Le pas de deux coeurs passés par l’hiver

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Fragments sur la grâce © Vincent Dieutre

Il faisait soleil à Noisiel ce dimanche et c’est dans une jolie atmosphère de feuilles d’automne qu’Arte et la Ferme du Buisson accueillaient les bobos parisiens en goguette et ados du quartier pour le festival européen « Temps d’images », idéalement coordonné par l’amie Frédérique C. On avait laissé les poussettes tout-terrain et leur contenant chez les grands-parents, les cheveux en bataille se faisaient concurrence et les garçons allaient souvent par deux.
Le pas de deux était aussi le tempo du chorégraphe Daniel Larrieu et du cinéaste Vincent Dieutre, rassemblés par José-Manuel Gonçalvès pour un « chantier » astucieusement appelé « Acte de présence avec petites trouvailles ». Des trouvailles en forme de retrouvailles pour deux quinquagénaires, survivants d’une hécatombe de sida, terribles témoins de la fin de la parenthèse enchantée de la libération homosexuelle. Ils étaient là, tous les deux, face à face, leur timidité, leur pudeur domptées par un attirail de machines, consoles de mixage, caméras dv, mac titanium pour raconter leur fin des années 80. Années de travail harassant pour l’un – des tournées que l’on égrène au fil de son agenda comme les morts que l’on enterre, numéros de téléphone qu’on raye de son répertoire ; années de sortie du tunnel de la drogue et premiers pas de cinéma pour l’autre. Daniel Larrieu et Vincent Dieutre se donnaient l’un à l’autre – et la rencontre était éblouissante d’émotion. L’un danse, l’autre chante. Tout est fragile, donc sublime tandis que court le fantôme d’Hervé Guibert dans les jardins romains de la Villa Médicis.

Le site du festival « Temps d’images »

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