit une actrice accomplie – livre avec justesse ce combat, l’acharnement de toute une vie, au plus de près de la folie, au plus proche de sa conviction que cet enfant, le sien, n’est peut-être pas mort, sous les coups d’un maniaque. Eastwood, à son habitude, prend parti et son film, sans pardon, est une réussite.

Il divo : la religion du pouvoir

Dimanche 25 janvier 2009

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Il divo © Studio Canal

Un film d’Italie qui nous perd dans les errements de la vie politique italienne et nous revient cependant, jour après jour, comme un boomerang. Il est pourtant fragile, le film de Paolo Sorrentino. Fragile parce que la farce politique tourne court par une mise en scène inutilement hystérique, heureusement fragile par le portrait qu’il offre du couple Andreotti, métaphore des silences et des basses œuvres de la Démocratie Chrétienne italienne. Au meilleur du film, cet instant de solitude édifiante qui montre Andreotti, migraineux, quitter le domicile conjugal aux premières heures du jour, marcher à confesse, une armée de carabinieri autour de lui, s’arrêter pour lire sur un mur romain une inscription le conspuant. Faut-il faire tant de mal pour le bien commun ? Le film de Paolo Sorrentino dénonce mais ne trouve pas d’autre solution que le grand-guignol… Décevant.

Il divo, un film de Paolo Sorrentino (1h50). En salles.

Francis Bacon, période bleue

Dimanche 25 janvier 2009

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Francis Bacon © DR

D’un mot, revenir sur la si belle exposition Bacon de la Tate Britain de Londres. L’exposition a fermé ses portes, elle sera bientôt visible en Italie. S’il vous est possible de passer les Alpes, courrez-y. Injustement décriée par certains spécialistes auto-proclamés de Bacon, cette exposition offre une belle perspective : celle d’un Francis Bacon amoureux, qui de tableau en tableau, n’a de cesse d’inscrire sur la toile, les méandres de sa vie sentimental. Du bleu tendre au noir le plus sombre, de Georges Dyer, l’ami-amant adoré, au visage démultiplié d’œuvre en œuvre, suicidé à Paris quelques heures avant sa première grande rétrospective, jusqu’au dernier garçon, Bacon cavale, fleur bleue, coeur noir.

Agathe Cléry, une horrible femme fardée

Dimanche 25 janvier 2009

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Agathe Cléry © Produire à Paris

Je reviens… Et pour dire en quelques lignes la médiocrité du film d’Etienne Chatiliez. une comédie musicale qui ne vaut pas une note, lesté de lourdeurs et autant de facilité qui font de nouveau descendre Valérie Lemercier de son piédestal. A se demander si elle s’en remettra. Après son spectacle bâclé au Palace, une nouvelle pochade annoncée pourtant à grand renfort d’interviews complaisantes… Avec médias choisis sur le volet pour éviter que le nouveau tour de passe-passe soit éventé… Il semble que le public boude, ce n’est que justice.

Agathe Cléry, un film d’Etienne Chatiliez (1h50). En salles.