Le sentiment morbide de l’existence

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Je tremble (1&2) © Cie Louis Brouillard

Joël Pommerat a du talent. Depuis quelques années, il allonge sa longue carcasse de poésie dans des théâtres d’ombre et de brouillard, racontant les obscurités de notre temps, la souffrance et les éclats soudain de l’amour. Depuis qu’il a pris en viager le définitivement sublime Théâtre des Bouffes du nord (Direction Micheline Rozan Peter Brook), il dispose de moyens pour faire entendre sa singularité et porter son art au sommet. Pourquoi fallait-il alors qu’il nous offre en cette rentrée de septembre une assez ennuyeuse resucée de son spectacle « Je tremble » en « Je tremble (1&2) », également présenté au festival d’Avignon cet été. Le premier spectacle vu l’an dernier avait un charme irradiant, explosé, proche de l’univers visuel et mental de David Lynch et des vidéos de Bill Viola (cf. photo). La galerie de personnages se succédant sur le plateau, entre deux intermèdes de variétés internationales, avait une intensité et une inventivité rares. Rallongé de trois bons quarts d’heure, le spectacle s’offre désormais un entracte et des séquences de grand-guignol qui font perdre beaucoup à la démonstration de désespérance sardonique du premier opus. Dommage et inutile.

Je tremble (1&2), de Joël Pommerat, Théâtre des Bouffes du nord, jusqu’au 1er novembre 2008

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