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Archive pour 28 octobre 2008

David Lescot : une jolie colonie de vacances

Mardi 28 octobre 2008

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David Lescot © Maison de la poésie

A y repenser, nous frôle encore le doux sentiment de mélancolie qui traverse le beau spectacle de David Lescot à la Maison de la Poésie. La Maison de la Poésie ? Le lieu, fondée par le poète Pierre Seghers, est idéal pour faire entendre cette charmante évocation de la vie d’une colonie de vacances, organisée pour les enfants de militants juifs communistes, du sortir de la guerre à l’effondrement des utopies socialistes au milieu des années 80. Muni d’une guitare et d’une voix juste, David Lescot nous raconte la vie de colo, en ne négligeant rien de son organisation et de ses principes collectivistes : « J’en ai fait un petit poème épique, parlé, chanté, scandé, qui fait le va-et-vient entre les temps de l’origine et ceux de l’extinction, entre la petite et la grande histoire. J’ai imaginé pour cela une sorte de cabaret minimaliste, pour que l’on entende aussi les chansons inoubliables que nous entonnions à l’époque, et pour lesquelles je m’accompagne d’une magnifique guitare électrique tchécoslovaque des années 60 (autant dire rare) ». Encadrement, premiers émois, doctrine sévère et mère nourricière – la célèbre Louba -, dans la petite cave de la Maison de la poésie, jeunes et plus vieux communient, la larme bientôt à l’oeil, à cette émouvante chronique. David Lescot, un jeune auteur, musicien, à suivre…

La Commission centrale de l’enfance, David Lescot, Maison de la poésie, jusqu’au 9 novembre.

Le sentiment morbide de l’existence

Mardi 28 octobre 2008

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Je tremble (1&2) © Cie Louis Brouillard

Joël Pommerat a du talent. Depuis quelques années, il allonge sa longue carcasse de poésie dans des théâtres d’ombre et de brouillard, racontant les obscurités de notre temps, la souffrance et les éclats soudain de l’amour. Depuis qu’il a pris en viager le définitivement sublime Théâtre des Bouffes du nord (Direction Micheline Rozan Peter Brook), il dispose de moyens pour faire entendre sa singularité et porter son art au sommet. Pourquoi fallait-il alors qu’il nous offre en cette rentrée de septembre une assez ennuyeuse resucée de son spectacle « Je tremble » en « Je tremble (1&2) », également présenté au festival d’Avignon cet été. Le premier spectacle vu l’an dernier avait un charme irradiant, explosé, proche de l’univers visuel et mental de David Lynch et des vidéos de Bill Viola (cf. photo). La galerie de personnages se succédant sur le plateau, entre deux intermèdes de variétés internationales, avait une intensité et une inventivité rares. Rallongé de trois bons quarts d’heure, le spectacle s’offre désormais un entracte et des séquences de grand-guignol qui font perdre beaucoup à la démonstration de désespérance sardonique du premier opus. Dommage et inutile.

Je tremble (1&2), de Joël Pommerat, Théâtre des Bouffes du nord, jusqu’au 1er novembre 2008