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Archive pour 23 octobre 2008

Roberto Saviano : un Italien en danger

Jeudi 23 octobre 2008

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Roberto Saviano © DR

Il est l’auteur d’un livre important « Gomorra » (Gallimard) qui vient de recevoir à Francfort le prix 2008 de l’adaptation. Aujourd’hui l’Italien Roberto Saviano est menacé de mort par la mafia. « Pour la première fois de l’histoire de ce prix, nous avons décidé de récompenser non seulement le réalisateur, Matteo Garrone, mais aussi l’écrivain Roberto Saviano », ont indiqué les organisateurs dans un communiqué. Saviano, 29 ans, vit et souffre sous une protection policière permanente. Il a annoncé la semaine dernière qu’il envisageait de quitter l’Italie après l’annonce que le principal clan de la Camorra, les Casalesi, voulait le tuer avant Noël.

« Lettera alla mia terra », la lettre de Roberto Saviano publiée dans la Repubblica.

In Barack Obama we trust

Jeudi 23 octobre 2008

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Barack Obama © Callie Shell – Time / CNN

Impossible de ne pas y communier. Dans quelques jours, Barack Obama sera président des Etats-Unis. A lire les médias français et américains, son irrésistible ascension ne semble plus pouvoir être freinée. D’autres louent encore ce coup de génie politicien d’arrêter sa campagne pour aller au chevet de sa grand-mère affaiblie et… blanche pour couper l’herbe sous les pieds des plus conservateurs, effrayés par l’arrivée d’un homme de couleur au Capitole. Alors, oui, je croise les doigts, en espérant que l’effet Bradley, du nom de ce sénateur noir donné vainqueur lors d’une élection en 1982, mais froidement battu dans les urnes, vaincu par le racisme rampant d’une Californie trop profonde, ne sonnera pas le glas de ce grand pas vers un monde d’une plus grande diversité. Oui, sans que cela ne change le monde ou la violence de la crise financière, vivement Obama !

Le portfolio « Barack Obama, portrait of a candidate » sur le site Time / CNN.

Josyane Savigneau : il suffit de passer le pont

Jeudi 23 octobre 2008

J’aime à la folie « Point de côté », le livre-témoignage de Josyane Savigneau, paru ces jours-ci aux Editions Stock. Celui d’une femme-tempête qui, malgré une jeunesse perdue entre Châtellerault et Poitiers, a pris son destin en main avant de courir le monde à la rencontre d’elle-même et de tant d’écrivains (Marguerite Yourcenar, Philippe Roth). Femme de presse, immensément attachée à son journal « Le Monde » et à sa grandeur que certains disent aujourd’hui « passée ».
Sur quelques 300 pages, sa volonté farouche – étincelantes pages de formation new-yorkaise – et de beaux hasards la construisent. Josyane Savigneau déroule ainsi des instants précieux de sa vie avec pudeur et un humour vache qui me plaît à tomber. Le récit de ses amitiés – Philippe Sollers, Dominique Rolin, Edwige Feuillère, Juliette Gréco, Hector Bianciotti – se savoure. Des morts passent, une île devient son refuge. Sa haine et son mépris des tièdes nous rassurent sur son endurance face aux calomnies d’un Jean-Edern Hallier, aux coups de menton des Naulleau-Jourde ou aux chausses-trappes de ses collègues. Un poil de mondanité ne lui déplaît jamais. Seule parfois nous ennuie son antienne sur la lutte des classes, mais entendons qu’elle ait pu en souffrir. A preuve cette horrible sortie de Régine Deforges, la rejetant à la caisse d’un supermarché du Poitou ! Pas de temps à perdre, précipitez-vous sur ce livre, cette femme a mis un talent rare dans sa vie !

Josyane Savigneau, Point de côté, Stock. En librairie.

Parachute doré : la crise selon Souchon

Jeudi 23 octobre 2008

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© DR

Aux dernières nouvelles, la chanson-slogan d’Alain Souchon « Parachute doré » a été téléchargée gratuitement près de 60 000 fois. Loin d’être sa plus belle chanson, mais il faut reconnaître que cette petite musique sucrée sur un thème d’actualité touche au but, avec la drôlerie bien connue d’un Souchon, plus « allo-maman-bobo » que jamais. Alors, on l’écoute en boucle en attendant l’album reporté finalement au mois de décembre, en espérant que les temps soient alors moins critiques. Il a un titre magnifique : « Ecoutez, d’où ma peine vient »

Le site d’Alain Souchon pour télécharger « Parachute doré »

Les tables tournantes de Wolfgang Tillmans

Jeudi 23 octobre 2008

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© Wolfgang Tillmans

Nous avions abandonné Wolfgang Tillmans à Berlin cet été, un peu hébété par cette rétrospective monstre et terriblement déçu que ces derniers travaux quitte un époustouflant naturalisme « brito-germanique » pour des recherches formelles loin de son paysafge d’amitiés que nous aimions tant. Il réapparaît encore pour quelques jours à Paris à la galerie Chantal Crousel pour une exposition de travaux récents qui nous ravit. Tout simplement parce que le photographe allemand, lauréat du Turner Prize en 2000, renoue avec ses affinités électives. Quel grand bonheur alors de retrouver ce militant homosexuel, écolo-sensible, critique face à la spéculation financière. Des lieux communs, vous allez me dire ? Non. Wolfgang Tillmans, par un dispositif ingénieux de « tables tournantes », dressées de photographies, de mails et de coupures de presse, nous engage dans sa réflexion et dans ses combats. Et difficile de ne pas se sentir chez soi chez lui.

Wolfgang Tillmans, Strings, Galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, Paris 3, jusqu’au 25 octobre 2008.