• Accueil
  • > Art
  • > Louise Bourgeois, la sorcière couturière

Louise Bourgeois, la sorcière couturière

louise.jpg
Louise Bourgeois, 1970 © Raimon Ramis

J’avais des a-priori nombreux. J’avais raté ses expositions à Paris et à Londres. La même rétrospective terminait sa course à New-York au Guggenheim comme un docile retour au bercail d’une femme maintenant vieille qui a vécu sa vie entre New-York et l’Europe. Il n’en était absolument rien, j’ai vu là une des plus belles expositions qui soient. Toute sa vie d’artiste, de plasticienne, de sculpteur qui déroule dans l’immense spirale du Guggenheim. Sa vie, son oeuvre et cette présence si forte, si féminine qui court d’une pièce à l’autre. Louise Bourgeois nous provoque, hurle sa condition de femme, d’artiste, brandit ses convictions, livre son travail, le reprend et le retravaille encore dans des obsessions de corps, de contraintes et de souvenirs. Apre et fulgurante, elle n’offre pas l’échappatoire du beau pour nous distraire. Ses oeuvres sont violentes et signifiantes : elles se donnent et vous compliquent la perception du monde, parce qu’elle ne lâchent rien des détails qui assombrissent nos existences que nous rêverions pourtant joyeuses à défaut d’être exceptionnelle.

Laisser un commentaire