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Archive pour 16 novembre 2008

M. Bourouissa : des images sous tension

Dimanche 16 novembre 2008

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© Mohamed Bourouissa

La galerie du Château d’Eau à Toulouse l’a découvert au printemps dernier. Ses images de banlieues, et surtout de leurs habitants, font l’événement du Mois de la photo à Paris. Mohamed Bourouissa « documente » les quartiers dits « sensibles » (La Courneuve, Pantin, Argenteuil) avec un oeil acéré. Descente de policiers dans un appartement, sculptures de télévisions fracassées, confrontations de garçons et de filles d’aujourd’hui : toutes ses images semblent sous haute tension et cette électricité nous plaît. Un regard nouveau apparaît sans misérabilisme, au plus près d’un quotidien souvent fantasmé par les médias, au plus brut de codes inconnus.

Périphéries, Mohamed Bourouissa, Galerie Les Filles du calvaire, Paris 3, jusqu’au 22 novembre 2008.

Derek Jarman, le bleu de la nuit

Dimanche 16 novembre 2008

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Derek Jarman © Steve Pyke

Quelques semaines après la rétrospective londonienne « curatée » par Isaac Julien, le festival de cinéma gay de Paris lui ouvrait les portes du Grand Rex pour la présentation de son film-hommage au cinéaste Derek Jarman. Cinéaste ? Oui, bien sûr, mais aussi metteur en scène de théâtre, jardinier, peintre et réalisateur d’un clip pour les Pet Shop Boys (It’s a sin) ! Et plus encore activiste de la cause homosexuelle. C’est ce beau parcours que retrace son fidèle ami Isaac Julien avec le concours d’une autre amie de coeur, la comédienne Tilda Swinton. Ensemble, ils revisitent l’œuvre de Derek Jarman sans trop d’hagiographie, s’attachant à l’influence de son œuvre sur ses contemporains. Une heure durant, on vit dans la fièvre punk du Londres des années 70-80, des premières boites gay aux années Thatcher et à l’épidémie de sida contre lesquels luttera vaillamment Derek Jarman. La mort saisit Jarman en son jardin d’Ecosse, terrassant le génie créateur.

Le site du festival de films gays et lesbiens de Paris
Le site du film.

Les folies passagères de Jacques Demy

Dimanche 16 novembre 2008

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Jeanne Moreau dans « La baie des anges » de Jacques Demy © Ciné-Tamaris

Tout Demy. On vous passera les jeux de mots que le réalisateur aimait tant, mais quel bonheur de disposer ad libitum de ses films enchantés (Model Shop, Lola, Peau d’âne, La baie des anges), courts-métrages (Le bel indifférent), documentaires (Le sabotier du Val de Loire), téléfilms (La naissance du jour, L’Evénement…) et films mal connus (Lady Oscar) ou mal aimés (Le jouer de flûte) comme ce très fragile (raté ?) Parking avec Jean Marais, Laurent Malet, Francis Huster et Marie-France Pisier où le ridicule l’emporte malheureusement sur la tentative de réinventer le mythe d’Orphée et Eurydice.
Par la volonté énergique d’Agnès Varda et de ses enfants Mathieu et Rosalie, l’intégrale des films de Jacques Demy sort enfin en DVD, avant la rétrospective que lui consacrera la Cinémathèque française en 2009. Le plaisir est tel de retrouver le cinéma de Jacques Demy qu’on en viendrait à pardonner l’indigence des bonus, insupportablement trustés par les amis de la Varda connection qui ne laissent aucune place à l’analyse pour ne suggérer que l’anecdotique ou le coloré alors que les films de Demy méritent des regards bien plus fins, qu’ils soient politiques, sociaux ou sexuels. Comme si l’on avait voulu gommer tous les aspérités, paradoxes, ambiguïtés du cinéaste sensible pour ne retenir que la ritournelle. Or la poésie de Demy et sa puissance intacte tiennent à la tension permanente et terrible des sentiments humains. L’intime rejoint alors souvent le combat politique comme dans ce beau film-manifeste qu’est « Une chambre en ville ». Réduire ainsi l’oeuvre de Jacques Demy à une parenthèse enchantée est franchement décevant. Il faut tout le talent et l’indépendance d’esprit d’un Jean-Pierre Berthomé, ami nantais et spécialiste es Demy, pour que s’entendent ces interrogations et que le propos échappe à la désespérante « doxa » familiale…

Intégrale Jacques Demy, un coffret DVD, Ciné-Tamaris, 99,99 euros.

Woody Allen perdu dans Barcelone

Dimanche 16 novembre 2008

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Vicky Christina Barcelona © DR

Les journaux, sans exagération non plus, annonçaient un bon opus espagnol de Woody Allen. Vicky Christina Barcelona : Scarlet Johansson entourée de deux acteurs espagnols sortis du cinéma de Pedro Almodovar, Penelope Cruz et Javier Bardem… Une affiche alléchante pour un tout petit film bavard et sans relief. Définitivement, les grandes heures de Woody Allen semblent derrière lui et ce n’est pas le dépaysement barcelonais qui apporte au film une grande singularité. Encore un méli-mélo de couple, cette fois en forme de vaudeville espagnol. On regarde souvent sa montre avant un dénouement expédié sans imagination…

La vaine élégance de James Bond

Dimanche 16 novembre 2008

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Daniel Craig dans le désert bolivien © DR

Drôle de James Bond. On y va un samedi après-midi de temps gris, histoire de se changer les idées et on en ressort en se disant qu’en deux heures assourdissantes de combats filmés au cordeau, on a perdu le flegmatique James Bond, l’élégant agent britannique. Il ne reste qu’un mercenaire dépressif abandonné dans une mission écolo-bolivienne sans attrait face à un méchant très peu vaillant, incarné par le comédien français Mathieu Amalric qui ne semble pas en revenir d’être face au très chic Daniel Craig. Les James Bond Girls n’ont pas plus de saveur. Attendons le prochain.

Le site du film « Quantum of solace »

Dick Annegarn, le garçon dans la vallée

Dimanche 16 novembre 2008

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Dick Annegarn © Jan Welters

Il chante des chansons nouvelles, mais elles semblent déjà de son répertoire. Rien de nouveau sous le signe de Dick Annegarn. Rien n’est moins grave, elles rythment, à la manière des autres, nos dernières semaines. Il y est question de poule qui pond tant, de Théo et Vincent Van Gogh, de la vie qui va et vient et de l’amour, toujours. Une jolie pépite de ce « Soleil du soir » : un hommage, heureux, à un Jacques. Jacques Brel. Emouvant.

Soleil du soir, Dick Annegarn. Tôt au Tard. Sortie le 3 novembre.